Bâtir sur une fondation de propriété intellectuelle

Nom:Biocon Ltd.
Pays / Territoire:Inde
Droit(s) de P.I.:Brevets, Marques
Date de publication:31 août 2010
Dernière mise à jour:25 septembre 2015


Mme Mazumdar-Shaw, fondatrice de Biocon
(photo : magazine de l’OMPI)

Contexte

La Reine de la biotechnologie de Bangalore, la Première dame indienne de la biotechnologie, la Mère de l’invention : voilà quelques-uns des titres que la presse a trouvés pour désigner Mme Kiran Mazumdar-Shaw, présidente et directrice générale de Biocon, Ltd (Biocon), la plus grosse société indienne de biotechnologie. Lorsqu’elle était étudiante, Mme Mazmdar-Shaw avait prévu de devenir brasseuse, suivant en cela les traces de son père. C’était un choix de carrière inhabituel pour quelqu’un de l’État du Gujurat (qui interdit l’alcool). À son retour d’Australie où elle avait terminé ses études universitaires, elle a constaté que le secteur brassicole n’était pas disposé à accepter une femme.

Sans se décourager, elle a reporté son intérêt pour la science de la fermentation sur d’autres fins. En 1978, elle a persuadé une petite société irlandaise de créer une coentreprise, ce qui a donné naissance à Biocon. Cantonnée à l’origine dans son garage avec une poignée de roupies, la société naissante de Mme Mazumdar-Shaw a axé son activité sur la fabrication d’enzymes pour des applications industrielles, dont la première a été la papaïne, une enzyme extraite de la papaye qui empêche la bière fraîche de devenir trouble. La société a continué à se développer à travers la fabrication d’enzymes et a connu un grand succès, essaimant rapidement dans d’autres secteurs de l’industrie biotechnologique.

En 1989, le partenaire irlandais de Biocon a vendu sa participation à Unilever, et en 1998 Mme Mazumdar-Shaw et son mari ont racheté la part d’Unilever. Biocon, qui a connu des débuts modestes, s’est muée en une société biopharmaceutique totalement intégrée comportant une gamme commerciale équilibrée de produits et des services de R-D, l’accent étant mis en particulier sur le diabète, l’oncologie et les maladies auto-immunes.


La première innovation de Biocon est issue
de la papaye (photo : Ryan Greenberg).

Invention

Quoique les premiers succès de Biocon soient attribuables à la fabrication d’enzymes, la première percée importante de l’entreprise s’est produite dans les années 90, lorsqu’elle a inventé une nouvelle technologie de fermentation pour remplacer la culture traditionnelle de micro-organismes dans des bacs. La fermentation des enzymes est au cœur de la biotechnologie et est un processus nécessaire dans la mise au point de la plupart des produits pharmaceutiques pour les rendre aptes à la consommation humaine. Il existe deux moyens de faire fermenter les enzymes : en utilisant un substrat solide (la surface sur laquelle vit une enzyme et avec laquelle elle réagit) ou un substrat immergé. La fermentation avec un substrat solide a généralement été utilisée pour fabriquer des produits alimentaires fermentés comme la sauce de soya ou le saké (boisson alcoolique japonaise). Dans l’industrie biotechnologique, la plupart des sociétés utilisent la fermentation avec un substrat immergé car c’est une technologie de fermentation supérieure en termes d’automatisation, de maîtrise et de volume de production.

Le problème avec la fermentation employant un substrat immergé est qu’elle peut être un procédé excessivement onéreux, notamment pour les nouvelles entreprises et les sociétés des pays en développement. Reconnaissant la nécessité d’une solution plus rentable, Biocon s’est appuyée sur son expérience dans la fabrication d’enzymes, et en 1990 elle a démarré un projet de R-D pour concevoir un bioréacteur capable d’effectuer une fermentation avec un substrat solide, avec des niveaux d’automatisation et de confinement comparables à ceux d’une fermentation avec un substrat immergé. Après huit ans de R-D, la société a mis au point le PlaFractor, un bioréacteur rentable qui permet à tous les différents processus à l’œuvre dans la culture et l’extraction des micro-organismes d’être menés à bien dans un système totalement fermé et soumis à un contrôle informatique rigoureux.

