Une donne équitable pour les auteurs

Avril 2014

Par Catherine Jewell, Division des communications, OMPI

Les auteurs, comme nous tous, ont besoin de faire leur épicerie et de payer leurs factures. Pourtant, dans un monde de plus en plus numérisé et face à certaines attentes selon lesquelles les contenus devraient tous être gratuits, un grand nombre d’entre eux ont du mal à financer leurs efforts créatifs et à joindre les deux bouts. L’International Authors Forum (IAF), un nouvel organisme de représentation des auteurs (littéraires et visuels), a été lancé officiellement à l’OMPI en décembre 2013. Un certain nombre d’artistes et d’écrivains réputés – dont notamment Maureen Duffy, Joanne Harris, Robert Levine et Roberto Cabot – étaient venus manifester leur adhésion et expliquer en quoi le droit d’auteur était important pour eux.

Un certain nombre d’artistes et d’écrivains réputés, dont notamment (de gauche à droite) Maureen Duffy (Royaume-Uni), Joanne Harris (Royaume-Uni), Robert Levine (États-Unis d’Amérique) et Roberto Cabot (Brésil), étaient venus au lancement de l’IAF pour manifester leur adhésion et expliquer en quoi le droit d’auteur était important pour eux. (Photo: WIPO/Berrod)

L’IAF veut introduire dans l’élaboration des politiques de droit d’auteur la perspective d’auteurs du monde entier – chose qui manque aux discussions menées à cet égard, comme on le reconnaît depuis quelques années déjà. Le forum vise, en invitant la participation d’organisations d’auteurs de tous les pays, à donner à l’ensemble de leurs membres la possibilité de prendre part au débat relatif à leurs droits.

“Les problèmes sont maintenant si énormes dans le monde que nous avons vraiment besoin de quelque chose qui puisse aider les créateurs à une échelle mondiale”, a déclaré l’écrivain Maureen Duffy, qui a contribué pour une large part à encourager l’établissement de l’IAF. “Il y a bien trop de pays dans lesquels les auteurs locaux n’ont aucune organisation pour les représenter, de sorte qu’ils sont souvent spoliés, et c’est ce qui leur arrivera de plus en plus si personne ne leur dit quels sont leurs droits et comment ils devraient s’y prendre pour les protéger.”

La romancière Joanne Harris, auteur du roman à succès Chocolat (voir page 16), a expliqué que, pour elle, le grand avantage du droit d’auteur était de donner aux créateurs la possibilité de choisir de quelle manière leurs œuvres devaient être utilisées. Mme Harris a souligné l’importance du “respect du créateur de l’œuvre, que celle-ci soit un livre, une photographie, un tableau ou un morceau de musique”. “Je veux savoir où et par qui mon œuvre est utilisée et reproduite”, a-t-elle déclaré. Je ne veux pas qu’elle soit exploitée sans mon consentement, ni plagiée ou dénaturée. C’est pour cela que le droit d’auteur existe; pour mettre l’œuvre et son auteur à l’abri des actes illicites. Nous voulons que le public lise nos livres. Nous voulons aider les écoles et les bibliothèques. Mais nous voulons aussi avoir la possibilité d’accepter ou de refuser ces demandes.”

Intervenant au nom des artistes visuels, Roberto Cabot a appelé à une application plus large du droit de suite, dans le cadre d’une campagne visant à assurer aux artistes et à leurs familles la possibilité de bénéficier, sous certaines conditions, de l’éventuelle appréciation de leurs œuvres lors d’une revente.

Robert Levine, un journaliste fortement sensibilisé à la question des effets de l’Internet sur la créativité, a salué lui aussi la création de l’IAF et l’ajout opportun qu’il constitue pour la scène internationale du droit d’auteur. “Vu le nombre d’organisations dont le rôle est de plaider la cause des éditeurs et des distributeurs, c’est agréable de savoir qu’il y en a une à l’OMPI qui peut aussi aider les auteurs”, a-t-il déclaré.

À propos de l’IAF

L’IAF est une plate-forme mondiale visant à faire entendre la voix des auteurs parmi celles des autres parties dont les droits et intérêts ont rapport aux œuvres des créateurs, telles que les éditeurs et les bibliothèques, qui sont déjà représentées par des organismes à l’échelle internationale. Il s’agit d’une institution à caractère associatif de défense des intérêts des artistes et des écrivains dans le monde entier, qui accueillera avec plaisir les organisations chargées de représenter ces derniers qui voudront bien se manifester. Pour plus de renseignements, veuillez écrire à katie.webb@internationalauthors.org.

Ce que fait l’IAF Les partenaires de l’IAF Les préoccupations de l’IAF

L’IAF organise événements, publications et débats

L’IAF collabore avec d’autres organisations de représentation des auteurs dans un but de complémentarité mutuelle et de promotion de l’importance financière, sociale et culturelle du travail créatif

L’IAF a conscience du fait que les besoins des créateurs diffèrent selon le lieu où ils se trouvent dans le monde.

L’IAF collabore avec des organisations clés
à travers le monde, dans un but d’entraide et de complémentarité mutuelle des travaux réalisés
dans des domaines d’intérêt commun.

La liste des membres de l’IAF peut être consultée sur son site Web, à l’adresse

Contrats : contribuer à faire reconnaître que les créateurs devraient avoir voix au chapitre dans la négociation et l’acceptation de contrats équitables.

Rémunération : veiller à ce que les auteurs reçoivent une juste rémunération et à ce que leurs droits soient protégés à l’ère du numérique.

Droit d’auteur : faire comprendre l’importance du droit d’auteur.

Exceptions : veiller à ce que les exceptions permettent un équilibre entre l’accès et le droit des auteurs à une juste rémunération.

 

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