Numérisez vos vêtements : soyez élégants dans des textiles intelligents

Nom:Intelligent Textiles Limited
Pays / Territoire:Royaume-Uni
Droit(s) de P.I.:Brevets, Marques
Date de publication:3 septembre 2010
Dernière mise à jour:16 septembre 2015

Généralités


Un morceau d’étoffe transformé en clavier d’ordinateur (photo : Intelligent Textiles)

Avec la miniaturisation croissante de l’électronique, la possibilité de créer des tissus électroniques retient beaucoup l’attention à travers le monde. Des progrès encourageants ont été réalisés dans ce domaine, mais la grande difficulté à laquelle se heurtent de nombreux chercheurs a trait au maintien de la souplesse des étoffes alors même que l’on y incorpore des composants électroniques. Un monde entièrement nouveau de “textiles intelligents” s’est ouvert avec la création par deux universitaires, Stanley Swallow et Asha Peta Thompson, d’un procédé de tissage de circuits électroniques complexes dans des tissus conducteurs tels que le coton, la laine et le polyester. Leur invention ouvre un vaste domaine de possibilités par l’intégration de technologies complexes dans des costumes à usage spécial ou des vêtements pour tous les jours.

Inventions

Cette innovation s’est produite à l’Université Brunel de London West. Stanley était maître de conférences et Asha était chercheur à Brunel. Ils ont travaillé ensemble à la recherche et au développement de produits pour personnes handicapées au “Design for Life Center” de l’université. Stanley a combiné ses compétences en électronique avec les compétences d’Asha en tissage et tricot pour mettre au point un tissu avec capteurs conçu pour permettre aux personnes souffrant de paralysie cérébrale d’accéder à un ordinateur.

Alors que les technologies précédentes nécessitaient la fusion de plusieurs épaisseurs de tissu, l’invention de Stanley et Asha est une pièce d’étoffe plate qui ressemble à n’importe quelle autre. Tissée avec des fibres conductrices et reliées à une source d’énergie telle que batterie, cette étoffe peut notamment incorporer des éléments chauffants utiles à un gant ou des capteurs sensibles à la pression, capables de transformer un bout d’étoffe en clavier d’ordinateur.

Brevets

Après la création de ce tissu sensoriel, l’université a breveté ce produit au Royaume-Uni. Conformément à la politique de l’université en matière de propriété intellectuelle, les droits de brevet sont la propriété de l’université et non des inventeurs. Ceux-ci, en revanche, ont été associés au processus d’établissement du brevet. Bien que Brunel ait engagé un conseil en brevets, les inventeurs eux-mêmes ont passé quelque six mois à rédiger une demande de brevet de 30 pages, effectué leur propre recherche sur l’originalité de leur invention afin de s’assurer qu’il n’existait pas de brevets concurrents et ont fait procéder à des recherches par des spécialistes et consulté des conseils extérieurs en brevets pour s’assurer qu’ils recevaient les meilleurs avis de l’expert de l’université.

Au terme de plusieurs années de travail au Design for Life Center, Asha et Stanley ont conclu d’un commun accord qu’ils avaient épuisé leurs possibilités de recherche à l’université et ont décidé de créer une société indépendante pour leur produit. Ils ont estimé que si l’université pouvait offrir de nouvelles possibilités de recherche-développement dans différents domaines, le potentiel de leur technologie risquait de dépasser les capacités d’absorption de l’université. Il leur fallait commercialiser rapidement leur produit. En même temps, ils savaient qu’ils devaient acquérir les droits de propriété intellectuelle du produit pour pouvoir le développer. À l’issue d’une longue négociation avec Brunel, les inventeurs ont réussi à convaincre l’université de leur vendre les droits de brevet. En 2000, Asha et Stanley ont racheté ces droits, épuisant leurs économies et empruntant à leurs familles et amis pour ce faire.

Marques

En 2002, lorsque les inventeurs eurent créé leur société, ils commencèrent à chercher à lui donner un nom, prenant bien soin de s’assurer que le nom qu’ils choisiraient serait unique et disponible. Après des recherches approfondies, ils ont déposé le nom “Intelligent Textiles Limited (ITL)” comme raison sociale. Ils l’ont aussi protégé comme marque, afin de s’en assurer la propriété.

