Le jardin secret de l’innovation et du développement

Nom:Ecoflora S.A.S Corporation Colombia
Pays / Territoire:Colombie
Droit(s) de P.I.:Brevets, Marques, Secrets commerciaux
Date de publication:26 novembre 2012
Dernière mise à jour:16 septembre 2015

Contexte


Marque déposée de la PME (Image : UKIPO)

Située à Medellín, capitale de la région nord-ouest d’Antioquia, en Colombie, Ecoflora S.A.S Corporation Colombia (Ecoflora) est une entreprise de biotechnologie agricole (secteur où la technologie et l’agriculture convergent). Cette entreprise développe des produits à base de plantes, utilisés à des fins personnelles, domestiques, agricoles et industrielles.

Ecoflora crée une grande variété de marques de qualité, à valeur ajoutée et écologiques, d’où le développement d’une bonne image de marque et le succès remarquable de cette PME sur le marché.

En outre, l’entreprise s’est appuyée sur ses actifs corporels et incorporels, y compris son vaste portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle, pour établir des partenariats innovants dans le domaine du transfert de technologie avec le secteur privé et le secteur public, tout en aidant les différentes communautés ethniques et agricoles de nombreuses régions de la Colombie.

Recherche-développement

Ecoflora était à l’origine une entreprise familiale de floriculture, fondée en 1998 par Nicolás Cock Duque, entrepreneur et ingénieur civil de formation. Cette PME a été fondée par M. Cock Duque dans le but de mettre au point des produits viables sur le plan commercial pour l’industrie de l’horticulture (tels que des pesticides), à base d’extraits végétaux et sans produits chimiques artificiels.

Par exemple, le jagua (Genipa Americana; arbuste tropical) est une plante originaire d’Amérique du Sud dont les extraits de fruits sont utilisés dans le secteur alimentaire, ainsi qu’à des fins médicinales et culturelles. Ils sont notamment utilisés depuis très longtemps par les communautés autochtones de la région, y compris la Colombie, pour créer de la peinture corporelle et de l’insectifuge.

D’autres plantes sont utilisées par ces communautés à ces fins, notamment l’“açaï” (“Euterpe oleracea”, palmier), le “borojó” (“Borojoa patino”, arbuste à feuilles persistantes) et l’“Heliconia” (plante à fleurs). Le produit et la marque les plus prometteurs d’Ecoflora sont sans doute “CosmeBlue”, colorant bleu à base de plantes, utilisé comme colorant naturel dans les produits alimentaires, cosmétiques et textiles, et élaboré à partir du jus de fruit brut du jagua.

Forte d’un portefeuille croissant de produits et de marques à base de plantes, Ecoflora a mis en place une équipe de recherche développement constituée de spécialistes, notamment de scientifiques et de techniciens supérieurs. “Le but”, a déclaré M. Cock Duque, “est de trouver… une solution pertinente, adaptée aux diverses industries, à partir des végétaux et des extraits végétaux”.


Ecoflora crée des marques et des produits écologiques (Photo : Ecoflora)

À cette fin, le département de recherche-développement de l’entreprise s’est concentré sur trois principales catégories de produits : les produits pour l’agriculture et l’horticulture, les produits industriels et les ingrédients pour divers produits ménagers, tels que les produits cosmétiques ainsi que les produits de soins pour animaux domestiques. Par la suite, l’équipe de recherche d’Ecoflora a créé une grande variété d’ingrédients, tels que des colorants, des pigments, des huiles et des cires, ainsi que des produits tels que des pesticides, des désodorisants et des savons.

En 2013, cette PME avait un centre de recherche-développement ultramoderne (avec des processus de contrôle qualité informatisés et basés sur un logiciel personnalisé), situé à La Ceja, Antioquia. Elle comptait alors une quarantaine d’employés à son siège de Medellín.

Financement et partenariat

En raison de l’inaccessibilité des capitaux d’investissement en Colombie lors de la création d’Ecoflora, M. Cock Duque n’a initialement pas eu d’autre choix que de compter sur la générosité de sa famille et de ses amis pour financer le développement de l’entreprise. Par la suite, de plus en plus réputée pour la qualité de ses produits et grâce à une politique nationale de libéralisation économique favorable aux entrepreneurs, la PME a réussi à établir des partenariats fructueux et à conclure des accords de financement avec des entités nationales et internationales.