Plafractor rend la fermentation reproductible, prévisible et fiable. Il nécessite moins d’équipement et d’espace que les technologies anciennes de fermentation avec un substrat solide, conserve l’énergie, et ne requiert que peu de main d’œuvre. Toutes ces qualités en font un produit rentable qui répond aux normes internationales et produisent des résultats de même qualité que des technologies plus conventionnelles et plus coûteuses. L’invention de PlaFractor a servi de pont technologique en permettant à Biocon de passer des enzymes industrielles aux produits pharmaceutiques. Grâce à lui, Biocon a pu commencer la R-D dans d’autres domaines, comme les immunosuppresseurs (employés pour réduire les risques de rejet des greffes d’organes), qui sont des organismes particulièrement difficiles à cultiver en utilisant la culture traditionnelle en bacs.

Recherche-développement

Les efforts de Biocon en matière de R-D sont au cœur de la création des produits, et sont axés sur le cycle complet de mise au point du médicament, de l’élaboration des processus à la recherche clinique et non clinique. La profondeur et l’étendue de l’expertise technologique et scientifique de la société lui permettent de mettre au point des solutions nouvelles et abordables aux maladies les plus débilitantes. Essentielle à la réussite de la société, la R-D est réalisée pour mettre au point des produits pour la société et en tant que service commercial. À cette fin, toute la R-D est effectuée par les deux filiales à 100% de la société : Syngene International Limited (Syngene) et Clinigene International Limited (Clinigene), qui parachèvent la philosophie de R-D et la stratégie commerciale d’ensemble de la société. Syngene fournit des services de chimie synthétique et de biologie moléculaire pour la découverte et la mise au point du médicament à un stade précoce, tandis que Clinigene effectue des essais et des études concernant les nouvelles molécules génériques pour Biocon et d’autres sociétés pharmaceutiques internationales.


Mme Mazumdar-Shaw a mis à profit ses connaissances de la
fermentation pour créer de nouveaux produits (photo : Greg Hirson).

Les efforts de Biocon en matière de R-D sont regroupés en trois catégories principales : les sciences des processus, la recherche non clinique et la recherche clinique. D’abord, la catégorie des sciences des processus est axée sur la mise au point des processus pour les produits biologiques (comme l’Insugen™), la fermentation des petites molécules et la synthèse chimique pour améliorer les produits et en créer de nouveaux. Ensuite, la catégorie de la recherche non clinique est axée sur les études toxicologiques et pharmacologiques pour garantir l’innocuité des produits. Enfin, la catégorie de la recherche clinique a pour objet la mise au point des protocoles cliniques pour les produits nouvellement élaborés et l’évaluation de l’innocuité et de l’efficacité de ces produits lors d’essais cliniques.

Informations en matière de brevets

L’utilisation d’informations relatives aux brevets est un outil essentiel dont Biocon se sert pour déterminer les domaines sur lesquels doit être axée la R-D de la société. À titre d’exemple, citons la manière dont la société a utilisé les informations en matière de brevets pour obtenir un premier accès au domaine de la production d’insuline humaine, où elle joue désormais un rôle majeur. Le brevet du produit sur l’insuline humaine avait expiré depuis longtemps mais il était encore protégé par des brevets solides sur les processus de production. À la recherche d’une lacune qui permettrait à la société de mettre un pied sur le marché, Biocon a passé en revue tous les brevets pertinents publiés. “Nous avons constaté que presque tous les processus brevetés utilisaient l’e-coli et la levure de boulanger”, a expliqué Mme Mazumdar-Shaw. “À Biocon, nous avions une expertise pour une autre sorte de levure, et nous avions déjà obtenu d’une petite entreprise aux États-Unis d’Amérique la concession sous licence des droits de propriété intellectuelle pour ce produit. Ainsi, la voie était dégagée. Nous avons commencé à fabriquer notre propre insuline en utilisant de la levure de pichia. C’était un processus nouveau et unique, qui n’était couvert par aucun brevet existant”.

Le produit obtenu a été l’Insugen, qui a été mis sur le marché en Inde en 2004. En 2010, l’Insugen est vendu dans le monde entier, y compris sur des marchés internationaux comme l’Allemagne et la Chine. C’est la première insuline humaine au monde à utiliser la levure de pichia, ce qui en fait la première insuline humaine recombinante (ADN artificielle, ou r-DNA) au monde. L’Insugen a permis à Biocon de pénétrer sur le marché de l’insuline en Inde – pays dont 25% de la population est atteint de diabète – et a été aussi le point de départ des activités de la société concernant le traitement du diabète, qui est un élément essentiel de sa stratégie. Biocon espère à la longue mettre au point de l’insuline administrée oralement, un rêve qui tient à cœur à Mme Mazumdar-Shaw. En utilisant les informations relatives aux brevets, Biocon a pu faire les premiers pas dans la réalisation de cet objectif.

