Encourager l’esprit d’entreprise et l’innovation en Australie

Décembre 2015

Par Matthew Fenech, directeur, Continuous Improvement & Innovation Business Improvement and Support Centre, IP Australia

À l’heure de la mondialisation, créer de nouveaux savoirs et les convertir en nouveaux produits et services est l’un des éléments clés pour rester ou devenir économiquement plus compétitif.  Pour amorcer ce processus, IP Australia a lancé un nouvel instrument de gestion de la propriété intellectuelle (IP Toolkit) ainsi qu’une nouvelle plate-forme pour les droits de propriété intellectuelle reliée à toutes les plates-formes d’échange, ce qui permet aux sociétés et universités de recherche de commercialiser plus facilement leurs idées.  Cette démarche s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le Gouvernement australien pour stimuler les résultats économiques de la recherche.

Source IP is just one way in which our agency is working to support
improved collaboration between researchers and industry,” says
Patricia Kelly, Director General of IP Australia (above) (photo: © IP Australia).

L’économie australienne – tout comme de nombreuses autres économies développées – est en pleine transition. L’industrie manufacturière, en tant que facteur contribuant au PIB et à la création d’emplois, est sur le déclin (Bureau australien de statistique, Australian national accounts: national income expenditure and product, cat. no. 5206.0). Si, ces dernières années, l’Australie a connu un essor de ses ressources qui s’est traduit par une grande prospérité, cette dernière est aujourd’hui en perte de vitesse. À l’avenir, le secteur des services et les industries à fort coefficient de connaissances devront contribuer davantage à la croissance économique et à la création d’emplois pour que l’économie australienne puisse continuer de prospérer. L’innovation est déterminante pour réussir cette transition.

En Australie, les investissements publics sont relativement importants, notamment dans le secteur universitaire.  Traduire ces investissements en innovation dans les entreprises et dans l’économie en général est décisif pour promouvoir la croissance et la création d’emplois.

Or, l’Indice mondial de l’innovation a mis en évidence une collaboration limitée entre la recherche et l’industrie en Australie.  Paradoxalement, les dépenses publiques annuelles dans la recherche, qui s’élèvent à 9,7 milliards de dollars australiens, ont permis à l’Australie de réaliser des performances en matière de recherche et de se classer ainsi au huitième rang mondial, selon le classement de compétitivité du Forum économique mondial 2015.  Pourtant, l’Australie ne se classe qu’au vingt-cinquième rang en termes de capacité d’innovation – commercialisation des idées –, toujours selon le Forum économique mondial, et au dernier rang parmi 34 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour ce qui est de la collaboration entre l’industrie et les chercheurs financés par des fonds publics.

Pour accroître la compétitivité et la productivité de l’Australie à l’échelon mondial, le Gouvernement australien a mis au point la stratégie Boosting Commercial Returns from Research (stimuler les retombées commerciales des investissements dans la recherche), en vue de promouvoir une meilleure collaboration entre industrie et chercheurs.  La propriété intellectuelle joue un rôle important à cet égard, avec la mise en place d’initiatives, en particulier les instruments de gestion de la propriété intellectuelle et Source IP, qui visent à renforcer la collaboration.

IP Toolkit, un instrument de gestion de la propriété intellectuelle

IP Toolkit est un instrument qui vise à supprimer les obstacles à la collaboration entre entreprises, chercheurs et organismes de recherche, en simplifiant et en démythifiant la gestion de la propriété intellectuelle. Il contient :

  • des guides – destinés à fournir des informations en vue de mettre au point et d’établir une collaboration;
  • des outils types – pour aider à optimiser les résultats de chaque collaboration (y compris des listes de contrôle, un modèle d’accord de confidentialité et une liste type de conditions);
  • des contrats types – une version de formulaire longue pour les collaborations complexes et de grande valeur (par exemple, la cotitularité des droits de propriété intellectuelle) et une version abrégée pour les accords de moindre valeur et moins complexes.

IP Toolkit fournit aussi des informations élémentaires et un point de départ neutre pour toute collaboration. Il vise à minimiser les problèmes en échelonnant mieux les activités de projet et en examinant les problèmes communs au plus tôt, le principe sous-jacent étant qu’on limite les problèmes en les traitant d’emblée.

Cet instrument de gestion de la propriété intellectuelle est conçu pour améliorer l’utilisation et la gestion des droits de propriété intellectuelle.  La propriété intellectuelle est souvent le résultat le plus précieux en matière de collaboration, car la titularité des droits de propriété intellectuelle et le droit d’utiliser l’objet de propriété intellectuelle peuvent conférer un avantage compétitif.  La propriété intellectuelle est donc un élément clé de tout accord de collaboration en matière de recherche.

Les négociations portant sur la propriété intellectuelle ont souvent la réputation d’être trop longues et trop coûteuses, ce qui peut être un élément fortement dissuasif pour les entreprises désireuses d’entreprendre une collaboration en matière de recherche, notamment dans les universités.

Si IP Toolkit n’exclut pas le besoin de demander des conseils professionnels, il peut minimiser les problèmes nécessitant des conseils juridiques ainsi que les coûts liés à la fourniture de ces conseils.

Source IP

Le 23 novembre, IP Australia a lancé Source IP, une plate-forme Web qui servira de portail unique pour l’échange d’informations, les préférences en matière de licences, et pour faciliter les contacts eu égard aux droits de propriété intellectuelle générés par le secteur public de la recherche en Australie.

Source IP vise à :

  • faciliter l’innovation et la commercialisation en offrant aux titulaires de droits de propriété intellectuelle dans le secteur public la possibilité de faire connaître les brevets qu’ils détiennent déjà ainsi que leur intention d’en déposer d’autres;
  • améliorer la compréhension des éventuelles possibilités de collaboration en mettant à la disposition des sociétés et universités de recherche une plate-forme pour promouvoir leurs compétences en matière de recherche ainsi que leurs spécialisations technologiques;
  • offrir une seule source d’informations et de contacts clés aux entreprises souhaitant collaborer avec un partenaire dans le domaine de la recherche financée par des fonds publics.

Source IP n’est autre qu’un moyen permettant à IP Australia d’œuvrer pour encourager le renforcement de la collaboration entre chercheurs et industrie”, explique Patricia Kelly, directrice générale d’IP Australia.  “Nous savons, comme l’indiquent la Direction de la science, de la technologie et de l’innovation de l’OCDE, 2013, ainsi que le rapport 2012-2013 de Innovation in Australian Business, que moins de 10% des entreprises australiennes innovantes collaborent actuellement avec le secteur de l’enseignement supérieur, où travaillent 60% des chercheurs australiens.  Le Gouvernement australien investit chaque année plus de neuf milliards de dollars australiens pour soutenir la recherche dans le secteur public et, bien évidemment, il aspire à améliorer les dividendes économiques de ces investissements.”

Les entreprises, en particulier les petites entreprises, déclarent avoir des difficultés pour accéder à l’information concernant la propriété intellectuelle disponible dans le secteur public et pour établir les contacts appropriés avec des organismes de recherche.  Ce qui a motivé IP Australia à créer Source IP, c’est la volonté de supprimer ces obstacles et de tirer profit du potentiel commercial des titulaires de brevets publics.

Source IP recueille des informations auprès de plates-formes commerciales qui opèrent déjà sur le marché.  M. Robert Bollard, qui supervise le projet, estime que la différence majeure entre Source IP et d’autres plates-formes est qu’elle n’est pas axée sur le profit.  “Notre meilleure chance est que Source IP est gratuite pour les utilisateurs et qu’elle n’a pas besoin de dégager des bénéfices pour subvenir à ses propres besoins”, explique M. Bollard.  “Contrairement à d’autres sites qui doivent générer des revenus pour maintenir leurs activités, IP Australia finance ces travaux pour soutenir un vaste programme de croissance”.

IP Australia ne considère pas Source IP comme un concurrent des services disponibles dans le commerce.  Comme l’indique M. Bollard, “les principes fondamentaux de conception de Source IP sont fixés de telle sorte que toutes les données que nous collectons et publions peuvent être réutilisées par tous”.  En adoptant cette approche, IP Australia laisse aux forces du marché le soin de déterminer la plate-forme dont tel ou tel utilisateur estime qu’elle a le plus de valeur, tout en mettant à la disposition des titulaires de brevets une plate-forme pour organiser leur portefeuille.  IP Australia continuera de renforcer Source IP et de mettre davantage de données à disposition.  Enfin, Source IP a le potentiel d’ajouter de la valeur aux services fournis par le secteur privé.

IP Toolkit et Source IP font partie d’une série d’initiatives prises en Australie pour créer un environnement plus propice à l’esprit d’entreprise et à l’innovation.

Liens

Le Magazine de l’OMPI vise à faciliter la compréhension de la propriété intellectuelle et de l’action de l’OMPI parmi le grand public et n’est pas un document officiel de l’OMPI. Les désignations employées et la présentation des données qui figurent dans cette publication n’impliquent de la part de l’OMPI aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires ou zones concernés ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites territoriales. Les opinions exprimées dans cette publication ne reflètent pas nécessairement celles des États membres ou du Secrétariat de l’OMPI. La mention d’entreprises particulières ou de produits de certains fabricants n’implique pas que l’OMPI les approuve ou les recommande de préférence à d’autres entreprises ou produits analogues qui ne sont pas mentionnés.