En 2009, l’entreprise a obtenu des fonds du Promoter Project, organisme de gestion de fonds de capital-risque, créé pour stimuler la communauté entrepreneuriale colombienne. Le Promoter Project n’a pas seulement financé le développement d’Ecoflora. Il est également devenu actionnaire de la PME.

En outre, Ecoflora a bénéficié de financements conséquents accordés par l’Agence espagnole de coopération internationale (AECID, acronyme espagnol) et El Programa España y sus Regiones Intercambian Conocimiento con Antioquia (ERICA), comité de collaboration entre le milieu universitaire, le gouvernement et le secteur privé dans le département d’Antioquia.

Créé en 2006 avec l’aide de l’AECID et d’autres organismes, ERICA a financé et promu la collaboration entre les entrepreneurs et les établissements universitaires de la région, y compris le partenariat entre Ecoflora et l’université d’Antioquia (UdeA, acronyme espagnol). C’est essentiellement grâce à ces fonds et partenariats qu’Ecoflora a pu développer son département de recherche-développement, son portefeuille de produits et sa couverture des marchés internationaux. La PME a utilisé ces ressources pour augmenter sa production et préparer les capacités et les compétences nécessaires pour répondre la forte demande prévue pour son produit CosmeBlue.


L’entreprise s’approvisionne en ingrédients pour ses produits en appliquant une stratégie de développement durable (Photo : Alex Popovkin)

En outre, l’entreprise a investi dans la sécurité des produits afin de respecter les exigences strictes en matière d’alimentation et de sécurité de divers organismes nationaux, régionaux et internationaux, dont la FDA (Food and Drug Administration), organe du Ministère de la santé et des services sociaux des États-Unis d’Amérique, chargé de la santé publique et de la sécurité alimentaire.

Parmi les autres sources de financement et de collaboration d’Ecoflora figurent le Département administratif de la science et de la technologie (“Colciencias”, acronyme espagnol) du Gouvernement colombien, ainsi que le Ministère du commerce, de l’industrie et du tourisme de la Colombie (MCIT).

Par le biais de l’initiative “Fomipymne” du MCIT, fonds compétitif destiné aux PME du pays, Ecoflora a réussi à financer des investissements dans tous les domaines pour soutenir la réalisation de ses objectifs de développement de produits et de marques, ainsi que ses stratégies de commercialisation et de marketing.

Gestion de marques et commercialisation

Après avoir établi un centre de recherche bien financé, créant de bons produits à base de plantes, Ecoflora a tenu à promouvoir ses créations par le biais d’initiatives dynamiques portant sur sa stratégie de marque et sur la commercialisation de ses produits. L’une des premières réalisations de la PME à cette fin, portant sur sa stratégie de marque, a été la refonte de son image de marque générique pour lui donner une nouvelle identité au rayonnement mondial.

Avec le concours de l’entreprise Aldasbrand Colombia (Aldasbrand), spécialiste du développement de marque, Ecoflora a entièrement revu son image de marque et l’emballage de ses produits. “La nouvelle image”, a déclaré un porte-parole d’Aldasbrand, “conserve sa structure monolithique, mais transmet des valeurs et des notions de responsabilité, d’efficacité, de durabilité, d’éthique, de responsabilité environnementale et de sécurité”.

Suite à la refonte de l’image de marque d’Ecoflora, non seulement la police, la taille de police et la couleur (différents tons de vert, blanc et bleu, en 2012) de la dénomination sociale de l’entreprise ont changé, mais la PME a adopté un nouveau logo aux lignes douces et simples qui lui donnent de la “personnalité” et reflètent son essence et son patrimoine botaniques et naturels.

Outre la refonte de son image de marque, Ecoflora a développé un large portefeuille de produits bionaturels (où les ingrédients naturels et la biotechnologie se croisent) et de qualité, sous ses marques. En 2012, l’entreprise comptait plus de 15 produits principaux, dont CosmeBlue (disponible sous forme liquide et en poudre, et en cours d’approbation par les autorités de réglementation en 2013), EdiBlue (colorant alimentaire en cours d’approbation par les autorités de réglementation en 2013), Myrica Wax (extrait de la Myrica pubescens ou Myrica, baie utilisée comme ingrédient de base dans les produits cosmétiques et les savons) et Limpiador Multiuso (nettoyant et insectifuge).