Brevets

En 1999, Biocon a déposé sa première demande internationale dans le cadre du système du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) pour son invention du PlaFractor, avec la protection accordée par l’Office européen des brevets (OEB) en 2005. En 2004, Biocon a déposé une demande de brevet pour l’Insugen auprès de l’Office indien de la propriété intellectuelle, qui a été agréée en 2010 (brevet n° 239944). En 2010, Biocon avait déposé plus de 900 demandes de brevet dans le monde, dont plus 100 dans le cadre du PCT, avec près de 200 demandes approuvées concernant les domaines technologiques de la fermentation, de la purification des protéines, les systèmes de délivrance des médicaments et les molécules biothérapeutiques. En 2008, Biocon a déposé une demande dans le cadre du PCT pour une composition pharmaceutique solide administrable oralement et un processus innovant à utiliser en connexion avec la mise au point d’une insuline orale.

Marques

Les noms de marque de la société étant très importants pour maintenir sa solide réputation et la reconnaissance des consommateurs, elle enregistre donc ses noms de marque pour presque tous ses produits et processus commerciaux. Les marques sont enregistrées nationalement et internationalement, et sont également enregistrées sous le nom des filiales de Biocon, comme l’Insugen, pour laquelle la filiale de Biocon, AxiCorp, a enregistré une marque dans le cadre du système de Madrid.

Gestion des marques

Même si cela peut prendre du temps, la gestion des marques est une composante importante de la stratégie de Biocon en matière de propriété intellectuelle. La société suit une politique visant à garantir que ses marques soient porteuses des valeurs de la société : innovation, qualité, fiabilité, caractère distinctif et perspective internationale, combinés avec la fierté d’être une entreprise indienne. Cela se reflète dans la présentation des produits, des publications du site Web et des déclarations publiques de la société. L’emballage bleu pâle des produits Biocon a été choisi pour sa délicatesse tout en faisant contraste parmi le déluge d’emballages blancs sur les rayons des pharmacies. Le nom de la société est aussi facile à se rappeler et fonctionne bien sur les marché national et international.

Commercialisation

Biocon a des antécédents impressionnants en matière de commercialisation de ses produits et a mis sur le marché une gamme considérable de produits biopharmaceutiques. Après la réussite dans les premiers temps de la commercialisation du PlaFractor, Biocon a mis au point et commercialisé une solide gamme de statines (un médicament employé pour réduire le cholestérol), d’insuline et d’immunosuppresseurs, qui restent des produits de base pour la société. En 2006, la société a lancé le BIOab-EGFR, un médicament thérapeutique utilisé pour soigner les tumeurs cancéreuses de la tête et du cou. Ce médicament innovant a été conçu pour cibler et bloquer le récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR), qui est responsable de la prolifération des cellules cancéreuses.

Pour l’essentiel de la commercialisation internationale, la société établit en général des partenariats avec des sociétés de l’industrie biopharmaceutique pour commercialiser ses produits sur des marchés spécifiques. Dans certains cas, Biocon achète une participation majoritaire dans une société pour avoir un meilleur accès au marché et exercer un contrôle sur les activités de commercialisation. En février 2008, la société a agi de façon avisée en prenant une participation majoritaire dans AxiCorp GmbH (AxiCorp), une société de commercialisation de produits pharmaceutiques basée en Allemagne, pour commercialiser ses produits en Allemagne et dans d’autres pays européens. La société possède au total cinq filiales, dont trois s’occupent d’activités de commercialisation : AxiCorp; Biocon Biopharmaceuticals Private Limited, qui commercialise les anticorps monoclonaux et les vaccins contre le cancer de Biocon; et NeoBiocon FZ LLC, une société de recherche et de commercialisation pharmaceutique implantée à Abu Dhabi, qui a été fondée en janvier 2008 en tant que coentreprise avec le Dr B.R. Shetty, directeur général de NeoPharma, à Abu Dhabi.

