Se situer au dessus de la mêlée en créant une marque mondiale

  • Nom: Yeigo Communications Proprietary Limited
  • Pays / Territoire: Afrique du Sud
  • Droit(s) de P.I.: Droits d'auteur et droits connexes, Marques
  • Date de publication: 23 juillet 2012
  • Dernière mise à jour: 25 septembre 2015

Généralités


Mme Rabana (à l’extrême droite) et M. Matshoba (absent de la photo) font partie de ces quelques chefs d’entreprise élus "Global Shaper" à la Réunion annuelle 2012 du Forum économique mondial (photo : YEIGO).

La République sud‑africaine (ci‑après dénommée “Afrique du Sud”) est devenue, au XXIe siècle, l’un des phares du secteur des techniques de télécommunication moderne, tous pays à marché émergent confondus. À cet égard, YEIGO Communications Proprietary Limited (ci‑après dénommée “YEIGO”), entreprise d’élaboration de logiciels de communication novateurs ayant son siège au Cap (Afrique du Sud), fait partie des fleurons du pays.

Créés en 2005 par des universitaires animés de l’esprit d’entreprise, les produits de YEIGO permettent, gratuitement, de téléphoner, d’envoyer des messages électroniques et de communiquer par texto avec d’autres utilisateurs par l’intermédiaire de l’Internet. Cette petite et moyenne entreprise (PME) est, dans son secteur, à l’avant‑garde du monde (et la première en Afrique du Sud), offrant des services de téléphonie mobile gratuits par l’intermédiaire de Voice over Internet Protocol (VoIP), ensemble d’instruments de communication disponibles sur Online.

Très rapidement après sa création, YEIGO renforçait la présence de sa marque et développait son éventail de produits et ses services, contribuant, par ricochet à moderniser l’industrie nationale des télécommunications et à donner aux jeunes l’envie de devenir chef d’entreprise. C’est ainsi que les clients de YEIGO bénéficiaient d’instruments de communication modernes tandis que la compétitivité du pays au niveau international et les services nationaux étaient améliorés.

Recherche‑développement

YEIGO, qui signifie en navajo “avec esprit”, a été cofondée par Rapelang Rabana, Wilter du Toit et Lungisa Matshoba (ci‑après dénommés les “fondateurs”) très rapidement après que ceux‑ci ont obtenu leur licence à l’University of Cape Town (UCT).

Alors qu’ils étaient étudiants et ne disposaient donc que de maigres ressources financières, ces jeunes gens avaient constaté qu’il était extrêmement difficile et onéreux de téléphoner en utilisant les réseaux téléphoniques en place (obsolètes sur le plan technique) et les tarifs alors en vigueur (élevés). Confrontés à la nécessité et à la possibilité de mettre au point des logiciels de téléphonie plus efficaces et moins onéreux, reposant sur l’utilisation de l’Internet, les fondateurs de YEIGO décidèrent d’associer leurs aspirations en matière d’entreprenariat à leur souhait de régler un problème fréquent mais néanmoins urgent.

En sa qualité de cofondatrice de la PME, Mme Rabana a expliqué que “les idées les plus puissantes émanent de la façon dont vous réglez vos propres problèmes (en l’occurrence, des systèmes téléphoniques onéreux et inefficaces). Et c’est ainsi que vous êtes en mesure de faire vivre une entreprise parce que vous réglez un problème qui est réel pour vous; et il y a de fortes chances pour que, ce qui est réel pour vous, le soit pour de nombreuses autres personnes dans le monde”.


Lancé en 2007, YEIGO 2.1 a été le premier logiciel VoIP de l’entreprise à être mis sur le marché sud‑africain des télécommunications (photo : YEIGO).

Les débuts des jeunes chefs d’entreprise ont été placés sous le signe de l’incertitude et du risque. Parmi les premiers défis auxquels ils ont été confrontés, on peut citer les coûts de lancement (p. ex. : accès fréquent à l’Internet) et le manque de capitaux. Les fondateurs de YEIGO étaient aussi préoccupés par la question des investissements futurs éventuels : nécessité de développer l’entreprise, possibilité d’externaliser des compétences clés, etc. Ils étaient toutefois d’avis qu’il était important de maintenir les coûts à un faible niveau en faisant preuve, pour ce faire, de créativité et d’indépendance. Ils avaient aussi prévu d’obtenir des fonds et d’éviter toutes dépenses futures inutiles à ce stade de développement de l’entreprise.

