La première étude de l’OMPI sur les “tendances technologiques” est axée sur l’intelligence artificielle : IBM et Microsoft chefs de file dans ce domaine dans un contexte de recrudescence mondiale de l’activité inventive en matière d’intelligence artificielle

Geneva, 31 janvier 2019
PR/2019/827

Une nouvelle étude phare de l’OMPI fait état de la récente augmentation massive des inventions fondées sur l’intelligence artificielle, les entreprises américaines IBM et Microsoft faisant figure de chefs de file dans ce secteur alors que, ces dernières années, l’intelligence artificielle est passée du domaine du virtuel au marché mondial.

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La première publication de la série consacrée par l’OMPI aux “tendances technologiques” définit et mesure les innovations dans le domaine de l’intelligence artificielle (AI), avec plus de 340 000 demandes de brevet en rapport avec l’intelligence artificielle et 1,6 million d’articles scientifiques publiés depuis l’apparition de l’intelligence artificielle dans les années 1950, la majeure partie des demandes de brevet dans ce domaine ayant été publiées depuis 2013.

Ce tout premier rapport sur les tendances technologiques offre une base d’information commune sur l’intelligence artificielle aux responsables politiques et aux décideurs dans les gouvernements et le monde des affaires, ainsi qu’aux citoyens du monde entier, aux prises avec les ramifications d’une nouvelle technologie susceptible de faire progresser de nombreux secteurs de l’activité économique, sociale et culturelle.

“L’activité en matière de brevets dans le domaine de l’intelligence artificielle augmente rapidement, ce qui signifie que nous pouvons nous attendre à un nombre considérable de nouveaux produits, applications et techniques fondés sur l’intelligence artificielle qui changeront notre vie quotidienne – et qui façonneront également la future interaction humaine avec les machines que nous avons créées”, a déclaré le Directeur général de l’OMPI, Francis Gurry.

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WIPO Director General Francis Gurry presents ground-breaking report on AI innovation to journalists in Geneva. (Photo: OMPI/Berrod)

“Les répercussions de l’intelligence artificielle pour l’avenir du développement humain sont profondes. La première étape pour maximiser les avantages de l’intelligence artificielle de sorte qu’elle profite au plus grand nombre, tout en relevant les défis qu’elle pose sur les plans éthique, juridique et réglementaire, consiste à créer une base factuelle commune pour comprendre l’intelligence artificielle. En présentant le premier de sa série de rapports consacrés aux “tendances technologiques”, l’OMPI est heureuse de contribuer à la formulation de projections fondées sur des données probantes, facilitant ainsi l’élaboration de politiques mondiales sur l’avenir de l’intelligence artificielle, sa gestion et le cadre de propriété intellectuelle dans lequel elle s’inscrit”, a ajouté M. Gurry.

Un certain nombre de conclusions ont été tirées de l’étude, notamment :

  • entre l’apparition de l’intelligence artificielle dans les années 1950 et l’année 20161 près de 340 000 inventions dans le domaine de l’intelligence artificielle ont fait l’objet de dépôts de demandes par les inventeurs et les chercheurs et plus de 1,6 million de publications scientifiques ont été diffusées (chapitre 1);
  • le nombre de brevets délivrés dans le domaine de l’intelligence artificielle ne cesse de croître, plus de la moitié des inventions recensées ayant été publiées depuis 2013 (chapitre 3);
  • vingt-six des 30 principaux déposants de demandes de brevet dans le domaine de l’intelligence artificielle sont des entreprises, les quatre autres étant des universités ou des organismes de recherche publics (chapitre 4);
  • l’entreprise américaine International Business Machines Corp. (IBM) détenait le plus grand portefeuille de demandes de brevet dans le domaine de l’intelligence artificielle avec 8290 inventions à la fin de 2016, suivie de Microsoft Corp., qui a également son siège aux États-Unis d’Amérique, avec 5930 inventions. Les trois autres entreprises figurant sur la liste des cinq principales entreprises sont : l’entreprise japonaise Toshiba Corp. (5223), l’entreprise Samsung Group, dont le siège se trouve en République de Corée (5102) et l’entreprise japonaise NEC Group (4406) (chapitre 4);
  • les établissements chinois représentent 3 des 4 universités figurant parmi les 30 principaux déposants de demandes de brevet, l’Académie chinoise des sciences occupant la dix-septième place avec plus de 2500 familles de brevets. Les établissements chinois représentent 17 des 20 principales universités ayant déposé des demandes de brevet dans le domaine de l’intelligence artificielle, et 10 des 20 principales universités en ce qui concerne les publications scientifiques dans ce domaine (chapitre 4).