Partenariats

Biocon est engagée dans beaucoup de partenariats pour commercialiser ses produits, ainsi que pour en créer de nouveaux. Les partenariats basés sur le partage de la propriété intellectuelle constituent une part importante de la stratégie commerciale globale de l’entreprise. Comme le répète avec insistance Mme Mazumdar-Shaw : “le partage de la propriété intellectuelle permet un développement très rapide des activités dans le monde d’aujourd’hui”. “Je ne veux pas dire seulement l’acheter, mais vraiment la partager. Nous possédons quelque chose dont d’autres sociétés ont besoin; et elles possèdent quelque chose dont nous avons besoin. Mettez-les ensemble et vous obtenez cette synergie puissante et très enthousiasmante.”

L’un des exemples de ces partenariats de partage de la propriété intellectuelle est l’activité de Biocon pour mettre au point de l’insuline administrable oralement, qui est surnommée IN 105. Ce programme a été véritablement lancé lorsque les scientifiques de Biocon ont repéré un brevet intéressant détenu par Nobex, une petite entreprise implantée aux États-Unis d’Amérique, qui concernait une technologie pour l’administration orale de peptides (un composé constitué de deux ou plusieurs acides aminés). Cela complétait directement ce que Biocon essayait de réaliser, et un partenariat mutuellement bénéfique a été établi. Le projet tient à cœur à Mme Mazumdar-Shaw, laquelle a déclaré : “Imaginez seulement que les diabétiques du monde entier puissent disposer de leur insuline sous forme de comprimés au lieu d’avoir à se l’injecter. Pensez à la différence que cela représenterait quotidiennement pour eux”. En 2009, Biocon a reçu l’autorisation des autorités pour commencer les essais cliniques de la phase III (essais multisites sur des groupes de patients de 300 à 3000) de l’IN105.

En mai 2010, la société s’est engagée dans un autre partenariat important dans le cadre d’un accord à long terme avec Optimer Pharmaceuticals (Optimer), une société biopharmaceutique basée aux États-Unis d’Amérique, pour fabriquer l’ingrédient actif du nouvel antibiotique d’Optimer pour soigner les infections du colon.

La philosophie des partenariats de Biocon combine l’expertise en recherche clinique et la fabrication de produits biopharmaceutiques avec les technologies brevetées de ses partenaires, ce qui permet l’élaboration en commun d’une nouvelle propriété intellectuelle et des produits qui en découlent.

Concession de licences

La concession de licences est une part importante et nécessaire des partenariats et des collaborations de Biocon, qui concède ou acquiert des licences en matière de technologie et de propriété intellectuelle pour les projets de R-D. Les activités en matière de licence tendent à être axées spécifiquement sur la mise au point d’anticorps monoclonaux (anticorps qui sont les mêmes car ils sont produits par des cellules immunitaires identiques qui sont des clones d’une cellule mère unique) et d’autres nouvelles protéines basées sur les systèmes d’administration des médicaments.

Gestion de la propriété intellectuelle

Selon Mme Mazumdar-Shaw, la propriété intellectuelle a été une composante de la réussite de Biocon depuis sa fondation. “Pour commencer, quand Biocon n’était qu’une composante d’une petite entreprise essayant de lutter sur les marchés internationaux, la question était seulement de savoir où je pourrais vendre les produits, ainsi que celle de notre liberté d’entreprendre. Mais après l’achat de notre société par Unilever, nous sommes entrés dans ce monde très professionnel où le rôle de la propriété intellectuelle est particulièrement important. Nous avons créé une propriété intellectuelle très novatrice et je me suis mise alors à comprendre à quel point c’était précieux”, explique-t-elle. Cette prise de conscience précoce est restée une caractéristique de notre société, et alors que la société continue à développer sa base de connaissances à travers la R-D et la création de nouveaux produits, la protection de la propriété intellectuelle est déterminante pour sa survie.

Depuis la première utilisation du système PCT pour breveter le Plafractor, les demandes au titre du PCT ont été une composante essentielle de la stratégie de Biocon en matière de gestion de la propriété intellectuelle. “Le brevetage est une activité coûteuse”, déclare Mme Mazumdar-Shaw, “aussi devons-nous adopter la bonne stratégie pour savoir comment procéder. Le système PCT vous laisse enregistrer votre demande, et vous donne ensuite du temps pour décider dans quel pays il est intéressant de donner suite sur le plan commercial. Et dans l’intervalle, il vous donne une position prioritaire et beaucoup de protection.”