Pour faire avancer les choses, les fondateurs de YEIGO comptaient sur leur talent (ils avaient une licence en informatique et gestion), leur motivation et leur sens de la solidarité. Ainsi que l’a fait remarquer Mme Rabana, “[…] si vous n’avez pas les talents indispensables [parmi vos associés] au démarrage d’une entreprise sans recourir dès le premier jour à ceux des autres, cela signifie que vous n’avez probablement pas choisi les bons associés ou que vous n’avez pas les bons talents; il ne vous reste donc plus qu’à régler l’un ou l’autre problème”.

Parce qu’ils étaient très motivés, qu’ils disposaient d’une structure dense et d’un ensemble de talents complémentaires, les fondateurs purent rapidement mettre en avant leur sens marqué de l’engagement, de l’indépendance et de la confiance mutuelle. Ainsi, ils réalisèrent eux‑mêmes les travaux de recherche‑développement qui devaient aboutir aux prototypes initiaux VoIP sans aide extérieure et gérèrent eux‑mêmes d’autres aspects de l’entreprise.

En sus de la création de la structure fondamentale de R‑D de YEIGO (notamment, achat d’ordinateurs peu coûteux et mise en place d’un système d’accès fréquent à l’Internet pour les premières études de marché), les jeunes diplômés conçurent un plan de développement, prirent contact avec des investisseurs et mirent en œuvre des procédures de gestion des bureaux et des projets. Croulant dès le départ sous les problèmes mais encouragés par leur sens aigu de la vocation et de la compatibilité mutuelle, ils réussirent à mettre au point leur premier prototype de logiciel six mois après avoir commencé leurs travaux de R‑D.

Selon Mme Rabana, “l’une des plus grandes erreurs, lorsque l’on monte sa propre entreprise, est de chercher avant tout à se procurer des fonds. En réalité, il ne faut pas accepter d’argent tant que vous n’en avez pas absolument besoin, autrement dit pas avant une année de dur labeur”.

Avec pour seul argument un prototype, les fondateurs de YEIGO réussirent, en 2006, à décrocher des capitaux d’investissement providentiels auprès d’un groupe de trois capital‑risqueurs privés (investisseurs officieux). Après la mise au point du prototype et l’obtention des fonds indispensables, l’entreprise était en mesure, début 2007, de mettre sur le marché son premier produit VoIP. Parmi les nombreuses caractéristiques du logiciel YEIGO, on peut citer ses applications téléphoniques mobiles, sa messagerie instantanée (permettant de communiquer en temps réel) et son service d’envoi de messages courts ((SMS).

En outre, le logiciel de télécommunication de YEIGO, au lieu d’utiliser les réseaux d’audiomessagerie traditionnels, oriente les messages vocaux ou textuels de l’utilisateur au moyen de l’Internet. L’utilisateur YEIGO peut donc bénéficier de communications vocales, de messages instantanés ou de SMS gratuits; les seuls frais qu’il est tenu de payer sont, au tout début, l’accès à l’Internet.

Le client peut effectuer des téléchargements (par l’intermédiaire du SMS) et utiliser le logiciel de l’entreprise sur plusieurs plates‑formes (mis à part les téléphones portables), dont les ordinateurs de bureau et les ordinateurs portatifs. Si les abonnés YEIGO peuvent s’appeler les uns les autres gratuitement, ils ont des frais à payer lorsqu’ils appellent des utilisateurs de réseaux appartenant à d’autres opérateurs, ce qui garantit à l’entreprise d’obtenir des revenus.

La demande pour ses logiciels ayant augmenté, l’entreprise a pu recruter du personnel. Toutefois, les fondateurs ont à cœur de limiter la taille de l’entreprise ainsi que sa rapidité de développement afin de garantir efficacité et normes de qualité à la fois pour les produits et le personnel. Quand l’entreprise YEIGO s’est développée, elle l’a fait uniquement pour améliorer ses capacités d’approvisionnement de ses clients.

