Mobiliser les jeunes talents

Juin 2008

Mawhiba vise à créer une masse critique de nouveaux dirigeants dans les domaines de la science et de la technologie et à accroître la capacité nationale d’innovation. Avec l’aimable autorisation de la fondation Mawhiba
Mawhiba vise à créer une masse critique de nouveaux dirigeants dans les domaines de la science et de la technologie et à accroître la capacité nationale d’innovation. Avec l’aimable autorisation de la fondation Mawhiba

Le Magazine de l’OMPI se penche sur deux des organismes de plus en plus nombreux qui participent cette année aux célébrations de la Journée mondiale de la propriété intellectuelle. Tous deux sont extrêmement actifs et partagent le même objectif : encourager l’innovation chez les jeunes de talent.

Fondation Mawhiba, Arabie Saoudite

“Il est de notre devoir à tous, en cette ère de l’innovation, de favoriser l’épanouissement des dons et des talents” écrit le Roi Abdullah bin Abdulaziz, Serviteur des Deux Saintes Mosquées. Le souverain est président de la nouvelle fondation Mawhiba, également connue sous le nom de Fondation Roi Abdulaziz et ses compagnons pour la douance et la créativité.

La fondation Mawhiba a été établie afin de permettre à l’Arabie saoudite de faire face à un certain nombre de priorités, toutes recensées dans le cadre d’une stratégie de développement national à 15 ans. Les plus importantes sont la concurrence internationale pour le recrutement de personnel hautement qualifié, l’importance grandissante des secteurs du savoir dans l’économie mondiale, les besoins d’une population sans cesse plus jeune et la récente accession de l’Arabie saoudite à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Misant sur le principe que la croissance et la prospérité futures d’une nation reposent sur les talents de sa jeune génération, la fondation Mawhiba met en place des programmes de grande envergure favorisant le développement des aptitudes des surdoués et de la créativité chez les jeunes. Elle vise à créer ainsi une masse critique de nouveaux dirigeants dans les domaines de la science et de la technologie et à accroître la capacité nationale d’innovation.

La fondation envisage par ailleurs son action d’une manière holistique, souhaitant stimuler non seulement les talents intellectuels de ses bénéficiaires, mais aussi les qualités personnelles qui leur seront nécessaires pour réaliser pleinement leur potentiel de futurs cadres. Elle met notamment l’accent sur les initiatives suivantes :

  • cours d’été intensifs dans des universités nationales et internationales de premier rang;
  • service Imagine : interface électronique permettant aux élèves des écoles moyennes et secondaires de soumettre des idées ou des projets à des experts aux fins d’évaluation;
  • service Shawer : services de conseil en enseignement spécialisé pour les jeunes surdoués, leurs parents et leurs enseignants;
  • concours et prix de créativité scientifique s’adressant aux jeunes de moins de 25 ans et comprenant notamment des récompenses pécuniaires et la possibilité de participer à des conférences et des salons de l’innovation à caractère international. Au mois de mars, par exemple, la fondation Mawhiba et la compagnie pétrolière saoudienne Aramco ont organisé Ibtikar, le premier salon saoudien de l’innovation, sous le slogan “Entretenir l’innovation pour favoriser la prospérité” (voir la rubrique Prix et médailles du Magazine de l’OMPI n° 2/2008);
  • portail national pour la douance, la créativité et l’innovation, conçu pour servir de lien entre les étudiants, les enseignants, les innovateurs, les ministères et les institutions privées, et de point d’accès à quantité de ressources électroniques et de réseaux interactifs.

La fondation Mawhiba laisse tout de même place à la détente. Elle organise aussi, en collaboration avec le National Talent Training Center, des équipes de jeunes de moins de 18 ans qui participent à RoboCup – une compétition internationale dont le but est la création, avant l’an 2050, de robots humanoïdes autonomes capables de gagner un match de football contre les humains qui seront alors champions du monde.