En outre, la PME a mis au point d’autres produits tels que des huiles essentielles, des résines (sécrétées par des plantes), des désodorisants, des agents exfoliants et des désinfectants. En raison de son univers en expansion de marques et de produits, l’empreinte institutionnelle d’Ecoflora couvre un certain nombre de secteurs, notamment les produits alimentaires, le textile, la confiserie, l’horticulture, l’agriculture, les cosmétiques et les produits ménagers à usage humain et destinés aux animaux domestiques.


La PME crée un certain nombre de colorants pour diverses industries (Photo : Ecoflora)

Pour la commercialisation de ses nombreux produits, l’entreprise a axé ses efforts sur un marché de niche de produits de qualité, à base de plantes et naturels. Afin de garantir la qualité de ses produits tout en les différenciant sur le marché, Ecoflora a répondu aux exigences d’un certain nombre de certifications, notamment celles soutenues par la Société Générale de Surveillance S.A (SGS), entreprise leader d’inspection, de vérification, de certification et de test basée à Genève, dans la Confédération suisse.

En raison du processus de certification de la SGS, depuis 2006, l’entreprise s’est conformée aux bonnes pratiques de fabrication (BPF), directives qui garantissent la qualité des produits reposant sur des environnements de production bien gérés (ce qui inclut la formation du personnel, la bonne tenue des dossiers, et de bonnes méthodes de travail).

Ecoflora a également renforcé sa réputation d’équité, de loyauté et de viabilité environnementale (en particulier parmi ses clients responsables) en adhérant à l’Union for Ethical Bio Trade (UEBT), organisme à but non lucratif qui soutient l’approvisionnement en matières naturelles respectueux de la biodiversité, des populations autochtones et des savoirs traditionnels. L’un des sept principes directeurs de l’UEBT garantit le partage équitable par les membres des avantages découlant des succès de commercialisation avec les communautés d’où proviennent les matières premières ou les savoirs traditionnels.

Pour améliorer son profil mondial, Ecoflora continue de collaborer avec des partenaires industriels et des clients potentiels internationaux. L’entreprise a participé à des événements industriels tels que l’Endeavor Entrepreneur Summit (EES), congrès bisannuel qui réunit des investisseurs de capital-risque et des entrepreneurs des marchés émergents.

Géré par Endeavour, organisme à but non lucratif basé à New York, aux États-Unis d’Amérique, l’EES a accueilli plus de 300 entreprises et 600 entrepreneurs en 2011, dont M. Cock Duque. Cet événement comprenait une série d’ateliers sur divers sujets, notamment le leadership imaginatif, le mentorat sur les droits de propriété intellectuelle, ainsi que les stratégies de marketing et de marque. Au cours de la même année, Ecoflora a présenté ses produits sur un stand spécialisé d’In-Cosmetics, salon renommé réunissant de grandes marques internationales du secteur des produits de beauté et d’hygiène à Richmond, au Royaume-Uni.

En outre, Ecoflora a tenu à renforcer son image sur Internet via un site d’entreprise professionnel. Rédigé en espagnol et en anglais, ce site attrayant, instructif et bien illustré utilise des outils de réseau social connus, tels que Facebook, Twitter et le logiciel de partage de vidéos Vimeo, pour promouvoir la mission, les produits et les marques de l’entreprise.

Après avoir établi une stratégie globale de marque et de commercialisation, Ecoflora a commercialisé ses produits dans des supermarchés en Colombie et à l’étranger, notamment en Amérique latine, dans l’Union européenne, en Turquie et aux États-Unis d’Amérique (données de 2012).

Licences

Ecoflora s’est appuyée sur sa réputation internationale de qualité et d’équité pour conclure des contrats de licence et de coentreprise avec des tiers à travers le monde. La PME a travaillé avec le réseau de partenaires d’EES (qui a fourni une assistance juridique et stratégique) et a conclu un accord de coentreprise international en 2011, le premier de ce type en Colombie, avec Gowan Company, LLC (Gowan), développeur mondial de produits de protection des cultures, basé aux États-Unis d’Amérique.

Dans le cadre de ce partenariat, Ecoflora a créé deux entreprises distinctes et indépendantes : EcofloraCares et EcofloraAgro. EcofloraAgro a développé ses parts de marché dans le cadre d’un accord de licence pour développer de nouveaux produits (tels que des biopesticides agricoles) avec Gowan. En ce qui concerne la coentreprise, M. Cock Duque a déclaré : “Nous sommes très heureux d’avoir Gowan comme plate-forme mondiale pour apporter nos biopesticides innovants, à base d’extraits de plantes vertes, à ces marchés importants à travers le monde”.