Techniques d’intelligence artificielle

  • L’apprentissage automatique, en particulier les réseaux neuronaux qui ont révolutionné la traduction automatique, est la principale technique d’intelligence artificielle divulguée dans les brevets et incluse dans plus du tiers des inventions recensées. Le nombre de demandes de brevet en rapport avec l’apprentissage automatique, par exemple en ce qui concerne les techniques utilisées par les services de covoiturage afin de réduire les détours, est passé de 9567 en 2013 à 20 195 en 2016, soit une augmentation globale de 111%, ou environ 28% en moyenne annuelle (chapitre 3).
  • L’apprentissage profond, une technique d’apprentissage automatique révolutionnant l’intelligence artificielle et incorporant des systèmes de reconnaissance vocale, est la technique d’intelligence artificielle qui connaît la croissance la plus rapide, avec une multiplication par près de 20 du nombre de demandes de brevet, passé de 118 en 2013 à 2399 en 2016, soit un taux de croissance annuel moyen de 175%.
  • À titre de référence, le nombre de demandes de brevet pour toutes les technologies n’a augmenté que de 33% au cours de la même période, soit un taux annuel moyen de 10% (chapitre 3).

Applications de l’intelligence artificielle

  • La vision par ordinateur, qui inclut la reconnaissance d’images et est cruciale pour la réalisation des véhicules autonomes, est l’application d’intelligence artificielle la plus populaire, mentionnée dans 49% de tous les brevets dans ce domaine (chapitre 3).
  • L’intelligence artificielle dans le domaine de la robotique est passée de 622 demandes de brevet en 2013 à 2272 en 2016, soit une augmentation globale de 265%, ou une croissance annuelle moyenne de 55% (chapitre 3).
  • Le nombre de demandes de brevet concernant des méthodes de contrôle, qui gèrent le comportement de dispositifs tels que les bras robotiques, est passé de 193 en 2013 à 698 en 2016, soit une augmentation de 262%, ou une croissance annuelle moyenne de 55% (chapitre 3).

L’intelligence artificielle dans les secteurs industriels

  • Le secteur des transports, y compris les véhicules autonomes, est l’un des domaines où la croissance liée à l’intelligence artificielle est le plus rapide. Il a enregistré 8764 dépôts en 2016, soit une augmentation de 134% par rapport aux 3738 demandes déposées en 2013, ou un taux de croissance annuel moyen de 33% (19% de l’ensemble des documents de brevet recensés entre 2013 et 2016 étaient liés au secteur des transports) (chapitre 3).
  • L’intelligence artificielle est essentielle à l’amélioration des réseaux dans le domaine des télécommunications, qui a enregistré 6684 dépôts en 2016, en hausse de 84% par rapport à 2013 où le nombre de dépôts s’établissait à 3625, soit un taux de croissance annuel moyen de 23% (15% de l’ensemble des documents de brevet recensés entre 2013 et 2016 étaient liés aux télécommunications) (chapitre 3).
  • Le nombre de dépôts de demandes dans les domaines des sciences de la vie et des sciences médicales, où l’intelligence artificielle peut être appliquée à la chirurgie robotique et à la personnalisation des médicaments, est passé à 4112 en 2016, soit une hausse de 40% par rapport à 2013 où le nombre de dépôts s’établissait à 2942, ou un taux de croissance annuel moyen de 12% (11% de l’ensemble des documents de brevet recensés entre 2013 et 2016 étaient liés aux sciences de la vie et aux sciences médicales) (chapitre 3).
  • En 2016, le nombre de dépôts de demandes concernant des instruments personnels, des ordinateurs et des interactions homme-machine est passé à 3977, en hausse de 36% par rapport à 2013 où le nombre de dépôts s’établissait à 2915, soit un taux de croissance annuel moyen de 11% (11% de l’ensemble des documents de brevet recensés entre 2013 et 2016 portaient sur des instruments personnels, des ordinateurs et des interactions homme-machine). L’intelligence artificielle est mise en application dans de nombreuses technologies des smartphones, y compris les assistants personnels intelligents et les appareils photo qui détectent les caractéristiques faciales pour la réalisation de portraits parfaits (chapitre 3).

L’étude de l’OMPI sur les “tendances technologiques” dans le domaine de l’intelligence artificielle a été préfacée par Andrew Ng, fondateur de Landing AI, deeplearning.ai, Coursera, professeur adjoint à Stanford, ancien responsable scientifique à Baidu, fondateur et ancien chef du projet de recherche d’apprentissage profond Google Brain.

Les observations formulées par des experts renommés dans le domaine de l’intelligence artificielle ont aidé à la rédaction du rapport.

Chefs de file dans le domaine de l'intelligence artificielle

  • Seth G Benzell – associé postdoctoral à l’Initiative du MIT pour l’économie numérique
  • Nick Bostrom – directeur du Future of Humanity Institute et auteur de Superintelligence : Paths, Dangers, Strategies
  • Erik Brynjolfsson – directeur de l’Initiative du MIT pour l’économie numérique
  • Yoon Chae – associé principal, Baker McKenzie
  • Frank Chen – associé chez Andreessen Horowitz
  • Myriam Côté – directrice de AI for Humanity au MILA
  • Prof. Boi Faltings – directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de l’École polytechnique fédérale de Lausanne
  • Kay Firth–Butterfield – chef, AI and Machine Learning Head, Forum économique mondial
  • John G Flaim – directeur mondial du cabinet Baker McKenzie, spécialisé dans la propriété intellectuelle
  • Dario Floreano – directeur du laboratoire des systèmes intelligents de l’École polytechnique fédérale de Lausanne et fondateur du Centre national suisse de compétence en robotique de recherche
  • Prof. Dominique Foray – École polytechnique fédérale de Lausanne
  • Martin Ford  – futuriste, auteur de Rise of the Robots : Technology and the Threat of a Jobless Future
  • Jay Iorio – futuriste
  • Malcolm Johnson – vice-secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT)
  • Konstantinos Karachalios – directeur exécutif, IEEE Standards Association
  • Kai Fu Lee – PDG de Sinovation Ventures, ancien président de Google China et auteur de AI Superpowers
  • Ben Lorica – directeur scientifique, O’Reilly Media
  • Miguel Luengo–Oroz – directeur scientifique, UN Global Pulse
  • Prof. Kazuyuki Motohashi – Département de la gestion des technologies pour l’innovation, Université de Tokyo
  • Paul Nemitz – conseiller principal, Commission européenne
  • Eleonore Pauwels – chercheur associé sur les nouvelles cybertechnologies, Centre de recherche sur les politiques de l’Université des Nations Unies
  • Professeur Rosalind Picard – directrice au MIT Media Lab, fondatrice de l’informatique affective et cofondatrice de Empatica et Affectiva
  • Professeur Hefa Song – Institut des sciences et de la gestion de l’Académie chinoise des sciences, directeur du Centre de recherche et de formation sur les droits de propriété intellectuelle de l’Académie chinoise des sciences et vice-doyen de la Faculté de propriété intellectuelle de l’Université de l’Académie chinoise des sciences
  • Petr Šrámek – fondateur de AI Startup Incubator et cofondateur de la plateforme sur l’intelligence artificielle, Confédération de l’industrie (République tchèque)
  • Aristotelis Tsirigos – directeur des laboratoires de bioinformatique appliquée, Faculté de médecine de la NYU
  • Haifeng Wang – premier vice-président de Baidu
  • Prof. Herbert Zech – droit de la propriété intellectuelle et droit des sciences de la vie à l’Université de Bâle

Notes de bas de page

1 2016 est la dernière année complète pour laquelle des chiffres sont disponibles en raison du délai de 18 mois entre le dépôt d’une demande de brevet confidentielle et sa divulgation au public.

À propos de l'OMPI

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