Chercheurs et parties prenantes s’unissent pour faire progresser l’innovation en Afrique grâce à l’exploration de textes et de données
À une époque où la transformation numérique remodèle la recherche et l’innovation, la capacité d’analyser de grands volumes de données s’avère pouvoir changer la donne, et l’Afrique prend des mesures importantes pour exploiter son potentiel.
Afin de s’assurer que les institutions du continent sont équipées de manière à tirer pleinement parti de ces possibilités, un atelier tenu du 26 au 28 février 2025 à Abidjan (Côte d’Ivoire) a réuni des chercheurs, des universitaires et des acteurs de l’industrie, tels que des bibliothécaires et des éditeurs, pour explorer le potentiel de l’exploration de textes et de données. L’événement, qui était accueilli par l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), a été organisé par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), l’UFHB et le Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA).
Ouvrir de nouvelles frontières à la recherche et à l’innovation
La recherche scientifique est un moteur de l’innovation, et l’exploration de textes et de données constitue un outil essentiel pour extraire des informations précieuses de grands volumes de données. Cet atelier visait à sensibiliser aux avantages de l’exploration de textes et de données et à renforcer les capacités institutionnelles pour une mise en œuvre efficace.
Yves Christian N’Goran, bibliothécaire assistant à la Bibliothèque nationale de Côte d’Ivoire, a souligné l’importance de l’atelier : “Cet atelier nous a aidés à nous positionner quant à l’appui fourni à la recherche. Il nous donnera des orientations sur la manière dont nous pouvons mieux aider les chercheurs”.
L’atelier a donné lieu à des exposés d’experts couvrant les aspects techniques et juridiques de l’exploration de textes et de données. Les participants ont discuté de l’accès aux données et ont examiné les méthodes de collecte et d’exploitation des données. Ils se sont également penchés sur des aspects juridiques clés, notamment le droit d’auteur.
Estelle Monney Assoko, spécialiste juridique chargée de la protection des données à l’Autorité de régulation des télécommunications (ARTCI), a mis l’accent sur la pertinence de l’atelier. Elle a souligné l’intersection croissante entre les cadres juridiques et les méthodes de recherche numérique.
Au cours des prochaines semaines, un petit groupe de chercheurs réalisera un projet conçu pendant l’atelier afin de mettre en pratique les techniques d’exploration de textes et de données. Les résultats seront consignés dans des études de cas, qui serviront de base à la prochaine étape du projet, à savoir l’élaboration de matériel de formation.
“Je dois dire que je me suis senti enrichi à l’issue de l’atelier”, a déclaré Guillaume N’Guetta, chercheur et éducateur à l’UFHB. “J’ai appris que l’exploration de textes et de données est un outil puissant qui nous permet d’analyser des données pertinentes, d’améliorer notre recherche et d’augmenter notre production scientifique.”
Une initiative à l’échelle continentale
Il s’agit du premier d’une série de trois ateliers conçus pour mieux faire connaître et favoriser la mise en œuvre de l’exploration de textes et de données dans différentes institutions africaines. Élaborée dans le cadre d’un projet plus vaste mené sous la direction du Comité du développement et de la propriété intellectuelle (CDIP), cette initiative contribue à faire progresser le Plan d’action de l’OMPI pour le développement. À la suite de l’atelier tenu à Abidjan, d’autres ateliers sont prévus au Ghana et en Égypte, chacun étant adapté aux besoins spécifiques des universités qui l’accueillent. L’initiative montre que la connaissance et la mise en œuvre de l’exploration de textes et de données varient selon les disciplines et les institutions, ce qui nécessite une approche locale de la formation.