Gestion de la propriété intellectuelle et Information en matière de brevets


Des capteurs de pression incorporés à une couverture de chaise roulante permettent d’éviter la douleur d’une trop forte pression
(photo : Intelligent Textiles)

Dès le départ, Asha et Stanley ont considéré la protection de leurs droits de propriété intellectuelle comme la base de la création de leur société. Peu après la création d’ITL, ils ont commencé à rechercher un avocat et ont fini par engager le conseil en brevets qui leur avait été affecté par l’université, en raison de son enthousiasme pour la technologie et de sa connaissance d’un large éventail d’industries et des demandes de protection de propriété intellectuelle.

ITL a décidé l’élargir le champ de son brevet en déposant une demande au titre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) et auprès de l’Office européen des brevets (EPO). Des demandes de brevet ont été également déposées aux États-Unis d’Amérique et au Canada. Aujourd’hui, la société détient 17 brevets de deux familles ainsi que quelques marques. ITL a dépensé plus de 100 000 livres sterling (185 000 dollars É. -U.) en dépôts de demandes et en protection, sans compter le coût initial d’achat du brevet à l’université. La société continue de dépenser jusqu’à 40 000 livres sterling (75 000 dollars É. -U.) par an sur les questions de propriété intellectuelle.

Asha et Stanley continuent de faire une bonne partie du travail de protection de leur propriété intellectuelle eux-mêmes par souci d’économie et parce qu’ils préfèrent rester étroitement impliqués dans cet aspect critique de leur activité. Ils rédigent les documents, et les conseils en brevets les vérifient et les soumettent. Stanley lui-même passe du temps à consulter la base de données de l’EPO par claviers, noms d’inventeurs et noms de sociétés pour s’assurer de l’absence d’atteinte aux brevets d’ITL, des actions des concurrents, et pour rechercher l’inspiration.

Commercialisation

Intelligent Textiles travaille à partir d’un deux-pièces près de Londres, avec des machines à coudre sur les bureaux et un métier en bois dans un coin. Trois employés à temps partiel font le travail technique, administratif et commercial. La clientèle comprend une société de confection qui fabrique une veste utilisant la technologie d’Intelligent Textiles dans la manche pour commander un lecteur MP3. Cette technologie est également utilisée dans un fauteuil qui s’incline sur simple pression exercée sur l’accoudoir; et dans des semelles chauffantes à placer, entre autres, dans des chaussures de ski. Les fondateurs vendent également leur savoir-faire dans le cadre de contrats de consultants à diverses industries d’Europe et des États-Unis d’Amérique. Si le volume des ventes est modeste, le potentiel est énorme.

Bien que des sociétés de capital-risque aient offert de financer l’expansion de la société, Asha et Stanley préfèrent rester petits et développer eux-mêmes leurs ventes. Pour ce faire, ils doivent sous-traiter ce qu’ils n’ont pas le temps de faire eux-mêmes. Ayant coupé, cousu et testé leurs 10 000 première pièces eux-mêmes, ils sous-traitent à présent la fabrication à une entreprise anglaise.

Résultats commerciaux

La combinaison de deux différents domaines de spécialisation s’est révélée fructueuse pour Asha et Stanley. Leur textile intelligent a fait ses débuts dans des produits de consommation (notamment dans un lecteur de musique incorporé à un vêtement) puis a gagné certains usages médicaux (détecteur de pollen pour personnes souffrant d’allergies) et les vêtements chauffants (gants et semelles intérieures). Récemment, le Ministère de la défense du Royaume-Uni a accordé à ITL une subvention pour la recherche dans la création de textiles à usage militaire : un réseau personnel, des radios, etc., incorporés à des vêtements.

La société d’Asha et Stanley, si petite soit-elle, obtient de bons résultats dans sa rentabilité. La protection de sa propriété intellectuelle lui assure un avantage quand elle traite avec les clients : le dépôt auprès de l’EPO lui a procuré un avantage inattendu lors de ses négociations avec son premier client, Australian Wool Innovation. “Il a été dit sans ambiguïté qui si notre brevet n’avait été accordé que par les autorités australiennes et non pas par l’Office européen des brevets, il n’aurait pas eu la même valeur”, déclare Asha. Le contrat obtenu était assez important pour financer une nouvelle expansion et pour rembourser famille et amis. Depuis lors, la société fonctionne sur sa trésorerie.

Utilisation fructueuse de la propriété intellectuelle pour conserver sa place sur le marché

Les inventeurs ont conservé la place d’ITL sur le marché par une stratégie consistant à s’implanter le premier sur le marché combinée à une solide gestion de sa propriété intellectuelle. À mesure que la société continue de se développer, sa propriété intellectuelle croît en importance. “Sans nos brevets”, déclare Asha, “nous n’aurions probablement pas de société”.