À l’assaut du ciel!

  • Nom: Blue Skies Holdings Limited
  • Pays / Territoire: Ghana, Royaume-Uni
  • Droit(s) de P.I.: Droits d'auteur et droits connexes, Marques
  • Date de publication: 13 novembre 2012
  • Dernière mise à jour: 25 août 2021

Généralités

Fondée en 1998, Blue Skies Holdings Limited (Blue Skies) est une entreprise établie en République du Ghana (Ghana) et au Royaume‑Uni qui exporte des fruits fraîchement coupés vers les supermarchés européens et produit aussi des jus de fruits 100% naturels qu’elle vend en Europe et au Ghana.  Tous ses produits sont récoltés, coupés et conditionnés dans leur pays d’origine, conformément à la philosophie fondatrice de Blue Skies appelée Joint Effort Enterprise (entreprise d’effort conjoint).  

Blue Skies envoie par avion des fruits fraîchement coupés du Ghana vers les marchés internationaux (photo : Blue Skies)

Cette philosophie est un modèle de commerce durable qui repose sur l’ajout de valeur à la source et qui favorise la diversité et crée une culture de respect entre l’entreprise, son personnel, ses agriculteurs et ses partenaires.  C’est ce qui a permis à la jeune entreprise de trois personnes qu’était Blue Skies de devenir une société internationale de plus de 2000 salariés.  Pour approvisionner son usine du Ghana en fruits qui ne sont pas disponibles ou pas de saison au Ghana, l’entreprise dispose d’usines en République fédérative du Brésil (Brésil), en République arabe d’Égypte (Égypte) et en République sud‑africaine (Afrique du Sud).  Grâce à la responsabilité sociale qu’elle s’efforce d’assumer depuis sa création, elle peut fournir aux consommateurs finaux des produits frais de grande qualité et jouer un rôle positif important au sein des communautés où elle exerce son activité.

Recherche‑développement

Alors qu’il était directeur général d’Orchard House Foods (OHF), magasin de fruits spécialisé du Royaume‑Uni, M. Anthony Pile a eu l’idée de couper et de conditionner des fruits frais dans une usine installée près de la source de la matière première, dans le pays d’origine des produits.  Les fruits seraient alors directement envoyés aux détaillants par avion sous 48 heures.  Cette méthode permettrait de garantir la plus grande fraîcheur.  En outre, comme des liens étroits pourraient être établis avec les agriculteurs en vue de leur fournir la technologie et le savoir‑faire nécessaires pour leur permettre d’améliorer leurs pratiques dans le domaine agricole, les fruits seraient d’excellente qualité.  Le fait d’envoyer par avion le produit final aux détaillants depuis le lieu de culture permettrait aussi d’éliminer les agents de maturation, les arômes artificiels, les produits chimiques et autres additifs qui sont généralement utilisés pour prolonger la durée de conservation des aliments.  Ainsi, le consommateur final disposerait en fait de produits frais qui se trouvaient encore dans les champs de l’agriculteur seulement deux jours auparavant.  L’idée du jeune entrepreneur présentait un contraste saisissant par rapport aux pratiques traditionnelles de production de fruits au Royaume‑Uni, où les matières premières supportaient un transport de plusieurs semaines avant d’être transformées dans le pays.

En plus de fournir aux consommateurs des produits à base de fruits parmi les plus frais, l’idée de M. Pile permettait aussi d’accroître autant que possible les avantages pour les agriculteurs locaux, installés pour bon nombre d’entre eux dans des pays en développement, en fournissant des emplois essentiels et en stimulant l’économie locale.  Souhaitant effectuer d’abord des recherches, M. Pile s’est rendu au Ghana pour tester la viabilité de son idée.  Comme il souhaitait apporter une contribution positive à une économie rurale dans le besoin, il a choisi la région de Nsawam en raison de sa proximité avec des producteurs de fruits et de son taux de chômage extrêmement élevé.  Construire une usine à cet endroit permettrait de créer des emplois essentiels et générerait de la demande concernant d’autres services dans la région.  Disposant d’un lieu et d’un plan d’entreprise, M. Pile a soumis son projet au comité directeur d’OHG.  Malheureusement, il n’a pas réussi à convaincre les responsables et a décidé de se lancer seul.  “Je n’étais pas un entrepreneur‑né”, a‑t‑il expliqué.  “J’ai saisi une opportunité qui se présentait.”