En outre, au lieu de payer ses employés conformément aux taux du marché (qui peuvent être excessivement élevés, notamment pour une jeune entreprise innovante), la PME a mis en place un système de gratifications. Conformément à ce système, les employés dévoués reçoivent des options de souscription d’actions de l’entreprise et ont donc leur mot à dire dans les orientations et projets de YEIGO. Depuis 2012, neuf employés travaillent au siège de l’entreprise, au Cap.

Partenariat et financement


La collaboration novatrice de YEIGO avec Telfree a été mutuellement bénéfique : l’entreprise suisse a pu entrer dans le monde des télécommunications VoIP et la PME, dans celui des réseaux de télécommunication de l’Afrique du Sud (photo : YEIGO).

Les fondateurs de YEIGO ont à cœur de conclure des collaborations stratégiques avec des partenaires clés afin d’obtenir des fonds, de mieux connaître leur secteur d’activité et de définir de nouvelles possibilités d’expansion. Ainsi, lorsque les premiers prototypes ont été prêts, ils ont pris contact avec des prêteurs traditionnels tels que des banques, des capital‑risqueurs et des organes gouvernementaux.

Mais, parce que, dans les années 2000, il n’existait pas de véritable communauté de capital‑risqueurs en Afrique du Sud et que YEIGO était une entreprise sans revenus réels, les fondateurs n’ont pas réussi à obtenir une aide quelconque de la part des prêteurs traditionnels. “Obtenir des fonds a été l’une des premières grandes difficultés à laquelle nous avons achoppé”, a déclaré Mme Rabana. “Tant que vous n’avez pas rencontré les bonnes personnes, il est incroyablement difficile d’obtenir un capital‑risque en Afrique du Sud, et cela est particulièrement vrai dans le domaine technique où les risques sont élevés.” En outre, à l’époque, les taux du capital‑risque pour les jeunes entreprises innovantes du secteur national des télécommunications étaient très dissuasifs.

Forcés de s’adapter à un environnement économique et infrastructurel national peu amène (la technique VoIP était interdite jusqu’en 2005), les fondateurs n’eurent pas d’autre choix que de travailler chez eux avec un budget très serré. Les membres de leur famille assumèrent leurs dépenses quotidiennes. De temps à autre, les fondateurs consultaient des mentors, tels que d’anciens professeurs de l’UCT, pour avoir des avis stratégiques. Par la suite, ils s’adressèrent à des conseillers en affaires professionnels pour toute collaboration, inspiration et orientation.

YEIGO a travaillé en collaboration avec plusieurs membres du secteur privé, dont BandwithBarn (BwB), organisme à but non lucratif (OBNL) ayant son siège au Cap, qui soutient de jeunes pousses sud‑africaines présentes dans le secteur informatique. Grâce à son large éventail de services informatiques (dont un accès à grande vitesse à l’Internet peu coûteux et des locaux à usage de bureau à faible loyer), BwB constituait un partenaire tout désigné pour la PME. À cela s’ajoutait le fait qu’elle comptait parmi ses clients de très nombreuses entreprises informatiques, ce qui leur a permis de constituer l’une des communautés informatiques animées de l’esprit d’entreprise les plus influentes du pays.

En tant que membres du réseau commercial de BwB, les fondateurs de YEIGO purent recruter d’autres professionnels du secteur et, par conséquent, bénéficier d’un échange d’idées avec des homologues aux vues similaires. Ce dialogue constructif, très spontané, avec des membres de BwB permit aux fondateurs de comprendre qu’il était important de développer YEIGO au‑delà de l’idée à l’origine de sa création. Ils comprirent que, parce qu’ils étaient inexpérimentés, ils devaient, par exemple, développer leur savoir‑faire, faire preuve de créativité pour réussir à différencier leurs services de ceux des concurrents ainsi que nouer des liens étroits avec des protagonistes de leur branche d’activité.