En outre, la coentreprise a abouti au rachat par l’entreprise américaine des actions de Promoter Project dans EcofloraAgro. En conséquence, l’influence principale de Promoter Project dans la famille de marques d’Ecoflora s’est concentrée sur EcofloraCares, entreprise dans laquelle l’organisme de gestion de fonds (en 2012) détenait des actions. EcofloraCares s’est, quant à elle, concentrée sur l’élaboration d’ingrédients alimentaires et cosmétiques pour des marchés développés et sophistiqués, tels que des colorants naturels, huiles et cires, ainsi que de produits de beauté et d’hygiène, tels que des dégraissants, des savons pour les mains et des insectifuges, en Colombie.

Suite à son partenariat avec Gowan et à la création de deux entreprises indépendantes, Ecoflora s’est appuyée sur son savoir-faire pour proposer des services d’assistance technique et de recherche aux entreprises d’Amérique centrale et du Sud. La PME a également commercialisé des produits et des ingrédients pour produits sous licence. En vertu de ces licences, les entreprises ont le droit de promouvoir et de commercialiser certains des produits d’Ecoflora sous une enseigne ou marque différente.

Marques, brevets, secrets d’affaires et noms de domaine

IEcoflora, EcofloraCares et EcofloraAgro se sont appuyées sur le système de la propriété intellectuelle pour protéger leurs précieux actifs de propriété intellectuelle tout en gardant les voies d’expansion ouvertes. À cette fin, la PME et ses ramifications ont déposé un certain nombre de demandes d’enregistrement de marques nationales, régionales et internationales, ainsi que des demandes de brevet. En outre, les entreprises ont développé un solide portefeuille de secrets d’affaires.


Les produits brevetés d’Ecoflora permettent d’éviter la propagation des acariens (Photo : Giles San Martin)

Ecoswing (fongicide à base d’extraits végétaux, développé en 2006) et SinBabosas (répulsif contre les parasites) sont des noms de produit d’Ecoflora que l’entreprise a déposés en Colombie et dans d’autres pays de la région, notamment au Chili, au Costa Rica, en Équateur et au Pérou.

Par ailleurs, en 2004, EcofloraAgro a déposé une demande d’enregistrement de marque pour L’ecomix (préparation pour détruire la vermine, les champignons et les mauvaises herbes, à usage agricole et domestique) aux États-Unis d’Amérique, l’un de ses marchés les plus lucratifs, auprès de l’Office des brevets et des marques des États-Unis d’Amérique (USPTO). En outre, afin de protéger sa dénomination sociale aux États-Unis d’Amérique, l’entreprise a déposé une demande d’enregistrement de marque pour Ecoflora (2012) auprès de l’USPTO.

Au cours de la même année, EcofloraAgro a protégé son image de marque en déposant une demande d’enregistrement de marque pour Ecoflora au Royaume-Uni, auprès de son office national de propriété intellectuelle (UKIPO), et dans l’Union européenne, auprès de l’ Office de l’harmonisation dans le marché intérieur.

En outre, Ecoflora a développé un portefeuille de brevets protégeant les idées de l’entreprise sur un marché concurrentiel et mondial. La PME a déposé une demande de brevet pour un “colorant bleu dérivé des fruits du Genipa americana” (2008) auprès de l’USPTO. Le colorant extrait à l’aide de son procédé unique (développé dans le cadre du partenariat entre Ecoflora et UdeA) est utilisé dans les marques phares de l’entreprise, notamment CosmeBlue et EdiBlue, et commercialisé dans divers secteurs.

Par ailleurs, EcofloraAgro a déposé une demande de brevet (en 2011) pour une “substance dérivée des feuilles de swinglea glutinosa combinée avec des avermectines pour le contrôle des acariens” (utilisée pour créer un pesticide empêchant la propagation des acariens et des tiques) via le système du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) géré par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Au total, Ecoflora et EcofloraAgro ont déposé 10 demandes de brevet en utilisant le système du PCT. En outre, Ecoflora avait six demandes de brevet en attente d’une décision (en 2012), déposées auprès de l’USPTO.

À l’appui de leur stratégie de propriété intellectuelle robuste, ces PME ont veillé à ce que leurs voies d’expansion restent ouvertes et les ont protégées par l’enregistrement de noms de domaine. En 2012, la PME a enregistré trois domaines : www.ecoflora.com; www.ecofloracares.com; et www.ecofloragro.com.

