Promouvoir la découverte de médicaments innovants en Afrique

21 juillet 2022

Dans le cadre de la soixante-troisième série de réunions des assemblées des États membres de l’OMPI (tenue du 14 au 22 juillet 2022), la Fédération internationale de l’industrie du médicament (IFPMA) et l’OMPI ont organisé une manifestation en marge de la session afin d’examiner les promesses et les défis liés à la découverte et à la mise au point de médicaments innovants en Afrique.

Intervenants, de gauche à droite : M. Kelly Chibale, Mme Loretta Asiedu, conseillère principale à la Division de l’OMPI pour l’Afrique, Mme l’Ambassadrice Athaliah Molokomme, M. Edward Kwakwa, sous-directeur général de l’OMPI, et M. Greg Perry, directeur général adjoint de l’IFPMA (Photo : OMPI)

“Les Africains eux-mêmes sont les mieux placés pour stimuler l’innovation dans le domaine de la santé en Afrique”, a déclaré M. Edward Kwakwa, sous-directeur général de l’OMPI chargé du Secteur des enjeux et des partenariats mondiaux à l’ouverture de la réunion.

Trois chaises plus loin, sur la tribune, était assis M. Kelly Chibale, parfaite incarnation de cette déclaration en tant que fondateur et directeur de H3D (Holistic Drug Discovery and Development Centre).

“Commencez par ce que vous avez, là où vous êtes.”

L’Afrique détient une part disproportionnée de la charge mondiale de morbidité.  Dans le même temps, les chercheurs, les innovateurs et les chefs d’entreprise africains sont en première ligne pour trouver des solutions à leurs besoins en matière de santé publique.

“Les jeunes sont les futurs créateurs de richesse, et nous devons commencer par ce que nous avons, là où nous sommes”, a déclaré Mme l’Ambassadrice Athaliah Molokomme, représentante permanente du Botswana auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, qui s’est également exprimée lors de cette manifestation.  Elle a poursuivi en expliquant que certains médicaments jugés sûrs par les autorités de réglementation d’autres parties du monde n’étaient pas nécessairement efficaces pour les Africains, en raison de leur diversité génétique hors du commun.

Trois des principaux obstacles à l’innovation dans le domaine de la santé en Afrique ont été mentionnés, à savoir le manque d’opportunités, la faible quantité d’essais cliniques en Afrique et les multiples contraintes sociales, politiques et économiques de la région.

Greg Perry, directeur général adjoint de l’IFPMA, et Loretta Asiedu, conseillère principale à la Division de l’OMPI pour l’Afrique et modératrice de la réunion, ont rejoint les autres intervenants à la tribune.

Le scientifique

M. Chibale, originaire de la Zambie, fait figure de pionnier dans ce domaine.  Il a fondé H3D en 2010, avec la vision de créer “la principale organisation pour la découverte et la mise au point intégrées de médicaments en Afrique”.

Pour favoriser la découverte et la mise au point de médicaments sur le deuxième continent le plus grand et le plus peuplé de la planète, le célèbre innovateur tente à la fois de créer les médicaments nécessaires, adaptés aux populations africaines, et, par l’intermédiaire de la Fondation H3D, de tirer parti de la propriété intellectuelle et des partenariats et réseaux pour établir des partenariats dirigés par des Africains et former davantage de personnalités scientifiques africaines.

Durant son exposé de 30 minutes et l’échange qui a suivi avec les participants, il a fait part de son expérience et partagé ses connaissances, ses opinions et ses idées sur la manière de relever les défis qui touchent l’écosystème africain de l’innovation en matière de santé.  “La COVID-19 m’a rappelé l’urgence de l’innovation”, a déclaré M. Chibale dans son discours.  “Des solutions innovantes doivent être trouvées pour répondre aux besoins médicaux non satisfaits.”

L’Union africaine a récemment publié le document stratégique Health Research and Innovation Strategy for Africa (HRISA) pdf, qui vise à favoriser le développement de l’écosystème des technologies de la santé et de l’innovation sur le continent.

Les partenaires de H3D comprennent Merck KGaA, Johnson & Johnson, la Fondation Bill & Melinda Gates, GlaxoSmithKline, le Gouvernement sud-africain et de nombreuses autres parties prenantes.