Francis Gurry a dirigé l’OMPI en qualité de Directeur général du 1er octobre 2008 au 30 septembre 2020.

Un petit groupe de pays porteurs joue un rôle moteur dans l’innovation technologique

Genève, 11 novembre 2015
PR/2015/785

Les États‑Unis d’Amérique et le Japon sont à la tête d’un petit groupe de pays qui jouent un rôle moteur en matière d’innovation dans le domaine de l’impression 3D, de la nanotechnologie et de la robotique, trois technologies d’avant‑garde qui pourraient stimuler la croissance économique future, comme l’indique un nouveau rapport de l’OMPI.

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Dans un contexte de croissance économique mondiale atone, le Rapport 2015 sur la propriété intellectuelle dans le monde, qui porte cette année sur le thème de l’innovation et de la croissance économique, montre comment les innovations révolutionnaires d’hier, telles que l’avion, les antibiotiques ou les semi‑conducteurs, ont fait naître de nouvelles activités commerciales.  Ce rapport examine de façon approfondie les innovations prometteuses d’aujourd’hui, tout en exhortant les gouvernements et les entreprises à accroître les investissements liés à l’innovation.

“Certaines avancées technologiques majeures ont contribué à l’augmentation soutenue et durable de la production économique”, a déclaré M. Francis Gurry, Directeur général de l’OMPI.  “L’innovation, pour qu’elle soit une réussite, exige de la persévérance, tant au niveau de l’entreprise que de l’économie en général, en particulier durant les périodes de faible croissance lorsque les budgets alloués à l’innovation sont sous pression.  Nous devons renforcer les conditions propices à la création des technologies révolutionnaires de demain”.

M. Francis Gurry, Directeur général de l’OMPI (à gauche) et M. Carsten Fink lors de la conférence de presse (Photo : OMPI)

Les chefs de file de l’innovation

Le rapport montre, sur la base d’une cartographie originale des brevets par domaine d’innovation, que l’Allemagne, les États‑Unis d’Amérique, la France, le Japon, la République de Corée et le Royaume‑Uni représentent au moins 75% de l’ensemble des dépôts de demandes de brevet dans les domaines de l’impression 3D, de la nanotechnologie et de la robotique.

Les entreprises japonaises sont les chefs de file de l’innovation dans le domaine de la robotique.  Parmi les 10 principaux déposants dans ce domaine, huit sont japonais, à savoir Toyota, Honda, Nissan, Denso, Hitachi, Panasonic, Yaskawa et Sony.  Les deux autres sont Bosch (Allemagne) et Samsung (République de Corée).

Bien que les entreprises américaines représentent ensemble le plus grand nombre de dépôts de demandes de brevet dans le domaine des nanotechnologies, Samsung reste le principal déposant et parmi les 10 principaux déposants, six sont japonais, à savoir Nippon Steel, Toshiba, Canon, Hitachi, Panasonic et TDK.  IBM, la University of California et Hewlett Packard, des États‑Unis d’Amérique, viennent compléter la liste des 10 principaux déposants.

Les entreprises américaines sont également à l’origine de la plupart des demandes de brevet dans le domaine de l’impression 3D, avec 3D Systems et Stratasys en tête des principaux déposants et General Electric et United Technologies figurant parmi les 10 principaux déposants.  Trois entreprises allemandes, à savoir Siemens, MTU Aero Engines et EOS, ainsi que trois entreprises japonaises, à savoir Mitsubishi, Hitachi et Toshiba, viennent compléter la liste des 10 principaux déposants dans le domaine de l’impression 3D.

La Chine est le seul pays émergent à revenu intermédiaire à s’approcher de ce groupe de pays industrialisés avancés.  Si l’on examine l’histoire récente et en particulier l’évolution des dépôts de demandes de brevet depuis 2005, on constate que les déposants chinois représentent plus d’un quart des demandes de brevet déposées dans le monde dans les domaines de l’impression 3D et de la robotique, soit le pourcentage le plus élevé parmi tous les pays.  En ce qui concerne la nanotechnologie, les déposants chinois représentent près de 15% des demandes déposées dans le monde, soit la troisième origine la plus importante pour les demandes de brevet.  Les rapports panoramiques sur les brevets en Chine montrent que, contrairement aux pays qui innovent depuis de nombreuses années, en Chine, les universités et les organismes de recherche publics sont beaucoup plus présents.

Un écosystème de l’innovation fructueux

Le rapport souligne les composantes essentielles d’un écosystème de l’innovation fructueux : des fonds publics pour financer la recherche scientifique et faire évoluer les technologies prometteuses du laboratoire à l’étape de production;  un marché concurrentiel pour encourager les entreprises à innover, qui repose sur des marchés financiers dynamiques et une réglementation saine;  et des liens étroits entre les acteurs de l’innovation du secteur public et du secteur privé.

Le rapport explique également comment l’innovation est de plus en plus étroitement liée aux universités et aux organismes de recherche publics.  Davantage de demandes de brevet ont été déposées par les universités dans les domaines de l’impression 3D, de la nanotechnologie et de la robotique que dans ceux de l’aéronautique, des antibiotiques et des semi‑conducteurs.  La nanotechnologie arrive en tête, avec près d’un quart des demandes de brevet dans le monde déposées par des universités.

La propriété intellectuelle contribue à dynamiser le marché des technologies

Les études de cas montrent comment l’innovation prospère grâce aux mécanismes de partage des connaissances, depuis les tout premiers clubs d’inventeurs amateurs d’avions jusqu’aux modèles modernes d’innovation ouverte que l’on trouve dans la recherche dans les domaines de l’impression 3D et de la robotique.  En encourageant la divulgation et en créant un mécanisme souple de concession de licences, le système de la propriété intellectuelle a facilité le partage des connaissances.

Les cartographies des brevets qui ont été réalisées dans le cadre des six études de cas montrent que les innovateurs ont en grande majorité cherché à obtenir une protection par brevet pour leurs inventions dans les pays à revenu élevé et en Chine, ce qui témoigne de l’ampleur des marchés dans ces pays et de la présence de concurrents dotés de capacités en matière de technologies révolutionnaires.

Les études de cas sur l’impression 3D, la nanotechnologie et la robotique arrivent à la conclusion que les nombreuses demandes de brevet dans ces domaines d’innovation n’ont pas encore conduit à une augmentation du nombre de litiges en matière de brevets ou à d’autres frictions concernant des droits de propriété intellectuelle.  Mais, comme la plupart des technologies sous‑jacentes sont encore à un stade relativement précoce de développement et n’ont pas encore été commercialisées, on peut supposer que le nombre de différends en matière de droits de propriété intellectuelle augmente à l’avenir.

Le droit d’auteur lui aussi joue un rôle de plus en plus important dans le domaine de l’innovation technologique, notamment du fait de son application aux logiciels et à la protection de toute forme d’expression numérique, y compris les dessins et modèles d’objets en 3D et les topographies de circuits intégrés.

Le Rapport sur la propriété intellectuelle dans le monde est publié tous les deux ans et analyse les tendances dans certains domaines de la propriété intellectuelle.  Les rapports précédents portaient sur le rôle des marques sur le marché mondial et sur le nouveau visage de l’innovation.

À propos de l'OMPI

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