Parallèlement à leur recours au système de la propriété intellectuelle et à l’enregistrement de noms de domaine, et pour diversifier les instruments de protection de leur savoir-faire, les PME ont gardé secrets certains procédés de développement de produits (une quarantaine) en tant que secrets d’affaires.


L’entreprise possède plus de 15 produits, dont CosmeBlue (Photo : Ecoflora)

Gestion de la propriété intellectuelle

Ecoflora a instauré une stratégie polyvalente de gestion de la propriété intellectuelle pour protéger son portefeuille croissant d’actifs de propriété intellectuelle et de secrets d’affaires. Son département en charge des actifs de propriété intellectuelle surveille les actifs incorporels de l’entreprise, transfère des droits de propriété intellectuelle vers d’autres entreprises, le cas échéant, et surveille l’état de la technique sur les marchés et dans les secteurs d’intérêt cibles (dans le but, entre autres, de ne pas empiéter sur les titres de propriété intellectuelle de tiers). En outre, l’entreprise adhère aux principes d’équité établis par son adhésion à l’UEBT.

Pour gérer ses marques, Ecoflora a instauré une politique selon laquelle une protection est demandée pour les marques avant que le ou les produits associés ne soient mis sur le marché ou que des accords de licence ne soient conclus avec des tiers (dont certains souhaitent commercialiser les produits d’Ecoflora sous une autre marque ou enseigne).

Cette stratégie de marque a été appliquée (avec le soutien de l’EES) dans la négociation de l’accord avec Gowan en vertu duquel l’entreprise américaine a obtenu des droits exclusifs de développement, d’enregistrement et de commercialisation des produits d’EcofloraAgro sous les marques de Gowan. En outre, Ecoflora a élaboré un programme de protection par droit d’auteur et brevet pour ses marques, produits et idées, impliquant l’étiquetage clair de ses publications, de l’emballage de ses produits et de son site Web avec le symbole du droit d’auteur (©).

Pour son programme de protection par brevet, Ecoflora a défini une politique établissant la procédure suivante : les employés peuvent soumettre une invention au responsable des actifs de propriété intellectuelle de l’entreprise qui examine alors l’invention, mène une enquête sur les brevets existants auprès des offices de propriété intellectuelle concernés et dépose une demande de brevet nationale et/ou internationale, si nécessaire. Parallèlement, Ecoflora protège ses actifs incorporels, y compris ses secrets d’affaires, par la formation du personnel en vertu d’un programme de confidentialité. Un élément clé de ce programme est le contrôle de l’accès du personnel aux locaux, documents papier et fichiers électroniques sensibles de l’entreprise.

Par ailleurs, l’entreprise inclut des clauses de confidentialité et de non-divulgation dans ses conditions d’embauche et ses contrats signés avec des tiers. La gestion proactive du portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle d’Ecoflora a permis à l’entreprise de protéger son capital de savoirs incorporels tout en explorant les opportunités de collaboration avec des tiers et de développement sur de nouveaux marchés.

Transfert de technologie

En Colombie, l’industrie et le gouvernement n’ont pas de longue tradition en matière de coopération avec des établissements universitaires pour exploiter le potentiel commercial des idées par l’échange de savoir-faire et de technologies. Pour remédier au manque de collaboration (et d’accès aux capitaux de financement) entre l’industrie, le milieu universitaire et le gouvernement, tout en renforçant la compétitivité internationale du pays, Ecoflora a coopéré avec des partenaires commerciaux, des organismes d’État et des membres du réseau universitaire du pays.

En 2008, la PME s’est associée à huit autres entités, dont six universités colombiennes, une entreprise d’ingénierie et une entreprise de biotechnologie, pour créer BioInTropic (BIT), centre d’innovation pour l’industrie bioagricole colombienne, situé à Medellín. Ce centre a permis à Ecoflora et ses partenaires de combiner des ressources humaines et matérielles, comprenant plus de 40 spécialistes et 24 laboratoires de recherche-développement, pour explorer des industries émergentes dans des secteurs tels que les ingrédients biologiques, l’agriculture biologique et la biotechnologie.