Young Inventors International, Canada

“Les universités, écrit Anne Swift dans Xconomy, constituent un écosystème fécond, particulièrement favorables à l’esprit d’entreprise des étudiants, des enseignants et des membres du personnel.” Elle parle d’expérience. Au cours de sa deuxième année de sciences politiques et d’économie à l’université de Toronto (Canada), Anne a en effet conçu et un clavier souple, qu’elle a voulu breveter et commercialiser. Lorsqu’elle a découvert combien cela nécessitait de compétences et de connaissances, elle a décidé de créer une communauté où les étudiants désireux de mettre une invention sur le marché pourraient se renseigner et échanger des idées, entre eux et avec des spécialistes. C’est ainsi qu’en 2001, alors qu’elle était encore étudiante, elle fonda Young Inventors International (YII).

Aujourd’hui, son réseau sans but lucratif a des bureaux au Canada et aux États‑Unis d’Amérique, et compte plus de 1800 membres dans plus de 30 pays dont l’Afrique du Sud, l’Australie, la Croatie, l’Inde, Israël, l’Italie, le Mexique, la Pologne, le Royaume‑Uni et Singapour. Ensemble, ses membres comptent plus de 500 brevets et demandes de brevet.

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Anne Swift a été sélectionnée par le magazine Glamour pour figurer au classement des "10 jeunes universitaires qui changeront le plus le monde" (2003). Elle conseille actuellement une jeune entreprise dans le secteur de l'énergie solaire thermale.

“Lorsqu’on apprend ce qu’est l’innovation et comment il faut s’y prendre pour amener une idée sur le marché, explique Anne avec l’assurance qui la caractérise, c’est un savoir‑faire professionnel précieux et transférable que l’on acquiert; et YII estime qu’il n’y a pas de meilleur moment pour amener ses idées sur le marché que lorsqu’on est étudiant.”

Établi dans le but de fournir à ses membres un appui pratique, de l’information et des contacts, le réseau YII offre également des séminaires en ligne sur des thèmes tels que la propriété intellectuelle, la recherche de débouchés commerciaux, la production de prototypes et le financement. Ces “webinaires” sont diffusés dans des salles de cours et des locaux de clubs universitaires. YII a aussi organisé des conférences internationales à l’université de Toronto ainsi qu’au Massachusetts Institute of Technology (MIT), et envoyé un groupe spécial de ses membres au forum Dow Jones sur les entreprises émergentes.

À l’occasion de la Journée mondiale de la propriété intellectuelle 2008, YII a ouvert un forum en ligne où les participants pouvaient poser des questions sur les brevets, les marques et le droit d’auteur à des avocats spécialisés en propriété intellectuelle. Il y a eu aussi une entrevue avec Gauri Nanda, l’inventrice de Clocky – un réveil tout duveteux qui saute de votre table de nuit et va se cacher ailleurs quand vous appuyez sur son bouton de rappel d’alarme. Clocky a connu un succès instantané dans les médias le jour où un blogueur l’a découvert sur le site Web de la classe de Gauri et l’a diffusé, déclenchant un déluge de demandes d’information de dormeurs invétérés. Des enregistrements sont accessibles dans les deux cas sur le site Web du réseau.

Les membres de YII sont déjà nombreux à faire leur marque, et Anne les énumère : Jose Gomez‑Marquez, étudiant diplômé au Worcester Polytechnic Institute, a coïnventé Aerovax, un dispositif d’inhalation à bas prix pour l’administration du vaccin contre la rougeole. Gilad Shoham, dessinateur industriel déjà primé par le passé et fondateur de la société Medonyx Inc. de Toronto, travaille sur des produits visant à réduire la fréquence des infections nosocomiales. Rahul Shetty, cardiologue en Inde et fondateur de la société Mezocore Technologies au Canada, travaille actuellement à l’élaboration d’un logiciel de formation des médecins permettant la simulation des actes médicaux et chirurgicaux. Eric Groset de D&G Solutions, étudiant à l’université California State, a inventé la “chaîne stéréo de poche” LiveSpeakR, un système de haut‑parleurs portatif qui est en attente de brevet.

Young Inventors International veut aussi une plus grande ouverture sur l’étranger. “Si vous avez le désir d’innover ou d’entreprendre – ou si ce sont des choses que vous avez déjà faites – dit Anne, nous aimerions beaucoup vous accueillir parmi les membres de notre dynamique communauté internationale.”

Par Elizabeth March, La rédaction, Magazine de l OMPI, Division des communications et de la sensibilisation du public.

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