Ne pouvant pas obtenir de financement de la part de prêteurs traditionnels tels que les banques, M. Pile a dû se tourner vers ses amis, trouver des investisseurs privés, vendre ses biens et hypothéquer sa maison.  Avec l’aide de M. Seth K. Dei au Ghana et d’un autre partenaire, il a créé Blue Skies en 1998 et fait construire l’usine de l’entreprise à Nsawam.  Grâce à la collaboration mise en place avec des agriculteurs locaux, l’usine de Nsawam a rapidement pu fournir aux détaillants européens un volume constant de fruits tropicaux, notamment des ananas Sugarloaf (petit fruit de forme allongée à chair blanche), des papayes et des noix de coco.  En 2012, l’entreprise employait plus de 1500 personnes dans son usine de Nsawam et a étendu ses activités à des usines situées en Afrique du Sud, en Égypte et au Brésil.  Les usines situées ailleurs qu’au Ghana lui ont permis d’enrichir sa gamme de produits et de proposer des fruits d’arbres à feuilles caduques et des agrumes qui ne poussent pas au Ghana.  Elles ont aussi permis de renforcer l’approvisionnement de l’entreprise en fruits qui ne sont pas disponibles toute l’année au Ghana, comme la mangue qui est fournie par l’usine brésilienne de Blue Skies lorsque ce n’est pas la saison de ce fruit au Ghana.  Comme tous les produits de l’entreprise sont transformés à la source (c’est‑à‑dire dans le pays et la région où le fruit est récolté), des communautés locales comme celle de Nsawam – l’une des régions les plus pauvres du Ghana – ont très largement bénéficié de la présence de Blue Skies, et des produits de grande qualité sont fournis aux consommateurs.

Anthony Pile, fondateur de Blue Skies (photo : Blue Skies)

En plus de fournir aux consommateurs des produits à base de fruits parmi les plus frais, l’idée de M. Pile permettait aussi d’accroître autant que possible les avantages pour les agriculteurs locaux, installés pour bon nombre d’entre eux dans des pays en développement, en fournissant des emplois essentiels et en stimulant l’économie locale.  Souhaitant effectuer d’abord des recherches, M. Pile s’est rendu au Ghana pour tester la viabilité de son idée.  Comme il souhaitait apporter une contribution positive à une économie rurale dans le besoin, il a choisi la région de Nsawam en raison de sa proximité avec des producteurs de fruits et de son taux de chômage extrêmement élevé.  Construire une usine à cet endroit permettrait de créer des emplois essentiels et générerait de la demande concernant d’autres services dans la région.  Disposant d’un lieu et d’un plan d’entreprise, M. Pile a soumis son projet au comité directeur d’OHG.  Malheureusement, il n’a pas réussi à convaincre les responsables et a décidé de se lancer seul.  “Je n’étais pas un entrepreneur‑né”, a‑t‑il expliqué.  “J’ai saisi une opportunité qui se présentait.”

Ne pouvant pas obtenir de financement de la part de prêteurs traditionnels tels que les banques, M. Pile a dû se tourner vers ses amis, trouver des investisseurs privés, vendre ses biens et hypothéquer sa maison.  Avec l’aide de M. Seth K. Dei au Ghana et d’un autre partenaire, il a créé Blue Skies en 1998 et fait construire l’usine de l’entreprise à Nsawam.  Grâce à la collaboration mise en place avec des agriculteurs locaux, l’usine de Nsawam a rapidement pu fournir aux détaillants européens un volume constant de fruits tropicaux, notamment des ananas Sugarloaf (petit fruit de forme allongée à chair blanche), des papayes et des noix de coco.  En 2012, l’entreprise employait plus de 1500 personnes dans son usine de Nsawam et a étendu ses activités à des usines situées en Afrique du Sud, en Égypte et au Brésil.  Les usines situées ailleurs qu’au Ghana lui ont permis d’enrichir sa gamme de produits et de proposer des fruits d’arbres à feuilles caduques et des agrumes qui ne poussent pas au Ghana.  Elles ont aussi permis de renforcer l’approvisionnement de l’entreprise en fruits qui ne sont pas disponibles toute l’année au Ghana, comme la mangue qui est fournie par l’usine brésilienne de Blue Skies lorsque ce n’est pas la saison de ce fruit au Ghana.  Comme tous les produits de l’entreprise sont transformés à la source (c’est‑à‑dire dans le pays et la région où le fruit est récolté), des communautés locales comme celle de Nsawam – l’une des régions les plus pauvres du Ghana – ont très largement bénéficié de la présence de Blue Skies, et des produits de grande qualité sont fournis aux consommateurs.