Financé en partie par Colciencias, ERICA et Promoter Project, ce centre a également mis en place un système de gestion des innovations qui étudie les possibilités de commercialisation et de transfert de technologie pour ses membres. L’un des objectifs du centre a été de servir de vecteur de financement en permettant aux chercheurs d’utiliser le centre pour lever des fonds dans le but de commercialiser des idées orientées marché, en collaboration avec des entrepreneurs prêts à prendre le risque de mener à bien ce processus.

Pour atteindre ces objectifs, le centre et ses membres participent à des événements industriels qui réunissent les entreprises, les organismes d’État et les établissements universitaires du pays. Ces réunions ont été facilitées par Tecnnova Corporation (Tecnnova), entreprise créée en 2007 et intervenant en collaboration avec le centre en tant qu’interface entre l’industrie et le milieu universitaire de la Colombie.

Dans le cadre du programme de table ronde économique Tecnnova de 2011, plus de 30 universités, 200 groupes de recherche, 700 professionnels et 400 entreprises, ainsi qu’EcofloraCares, ont participé à divers séminaires pour identifier les technologies émergentes, étudier l’état de la technique dans divers secteurs et mettre en relation les entreprises et établissements universitaires compatibles. En 2013, en coopérant avec Tecnnova et BioInTropic, Ecoflora s’est propulsée à l’avant-garde des partenariats industrie-université-gouvernement visant la création d’un écosystème d’innovation dans le pays.

Environnement et santé publique


Le jagua est une plante originaire d’Amérique du Sud (Photo : Ecoflora)

La Colombie est un pays relativement petit, mais doté d’environ 10% de la biodiversité mondiale, dont plus de 50 000 espèces végétales. En outre, ce pays est parvenu à assurer la croissance régulière de son économie depuis les années 2000, ce qui lui a permis d’augmenter son PIB par habitant (10 000 dollars É.-U., en 2011, Central Intelligence Agency).

Toutefois, cette diversité et cette relance économique sont de plus en plus menacées, notamment par la déforestation, la dégradation de la qualité des sols et de l’eau, la pollution de l’air, les troubles civils et l’extraction des ressources, ainsi que par une forte dépendance à l’égard des prix volatils du pétrole.

Il en ressort pour la Colombie une réduction de la biodiversité, un taux de chômage élevé et des effets néfastes sur les résultats en matière de santé publique pour de nombreuses communautés. À l’appui du riche patrimoine écologique et des ressources humaines dynamiques du pays, Ecoflora a mis en place une politique de développement durable au niveau environnemental qui assure également la santé de ses partenaires.

Dans le cadre de son engagement envers les principes de l’UEBT, qui comprennent des normes rigoureuses de gestion des ressources naturelles afin de ne pas dégrader les habitats, Ecoflora a appliqué une politique de développement durable à la récolte des matières premières de ses produits. Pour ce faire, la PME a travaillé avec 12 communautés afro-colombiennes (représentant une centaine de familles) dans les régions certifiées par l’UEBT entre Antioquia et Choco, afin de récolter le jagua à l’aide de méthodes et instruments traditionnels.

L’utilisation de ces méthodes, au lieu des méthodes hautement mécanisées utilisées dans l’agriculture industrielle, permet à Ecoflora de limiter son impact environnemental à une surface relativement modeste qui ne nuit pas à la biodiversité environnante. Par conséquent, la récolte des fruits abondants du jagua (grâce à laquelle un travailleur manuel peut gagner six fois plus d’argent par jour) a été encouragée par Ecoflora et soutenue par divers organismes nationaux et internationaux, tels que l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

De telles sources alternatives de revenu potentiellement élevé peuvent dissuader de nombreux travailleurs ruraux de la région de cultiver le cocaïer, arbuste à fleurs de la famille des Érythroxylacées qui est généralement inoffensif, mais peut être utilisé comme ingrédient pour créer des drogues illicites (mais potentiellement lucratives) et mortelles. Ces drogues sont potentiellement nuisibles pour la santé de communautés entières.

Outre le fait que la récolte du jagua crée une source alternative de revenu pour les communautés colombiennes marginalisées de manière écologique, la culture de cette plante et le colorant bleu qui en découle en font une solution saine pour remplacer les colorants bleus de synthèse potentiellement nuisibles. En 2007, les colorants alimentaires de synthèse ont été soupçonnés d’avoir des effets indésirables tels que l’hyperactivité chez les jeunes enfants (université de Southampton, 2007).