En plus des demandes au titre du PCT, la société protège aussi sa propriété intellectuelle à travers une demande nationale sur de grands marchés comme les États-Unis d’Amérique et l’Inde. Lors du choix de la propriété intellectuelle à protéger, la société effectue une analyse afin de prendre des décisions stratégiques pour déterminer où et quand une demande de protection sera déposée compte tenu du rapport coût/avantages. L’analyse de la propriété intellectuelle est un outil important employé pour soutenir activement les stratégies de la société en matière de R-D et de commercialisation. Toute la propriété intellectuelle générée appartient complètement à Biocon ou est partagée avec ses partenaires.

Questions sociales

L’esprit d’entreprise à l’origine de la réussite de Biocon s’est également accompagné d’un sens aigu de la responsabilité sociétale. Les soins de santé en milieu rural posent un vrai problème en Inde, et à cet égard Mme Mazumdar-Shaw souligne que “la maladie est l’une des causes les plus importantes de l’endettement de la population rurale en Inde. Elle conduit à la faillite et au suicide à cause des dettes”. Cette préoccupation a amené Biocon à instaurer divers dispositifs d’assistance, comme des camps de vaccination, un réseau de dispensaires gratuits dans les régions périphériques et des camps d’éducation sanitaire. Sous la direction de Mme Mazumdar-Shaw, la société est aussi à l’avant-garde avec l’instauration d’un régime d’assurance maladie à bas coût en milieu rural, qui permettra l’accès à des soins de santé et à une médecine de qualité.

Résultats commerciaux


Biocon est aujourd’hui la plus importante
société biotechnologique indienne. Kiran
Mazumdar-Shaw a débuté en produisant
des enzymes pour le brassage dans son
garage (photo : magazine de l’OMPI).

Biocon, qui était au départ une petite entreprise nouvelle installée dans un garage, est devenue une société d’une valeur de 1 milliard de dollars É.-U. employant plus de 4000 personnes. Pendant le premier semestre se terminant le 30 juin 2010, les revenus de Biocon ont augmenté de 33% par rapport à l’année précédente, pour s’élever à plus de 140 millions de dollars É.-U., et la société prévoit une poursuite de sa croissance. En 2004, Biocon est devenue la deuxième société indienne seulement à dépasser une capitalisation boursière de plus de 1 milliard de dollars É.-U. le premier jour de son introduction à la bourse indienne. En 2007, elle se classait parmi les 20 premières sociétés biotechnologiques du monde et comme le septième plus gros employeur du monde en matière de biotechnologie.

La société a également reçu de nombreuses récompenses, dont la plus récente a été le prix de la bio-excellence pour une réalisation exceptionnelle dans le secteur des soins de santé lors de la Bangalore India Bio (l’événement biotechnologique national le plus important en Inde) en 2010, et le prix BioSingapore pour la biotechnologie en Asie-Pacifique en tant que société la mieux cotée en 2009. Le rôle de Mme Mazumdar-Shaw dans la transformation de la société a aussi été reconnu à de nombreuses occasions. Elle a reçu les prix Padmashri (1989) et Padma Bhushan (2005) décernés par le Président de l’Inde pour son activité pionnière dans la biotechnologie industrielle; le prix de la reconnaissance de la technologie pionnière en 2000, décerné par le Forum économique mondial; le prix Ernst & Young d’entrepreneur de l’année en 2002 pour les sciences de la vie et les soins de santé; le prix Economic Times de la femme d’affaires de l’année en 2004; et le prix Hewitt du meilleur employeur indien en 2004.

Innovation protégée par la propriété intellectuelle – une fondation pour l’avenir

Dès l’origine, Biocon s’est développée grâce à une innovation soutenue par une solide protection de la propriété intellectuelle. Les innovations de Biocon continuent de contribuer à sa croissance d’une part, et amènent d’autre part beaucoup de retombées sociales positives, tout cela étant rendu possible par la propriété intellectuelle. Parlant de l’objectif de la société de mettre au point une insuline orale, Mme Mazumdar-Shaw déclare : “si je peux fournir de l’insuline orale à un prix abordable pour les gens, alors j’aurais accompli ma tâche. Sans les brevets, je n’aurais rien pu faire du tout.”