L’entreprise accorde aussi de l’importance à la mise au point de nouveaux produits, une activité qu’elle juge importante pour maintenir sa croissance.  Déterminée à accroître la diversité de ses produits et à augmenter leur durée de conservation – sans porter atteinte à leur qualité – Blue Skies dispose dans toutes ses structures d’une équipe spécialisée dans la recherche‑développement qui est chargée de mettre au point de nouveaux produits en tenant compte en particulier de l’évolution du marché.  L’objectif prioritaire de l’entreprise dans ce domaine est de conserver son avance sur ses concurrents sur le plan de la qualité et de l’innovation tout en continuant d’ajouter de la valeur aux produits dans le pays d’origine et de respecter sa philosophie d’entreprise d’effort conjoint.

Une part tout aussi importante des activités de recherche‑développement de Blue Skies consiste à moderniser en permanence ses équipements de transformation.  En 2007, l’entreprise a créé, dans ses installations du Ghana, une nouvelle usine qui comprend des systèmes modernes de réfrigération et de communication de pointe, ainsi qu’un centre informatique doté d’ordinateurs connectés à l’Internet et des installations sportives pour le personnel.  Achevée en trois mois, la nouvelle usine peut fabriquer deux fois plus de produits et de jus à base de fruits frais que l’ancienne et elle offre au personnel la possibilité de suivre des formations et de pratiquer des activités de loisir (par exemple, elle leur propose des cours d’informatique et leur donne accès à un terrain de basket).  En outre, l’entreprise a mis en œuvre de nouvelles technologies complémentaires telles que le conditionnement biodégradable, l’énergie tirée de la biomasse et les combustibles à base de bioéthanol pour réduire la consommation d’énergie et respecter l’environnement autant que possible.  Toutes ces initiatives permettent de maintenir les pertes à un niveau minimal et de ne pas porter atteinte à la qualité et à la fraîcheur des produits.

Partenariats

Blue Skies ne signe pas de contrat formel avec ses agriculteurs.  En revanche, l’entreprise a noué des relations informelles étroites avec la communauté locale des exploitants agricoles, à qui elle achète directement ses fruits comme le ferait tout habitant de la région.  Elle travaille principalement avec de petits agriculteurs (appelés aussi petits exploitants agricoles) car elle considère qu’ils peuvent partager de façon plus égale les avantages tirés de leurs opérations avec les membres de la communauté sans devoir supporter les contraintes éventuelles d’un accord de partenariat juridique complexe.  Bien que Blue Skies n’ait pas conclu d’accord général sur les prix et les volumes pour l’année avec les agriculteurs, l’entreprise estime que, pour ses besoins, une relation informelle fondée sur la confiance et la transparence est plus avantageuse que des contrats formels.

Ce modèle s’est révélé bénéfique tant pour Blue Skies que pour ses fournisseurs, comme le prouve la création de la Blue Skies Organic Collective Association (BSOC), premier partenaire de coopération de l’entreprise.  Établie à Nsawam, la BSOC est une entité de collaboration entre Blue Skies et des agriculteurs locaux qui regroupait dès 2012 plus de 80 agriculteurs (dont quatre femmes) membres des quatre coopératives de village de la région.  Les agriculteurs de la BSOC fournissent à Blue Skies des ananas Sugarloaf, variété unique cultivée depuis des décennies par les agriculteurs locaux.  Un approvisionnement constant en ananas Sugerloaf de qualité est essentiel pour l’entreprise, car le goût sucré de ce fruit en fait un produit extrêmement demandé.

Le succès de Blue Skies repose sur des relations étroites avec les agriculteurs (photo : Blue Skies)

Lorsque Blue Skies a commencé à travailler au Ghana, en 1997, le réseau d’agriculteurs de l’entreprise souhaitait accéder aux marchés étrangers.  Cependant, ces exploitants n’avaient pas des méthodes de production et un équipement suffisants et ne disposaient pas d’un moyen de distribution efficace à l’étranger.  En outre, à l’époque, pour pouvoir pénétrer sur les marchés européens, il fallait avoir obtenu la certification EurepGAP, norme commune pour la gestion de ferme qui a été créée à la fin des années 90 par les principaux supermarchés européens et leurs fournisseurs.  L’objectif d’EurepGAP était de s’appuyer sur de bonnes pratiques agricoles convenues pour uniformiser les normes d’approvisionnement des différents détaillants, car la diversité des normes créait beaucoup de problèmes pour les agriculteurs, notamment dans la région de Nsawam.  Par exemple, avant l’entrée en vigueur de la certification EurepGAP, si des agriculteurs comme ceux de Nsawam avaient souhaité vendre leurs produits à des détaillants en Europe, ils auraient dû respecter de nombreuses normes différentes, ce qui constituait un obstacle important pour des agriculteurs ne disposant pas d’un équipement de pointe et de méthodes de transformation avancées.  EurepGAP a permis de disposer d’une norme commune que les agriculteurs de Nsawam souhaitaient respecter afin d’obtenir la certification et d’avoir accès aux grands supermarchés et fournisseurs européens.