En revanche, les colorants bleus naturels n’ont pas d’effets secondaires négatifs présumés et sont, par conséquent, largement utilisés dans un certain nombre de secteurs, notamment par les fabricants de produits alimentaires appréciés par les enfants, tels que les confiseurs.

Par ailleurs, étant donné qu’elle crée des produits pour l’industrie agricole qui sont exempts de produits chimiques, Ecoflora a ouvert la voie de l’évolution vers des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement en Colombie (les engrais et pesticides à base de produits chimiques sont réputés contaminer les eaux souterraines et dégrader la qualité des sols en mettant en danger la vie animale, végétale et humaine).

En revanche, les produits d’Ecoflora n’ont pas d’effets indésirables connus sur les humains, les animaux et l’environnement en général. La stratégie respectueuse de l’environnement et socialement responsable de la PME en a fait un pionnier du développement économique moderne et durable en Colombie.


L’entreprise a remporté des prix du secteur de l’horticulture (Photo : Martin LaBar)

Résultats de l’entreprise

Quelques années après sa création, Ecoflora a modernisé ses procédés de production et développé sa gamme de produits tout en tirant parti de nouveaux partenariats, en aidant les communautés locales et en préservant l’environnement. Ce faisant, la PME a remporté un vif succès commercial et a été récompensée pour ses réalisations.

Ecoflora a remporté des prix d’innovation aux National Innovations Awards de la Colombie (en 2004, 2008 et 2010). Ces prix sont décernés aux PME du pays qui ont démontré leur mise en œuvre d’une stratégie innovante de développement commercial au travers, par exemple, de partenariats avec des universités.

En outre, l’un des principaux produits de l’entreprise, SinBabosas, a remporté le prix d’innovation José María “Pepe” de la Torre (2009, dans la catégorie des fournisseurs de matières premières), décerné par le Centre colombien de l’innovation dans la floriculture (Ceniflores), organisme à but non lucratif qui soutient l’industrie florale en Colombie.

Le prix de Ceniflores a été décerné au produit SinBabosas parce qu’il a été reconnu comme offrant à l’industrie florale colombienne une solution alternative naturelle, durable et efficace pour la lutte contre les parasites. Les pratiques commerciales éthiques et les produits naturels de la PME ont également été récompensés avec une mention d’honneur lors des Biodiversity Awards de l’UEBT (2010).

M. Cock Duque et ses collaborateurs ont, eux aussi, été récompensés par leurs pairs pour leur conduite innovante du développement de la PME. En 2007, l’ancien ingénieur devenu homme d’affaires a été élu Entrepreneur Endeavor, distinction prestigieuse d’Endeavor.

En outre, la directrice de l’innovation d’Ecoflora, Mme Sandra Zapata Porras (qui était responsable du développement du colorant bleu phare de l’entreprise) a remporté le prix Women in Science Award (2009), géré par plusieurs organismes et partenaires industriels, à savoir l’UNESCO, L’Oréal (l’une des plus grandes entreprises mondiales de produits cosmétiques) et l’Instituto Colombiano de Crédito Educativo y Estudios Técnicos en el Exterior, organe du Ministère colombien de l’éducation.

En 2012, Ecoflora était encore une PME avec de grandes ambitions pour l’avenir. “Nous [prévoyons un] résultat [de] 50 millions de dollars É.-U. [d’ici] 2018”, a déclaré le fondateur de la PME. “Certes, c’est un projet ambitieux”, a-t-il ajouté, “mais c’est-ce que nous avons prévu”.

Innover pour une nouvelle Colombie

Ecoflora a démarré son activité en tant que PME familiale et, quelques années plus tard, elle a émergé en tant qu’entreprise d’agriculture biologique pionnière en Colombie, avec une présence internationale croissante. Après avoir établi des partenariats équitables avec des communautés traditionnelles, ainsi que des partenariats proactifs avec le gouvernement, le milieu universitaire et le secteur des entreprises, la PME s’est appuyée sur ses ressources corporelles et incorporelles, notamment sur son portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle large et bien géré, pour stimuler sa croissance nationale et internationale.

Dans le même temps, Ecoflora a établi sa marque forte et créé un certain nombre de produits leaders tout en assumant ses responsabilités sur le plan environnemental. À l’aube d’une nouvelle ère d’épanouissement socioéconomique en Colombie, Ecoflora s’est imposée comme l’une des étoiles les plus rayonnantes du pays.

Cette étude de cas se fonde sur des informations provenant de: