Francis Gurry a dirigé l’OMPI en qualité de Directeur général du 1er octobre 2008 au 30 septembre 2020.

Selon le Directeur général Francis Gurry : Les progrès rapides de l’intelligence artificielle rendent difficile l’élaboration de politiques générales

28 mai 2019

Les technologies d’intelligence artificielle, qui soulèvent de grandes questions de fond, évoluent plus rapidement que la capacité d’élaboration de mesures réfléchies en matière de politique générale, a déclaré mardi M. Francis Gurry, Directeur général de l’OMPI.

Dans l’allocution d’ouverture qu’il a prononcée lors du “Sommet mondial sur l’intelligence artificielle au service du bien social”, M. Gurry a évoqué les conclusions du Rapport de l’OMPI sur les tendances technologiques – Intelligence artificielle selon lequel il a été déposé, depuis les années 1950, 340 000 demandes de brevet portant sur l’intelligence artificielle, dont plus de la moitié depuis 2013.

(Photo: OMPI/Berrod)

Il apparaît donc que le système de la propriété intellectuelle, qui est issu à bien des égards de la révolution industrielle, soit appliqué de manière généralisée, ou utilisé à grande échelle, dans le domaine des technologies d’intelligence artificielle.

Francis Gurry, Directeur général

La multiplication rapide des technologies de l’intelligence artificielle suscite toute une série d’interrogations importantes, a-t-il déclaré devant les participants au sommet organisé à Genève par l’Union internationale des télécommunications (UIT).

“Parmi les technologies qui transforment actuellement notre économie et notre société, l’intelligence artificielle est l’une des plus importantes. Les questions qu’elle soulève sont d’ordre économique, s’agissant des marchés et de la concurrence, du travail et de l’emploi, de la sécurité, du commerce. Elles sont d’ordre social pour ce qui est des données personnelles, de leur protection et de leur intégrité, ainsi que de la désinformation (les ‘fake news’). Elles sont d’ordre éthique, enfin, s’agissant de la partialité des données et de l’octroi d’un pouvoir décisionnel à des entités non humaines dont les décisions ont des effets sur le bien-être de l’humanité”, a indiqué M. Gurry.

“Sur toutes ces questions, nous n’en sommes encore qu’au tout début de notre réflexion, mais leur caractéristique commune est que l’activité technologique qui suscite l’interrogation se développe à un rythme beaucoup plus rapide que notre capacité de formuler … les réponses à ces questions”, a-t-il ajouté.

Propriété des données relatives à l’intelligence artificielle

La propriété des données qui sont à la base des applications de l’intelligence artificielle – les données en tant qu’objet de propriété – est une question capitale, a fait observer le Directeur général.

Les États membres de l’OMPI concentreront leurs discussions sur l’intelligence artificielle en tant qu’objet de propriété dans le cadre du “Dialogue de l’OMPI sur la propriété intellectuelle et l’intelligence artificielle”, qui se tiendra le 27 septembre 2019.

“Nous espérons que ce dialogue contribuera à apporter une réponse aux multiples questions qui se posent en matière de politique générale”, a-t-il déclaré à propos de cette réunion de l’OMPI.