La certification EurepGAP est devenue GLOBALG.A.P. en février 2009 et, en 2012, cette certification de ferme était la plus répandue dans le monde.  La norme GOBALG.A.P. est destinée à rassurer les consommateurs sur la manière dont les produits alimentaires sont fabriqués, en limitant l’impact négatif de la production agricole sur l’environnement et le recours aux produits chimiques et en imposant aux entreprises la prise en charge de la santé et de la sécurité des travailleurs et du bien‑être des animaux.  Avec l’aide de Blue Skies, les agriculteurs de la BSOC ont pu acquérir les systèmes et le savoir‑faire nécessaires pour respecter la norme GLOBALG.A.P.  Blue Skies a été la première société au monde à aider une coopérative d’agriculteurs à respecter cette norme et elle l’a aussi aidée à obtenir la certification en agriculture biologique de la Soil Association et de l’Organic Food Federation, ainsi que la certification Fairtrade (commerce équitable) de la Fairtrade Foundation.

Blue Skies a aussi apporté une aide à la BSOC au moyen de plusieurs programmes.  Sur le plan financier, l’entreprise a accordé des prêts aux agriculteurs pour leur permettre de développer leurs exploitations et de construire des routes desservant les fermes et les points de collecte des ananas.  Chaque jour, le véhicule de Blue Skies fait le tour de tous les points de collecte et emporte la récolte du jour, ce qui permet aux agriculteurs d’économiser beaucoup de temps et d’argent car ils n’ont pas à utiliser leurs propres ressources, qui sont limitées, pour transporter leurs fruits.  Sur le plan technique, Blue Skies dispense une formation continue sur G.A.P. (et plus particulièrement sur les mesures à prendre pour respecter la norme GLOBALG.A.P.) et prend aussi en charge les coûts de certification et d’audit connexes.  En outre, Blue Skies a aidé les agriculteurs de la BSOC à obtenir la prestigieuse certification Linking Environment and Farming (LEAF), qui aide les agriculteurs à produire avec soin des aliments en respectant des normes environnementales élevées.  Avec les certifications GLOBALG.A.P., Fairtrade et LEAF, non seulement les agriculteurs de la BSOC fabriquent des produits plus sains et de meilleure qualité, mais ils imposent aussi un prix plus élevé en magasin, ce qui garantit une rémunération équitable de leurs efforts.

Gestion de marques

Bien qu’étant une entité commerciale, Blue Skies ne considère pas le profit comme un objectif qui doit être atteint à tout prix.  Elle s’efforce donc de fournir des produits de qualité qui répondent à la demande des consommateurs tout en ayant un impact positif sur les personnes et l’environnement.  C’est ce que l’entreprise appelle le “commerce durable”.  Ce modèle fait partie intégrante de la stratégie de commercialisation de Blue Skies, dont l’image de marque universelle est celle d’une entreprise qui accorde de l’importance au partage des avantages perçus avec les communautés locales et à l’environnement tout en s’efforçant de fabriquer des produits de grande qualité.  Ce lien se construit grâce à la philosophie d’entreprise d’effort conjoint de Blue Skies et à des certifications comme Fairtrade, GLOBALG.A.P. et LEAF.  Les produits Blue Skies respectent aussi les normes du British Retail Consortium en matière de sécurité alimentaire ainsi que la norme International Food Standard.  En outre, comme l’entreprise ajoute de la valeur aux produits à la source au lieu de transporter tous les fruits vers l’Europe et d’autres marchés pour les transformer à destination, jusqu’à 70% de la valeur des produits reviennent aux pays d’origine.  Blue Skies fait en sorte que le nom de ses produits, ses slogans et son image de marque reflète cette méthode.  Grâce à ces efforts, l’entreprise a mis au point une marque solide qui la distingue de la concurrence. 

Un modèle de commerce durable qui a permis de créer des marques fortes (photo : Blue Skies)

Afin de créer un lien entre ses consommateurs et son image de marque, Blue Skies a largement recours à des noms de produits, des étiquettes et des slogans uniques.  Par exemple, pour accroître les ventes locales de 20% en cinq ans, en février 2012 l’entreprise a lancé de nouvelles étiquettes attrayantes pour ses jus fraîchement pressés afin de les différencier des nombreuses boissons importées sur le marché ghanéen.  Les étiquettes illustrent la méthode simple et naturelle de fabrication des jus Blue Skies avec des dessins très colorés qui détaillent tout le processus de production.  Elles constituent une aide visuelle expliquant le mode de fabrication des jus Blue Skies à partir de fruits qui sont cultivés dans les champs des agriculteurs puis broyés, pressés et mis en bouteille.  En outre, les étiquettes reflètent les valeurs fondamentales de la société, expriment la fierté que ressent l’entreprise à fabriquer ces produits au Ghana et permettent aux jus Blue Skies d’être en meilleure position pour affronter la concurrence des marques mondiales des entreprises multinationales.  Parallèlement à ces nouvelles étiquettes, l’entreprise a aussi introduit un nouveau slogan – “Réveillez vos origines ghanéennes” – qui met l’accent sur le lien existant entre les produits et le marché local et sur une composition naturelle et saine.  Les nouvelles étiquettes des jus de fruits Blue Skies sont bien accueillies par les consommateurs non seulement au Ghana mais aussi dans les marchés internationaux.  Avant d’être lancées officiellement, les étiquettes ont reçu un prix récompensant l’identité de marque lors des International Foods and Beverage Awards de 2011 à Londres (Royaume‑Uni).

Des initiatives comme les nouvelles étiquettes et ce nouveau slogan ne sont qu’un des moyens qui ont permis à Blue Skies de créer une marque solide.  Caretrace est un autre élément de la stratégie globale de l’entreprise en matière de gestion de marques.  Il s’agit d’un site Web qui permet d’accéder à l’historique des produits de l’entreprise.  Lancé en 2007, Caretrace a été spécialement conçu pour retrouver les produits Blue Skies fournis à Waitrose Limited (Waitrose), supermarché de premier plan au Royaume‑Uni.  Le site permet aux consommateurs de découvrir d’où viennent leurs produits et offre aux producteurs la possibilité de raconter leur histoire, deux éléments considérés par Blue Skies comme des droits fondamentaux dans la relation entre consommateurs et producteurs.  Avec Caretrace, Blue Skies raconte l’histoire de ses produits de manière à faire comprendre l’impact des produits sur l’environnement aux consommateurs.  L’entreprise leur permet ainsi de faire des achats éclairés, ce qui participe d’un mode de consommation consciente.

Marques, droit d’auteur et noms de domaine

Depuis sa création, Blue Skies déploie des efforts considérables pour fournir des produits de grande qualité aux consommateurs tout en protégeant ses agriculteurs, son personnel et l’environnement.  La protection de ses actifs de propriété intellectuelle est l’un des moyens les plus efficaces pour l’entreprise de continuer de remplir ces objectifs.  À cette fin, Blue Skies a enregistré sa propre marque et exploité les marques solides de ses partenaires en matière de certification.  Pour une petite entreprise comme Blue Skies, il est essentiel d’avoir un nom de marque reconnaissable.  Bien que le système de propriété intellectuelle soit toujours en cours de création au Ghana, l’entreprise a enregistré une marque communautaire dans l’Union européenne, auprès de l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (OHMI), pour son service innovant Caretrace.  Outre la marque de l’entreprise, les marques des partenaires de Blue Skies sont aussi importantes pour l’entreprise et ses agriculteurs car elles symbolisent la stratégie de l’entreprise en matière de gestion de marques.  Dans la mesure où les fournisseurs de Blue Skies – les agriculteurs locaux – ont obtenu les certifications GLOBALG.A.P., LEAF et Fairtrade, toutes ces marques de produits et de certification peuvent être apposées sur les produits de l’entreprise.  Ces marques populaires de renommée mondiale permettent de consolider le lien existant entre la stratégie de l’entreprise, qui consiste à ajouter de la valeur à la source, et ses produits, d’une part, et les consommateurs de l’entreprise, d’autre part, permettant ainsi de faire mieux connaître la marque Blue Skies et de renforcer son avantage concurrentiel.

Pour informer ses agriculteurs, ses partenaires et ses clients et être aussi transparente que possible, l’entreprise publie des documents protégés par le droit d’auteur.  Par exemple, les rapports annuels de Blue Skies (qui ont commencé à être publiés en 2009) font ressortir les efforts qu’elle déploie pour mener une activité de commerce durable grâce à sa philosophie d’entreprise d’effort conjoint.  Elle a aussi publié son code de pratique de la durabilité (Sustainability Code of Practice) et publie chaque mois le Pelican News (bulletin d’information de l’entreprise), deux publications qui sont disponibles sur son site Web et son blog.  S’adaptant au rythme rapide de l’ère numérique, Blue Skies utilise l’Internet pour diffuser rapidement et efficacement ses publications et d’autres informations concernant l’entreprise sur son site Web enregistré, blueskies.com.  En outre, elle détient le nom de domaine caretrace.com.  La combinaison de ces publications et de ces noms de domaine a permis à Blue Skies de se faire connaître de consommateurs établis dans le monde entier et de continuer de se forger une solide image de marque.

Commercialisation

Depuis le début, Blue Skies reste fidèle à sa méthode de commercialisation : ne sélectionner que les meilleurs fruits récoltés par des agriculteurs locaux, puis les transformer et les conditionner à la source, sans aucun additif, arôme artificiel ou conservateur.

L’entreprise produit et vend aussi des jus de fruits frais destinés au grand public (photo : Blue Skies).

Depuis le début, Blue Skies reste fidèle à sa méthode de commercialisation : ne sélectionner que les meilleurs fruits récoltés par des agriculteurs locaux, puis les transformer et les conditionner à la source, sans aucun additif, arôme artificiel ou conservateur.  Lorsque l’entreprise a ouvert sa première usine au Ghana, elle s’est concentrée sur la production de fruits préparés comme l’ananas Sugarloaf, la mangue, la papaye, la noix de coco, le melon et la grenade.  Lorsque le fruit arrive des exploitations, il est coupé, préparé et envoyé par avion vers sa destination, puis mis en rayon dans les 48 heures suivant la récolte.  Les fruits préparés de Blue Skies se vendent en Europe depuis 1998 et, au vu du succès rencontré par les opérations menées au Ghana, l’entreprise a ouvert des usines au Brésil, en Égypte et en Afrique du Sud pour compléter les activités de l’usine principale de Nsawam.  Les fruits préparés constituent l’essentiel du portefeuille d’activités de l’entreprise depuis sa création.

Gagnant en popularité, l’entreprise a commencé à diversifier sa gamme de produits pour proposer des jus composés à 100% de fruits fraîchement pressés, destinés aux marchés locaux et internationaux.  Elle a ouvert une nouvelle usine de production de jus de fruits près de son usine de fruits préparés de Nsawam, au Ghana.  Comme pour les fruits préparés, les jus de fruits ne contiennent pas de colorant artificiel, d’additif ou de conservateur.  En outre, les jus sont réalisés et conditionnés sur le lieu d’approvisionnement de la matière première, puis envoyés par avion à travers l’Europe et l’Afrique.  En 2012, l’entreprise fournissait ses fruits coupés et ses jus de fruits certifiés Fairtrade, GLOBALG.A.P. et LEAF à 17 grands supermarchés (par exemple, Waitrose et Marks and Spencers au Royaume‑Uni et Albert Heijn aux Pays‑Bas) de sept pays à travers l’Europe.

Au cours des prochaines années, l’entreprise prévoit d’étendre ses activités commerciales au Brésil pour se lancer à la conquête des marchés nord‑américain et européen.  Blue Skies vend aussi ses produits au niveau local, dans leur pays d’origine et, en 2012, ses jus de fruits étaient particulièrement appréciés au Ghana et en Afrique du Sud.  Par ailleurs, la stratégie de commercialisation de l’entreprise a été reconnue comme un modèle pour les pays en développement.  L’usine de Blue Skies au Ghana, par exemple, reçoit régulièrement des délégations d’organismes du secteur du développement, qui travaillent dans tous les pays d’Afrique et viennent voir fonctionner le modèle de commerce durable de l’entreprise.

Santé publique et environnement

S’étant toujours préoccupée du bien‑être de la communauté locale, Blue Skies a associé son savoir‑faire et sa présence régionale au soutien financier de ses deux plus grands partenaires – Waitrose et Albert Heijn – pour créer la Fondation Blue Skies (ci‑après dénommée la “fondation”) en juillet 2009.  La fondation (immatriculée comme organisation à but non lucratif au Ghana) a pour objectif de donner aux salariés de Blue Skies, aux petits exploitants qui lui fournissent la matière première et aux communautés dans lesquelles ils vivent, la possibilité de devenir autonomes et d’améliorer leurs conditions de vie, en finançant divers projets dans le domaine social, culturel, éducatif et sanitaire.  Toutes les initiatives en matière de développement lancées par la fondation sont définies par les populations et les communautés là où Blue Skies et ses salariés, ses agriculteurs et leurs familles vivent et travaillent.  Cette méthode permet de garantir aux bénéficiaires que les projets de développement dont ils ont le plus besoin seront mis en œuvre à leur intention.

Projet de latrines améliorées à fosse ventilée d’Akraman (photo : Blue Skies)

La fondation est récente mais elle a déjà investi plus de 200 000 livres sterling dans plusieurs projets de développement qui ont porté leurs fruits.  Rien qu’entre 2009 et 2011, elle a rempli son objectif de mener à bien six projets (y compris la mise en place de nouveaux systèmes sanitaires), qui ont tous eu un impact durable sur les salariés de Blue Skies et leurs communautés.  Dans de nombreuses régions rurales du Ghana, les toilettes sont un luxe dans les maisons privées et les toilettes publiques sont rares.  Cela peut favoriser une propagation rapide des maladies et entraîner de graves complications en matière de santé.  Par exemple, dans les villages d’Atakrom et d’Amanfrom, à l’est du pays, 2000 personnes étaient privées d’installations sanitaires publiques ou privées.  Cela a entraîné un certain nombre de décès dus au choléra au cours des dernières années et, comme six agriculteurs de Blue Skies vivaient dans cette région, l’entreprise a estimé qu’elle constituait un lieu idéal pour lancer les projets de la fondation.

Le premier projet consistait à construire des installations sanitaires composées de latrines améliorées à fosse ventilée de Kumasi, latrines à fosse couramment utilisées au Ghana qui permettent de récolter de l’eau de pluie pour le lavage des mains, dans la région centrale d’Atakrom‑Amanfrom.  Les installations de latrines améliorées à fosse ventilée sont conçues pour limiter les odeurs et les insectes et être faciles à entretenir afin de réduire la prévalence des maladies.  Officiellement ouvertes en octobre 2009, les nouvelles installations de 12 places ont rencontré un grand succès parmi la communauté locale.  Depuis leur construction, aucun nouveau cas de choléra n’a été signalé dans la région.  Consciente de l’importance des installations sanitaires publiques, la fondation a lancé deux autres projets similaires en 2012, à savoir la construction d’installations sanitaires publiques de 20 places pour la ville de Nsawam et des latrines améliorées à fosse ventilée de Kumasi de 10 places pour la région voisine d’Akotuakrom.

La fondation s’est aussi rendu compte de l’importance d’un accès à des infrastructures scolaires de qualité qui manquent dans de nombreuses communautés avec lesquelles Blue Skies collabore.  Les enfants étaient généralement scolarisés dans des écoles délabrées ou suivaient simplement leurs cours dehors, sous des arbres, à la merci des éléments et sans bureaux, tableaux noirs ni installations sanitaires.  Pour changer cela, entre 2010 et 2011 la fondation a construit une école primaire de six classes pour 120 élèves à Akraman (Ghana) qui comprenait un bureau, une salle commune pour le personnel et des sanitaires.  Elle a aussi remis en état le jardin d’enfants de Sekykrom près de Nsawam : elle a ajouté des portes et des fenêtres, effectué des réparations sur la structure, mis en place des installations sanitaires et repeint le bâtiment.

Tandis que la fondation s’est fixé des objectifs spécifiques en matière de santé publique et d’éducation dans le cadre de ses projets de développement, l’entreprise est aussi fière de ses autres initiatives dans le domaine de la responsabilité sociale.  En 2008, Blue Skies a tiré parti de sa vaste expérience en logistique des transports aériens et s’est associée avec British Airways pour transporter 2000 ballons de football offerts par la Ligue des champions à la Whizzkids United (WU), organisation non gouvernementale (ONG) qui gère un programme d’éducation des jeunes à la question du VIH dans le nord du Ghana.  WU est un programme géré par Africaid (ONG ayant son siège aux États‑Unis d’Amérique) qui utilise le football comme activité de loisir et moyen éducatif pour mettre en œuvre dans toute l’Afrique des programmes de prévention, de soin et de traitement du VIH et d’aide aux jeunes.

En 2012, l’entreprise a aussi construit sa première installation de biogaz dans son usine du Ghana.  Cette installation récupère les déchets de l’usine et des communautés environnantes et les transforme en énergie.  Non seulement, cela aidera l’entreprise à réduire ses coûts d’énergie, mais cela améliorera aussi son système de gestion des déchets grâce à la fabrication de compost qui pourra être utilisé par les agriculteurs locaux.  En outre, cela permettra de gérer les déchets de façon satisfaisante dans les communautés environnantes et l’entreprise espère qu’ainsi, le nombre de maladies dues à la présence de déchets diminuera encore.  Une fois achevée la construction de la première installation de biogaz, à la fin de 2012, l’entreprise prévoit de mettre en place des installations similaires dans toutes ses usines au cours des 10 prochaines années.

Partout où elle est implantée, Blue Skies s’efforce de mettre œuvre un programme destiné à aider ses salariés, leurs familles et leurs communautés à surmonter de graves problèmes de santé et de sécurité.  Tous les salariés suivent des cours de formation financés par l’entreprise sur le VIH, le paludisme, les mesures d’hygiène personnelle et environnementale et les hépatites.  En outre, Blue Skies applique ce qu’elle appelle un “système de travail sécurisé” qui permet d’effectuer une rotation du personnel, si nécessaire, et de dispenser une formation adaptée en matière de sécurité, portant sur la manipulation des équipements de l’usine.  Des contrôles sanitaires périodiques et un traitement médical gratuit, si nécessaire, sont aussi proposés à l’ensemble du personnel, de même que des moyens de contraception gratuits et des moustiquaires.  Grâce à toutes ces initiatives et à celles qui sont mises en œuvre par la fondation, Blue Skies a produit un impact positif durable sur la santé et l’éducation de ses salariés et de leurs communautés et sur l’environnement local.

École construite avec l’aide de la Fondation Blue Skies à Abortia (Ghana) (photo : Blue Skies)

Résultats commerciaux

Les stratégies en matière de gestion de marques de Blue Skies et les initiatives publiques mises en œuvre ont permis à l’entreprise et aux communautés locales de connaître un grand succès financier et d’être largement reconnues.  En 2010, l’entreprise a perçu 15,4 millions de livres sterling provenant des ventes réalisées dans le cadre de ses activités au Ghana, plus 5,4 millions, 3,5 millions et 1,4 million de livres sterling provenant respectivement d’Afrique du Sud, d’Égypte et du Brésil.  Depuis 2012, Blue Skies représente plus de 25% des exportations d’ananas du Ghana et 1% du volume total des exportations nationales.  Elle est aussi la seule entreprise du pays à compter plus de 2000 salariés dans le monde et son succès lui a permis d’offrir parmi les plus hauts salaires aux communautés locales de la région.  En sus des nombreuses usines de l’entreprise (y compris les installations du Royaume‑Uni qui sont utilisées pour conserver un volume temporaire de produits en vue de parer à une interruption éventuelle du fret aérien), les réalisations de Blue Skies ont été reconnues lorsque l’entreprise a reçu le prix du développement durable des Queen’s Awards for Enterprise en 2008 et en 2011, l’un des prix les plus prestigieux du Royaume‑Uni, récompensant la réussite commerciale.  En outre, elle a reçu en avril 2012 le prix Waitrose Way Supplier Award, qui récompense les fournisseurs respectant la philosophie et les principes de Waitrose dans leur chaîne d’approvisionnement.

Du ciel ghanéen au vôtre

Quand M. Pile a commencé à mettre en œuvre son idée avec Blue Skies, rares étaient ses anciens collègues qui pensaient qu’il réussirait.  Cependant, il avait remarqué qu’il existait en Europe une demande pour des fruits plus frais et meilleurs pour la santé et, avec de la créativité, des partenariats judicieux et un nom de marque solide, l’entrepreneur a fait de Blue Skies une entreprise unique en son genre.  Reposant sur un système de transport par fret aérien, l’entreprise fournit des produits à base de fruits parmi les plus frais existants, avec un délai maximum de 48 heures entre le champ de l’agriculteur et les rayons des magasins.  Fière de venir du Ghana, Blue Skies continue de tracer la voie du commerce durable, tout en apportant des avantages aux agriculteurs locaux, à leurs communautés et aux consommateurs du monde entier qui recherchent des fruits frais, biologiques et produits de manière durable.