Par ailleurs, en 2007, les fondateurs de YEIGO furent tous élus “High-Impact Entrepreneurs” par Endeavor, OBNL repérant et mettant en valeur les précurseurs originaires de pays à marché émergent. Les stratégies commerciales des jeunes chefs d’entreprise bénéficièrent du système de mentorat de l’OBNL, qui comprend un vaste réseau de conseillers, de consultants et d’investisseurs.

Parce qu’elle a su s’associer à une communauté d’experts locaux et internationaux, YEIGO a réussi à mettre au point son profil d’entreprise, à multiplier ses contacts dans son secteur d’activité et à asseoir sa renommée en tant qu’entreprise d’excellence. Par la suite, elle a fait jouer un profil rehaussé pour conclure de nouvelles alliances commerciales.

Son partenariat avec Telfree, entreprise de télécommunication internationale ayant son siège en Confédération suisse (ci‑après dénommée “Suisse”), est probablement l’un des plus importants pour YEIGO. Depuis la libéralisation de l’économie de l’Afrique du Sud, Telfree est solidement implantée dans le secteur national des télécommunications, surtout en ce qui concerne les réseaux nationaux de téléphonie fixe. Mais l’entreprise suisse souhaitait être à la pointe de la technologie fondée sur l’Internet en Afrique du Sud. De son côté, YEIGO était à la recherche d’un partenaire solidement implanté dans le secteur des télécommunications, avec des contacts locaux, pour pouvoir diffuser son logiciel novateur.

En 2008, Telfree est devenue l’actionnaire principal de YEIGO (avec 51% du capital) selon un accord autorisant la jeune entreprise innovante à fournir sa technique VoIP à l’entreprise suisse dans le cadre d’une collaboration durable répondant aux attentes immédiates des deux entreprises. Après avoir rapidement établi de bonnes relations de travail, YEIGO et Telfree sont parvenus à conclure un accord de répartition qui aboutit à la pleine intégration de la technique et des services VoIP mis au point par la PME dans les réseaux et la stratégie commerciale de l’entreprise suisse.

“Je pense que nous avons pu entretenir jusqu’à présent [2011] de bonnes relations avec Telfree parce que nous avons d’abord eu une relation client‑fournisseur avant d’avoir une relation de prise de participation. Nous avons donc pu évaluer pleinement leurs systèmes et ils ont pu évaluer les nôtres. Le succès remporté par les produits que nous avons mis au point ensemble est la preuve que nous avons eu raison”, a déclaré Mme Rabana.

L’image de marque et le logiciel de YEIGO devenant de plus en plus synonymes, au niveau international, de qualité, l’entreprise, en collaboration avec Telfree, conclut d’autres partenariats avec des investisseurs et des entreprises de télécommunication de pointe, au nombre desquels MTN Group Limited (MTN), dont le siège est à Johannesburg, et Vodafone Group Plc, dont le siège est à Londres (Royaume‑Uni).

Gestion de marques et commercialisation

Après la libéralisation du secteur national des télécommunications, l’entreprise mit au point des marques pour ses logiciels VoIP (p. ex. : YEIGO Lite, mise sur le marché en 2007) destinés à des téléphones portables car la majorité de ses clients potentiels accédaient à l’Internet par l’intermédiaire de ces plates‑formes (beaucoup moins de Sud‑africains utilisaient des ordinateurs individuels ou de bureau pour accéder à l’Internet, selon Mobile Monday™, (2011)).

La marque YEIGO Lite, par exemple, est une marque révolutionnaire : arrivée à point nommé, elle est facile à utiliser (il suffit d’ouvrir un compte Online auprès de l’entreprise, de télécharger son logiciel et de suivre les instructions, simples, pour l’installation), comporte plusieurs fonctions novatrices dont “Holler” (permettant à l’utilisateur de demander à un autre utilisateur de se manifester en ligne grâce à un SMS) et “Call Back” (fonction permettant au serveur YEIGO de connecter les utilisateurs ayant envoyé et reçu un message “Holler”).


La marque et le logo YEIGO sont rapidement devenus synonymes, au niveau international, d’innovation et de qualité (photo : YEIGO).

YEIGO ne se contente pas de travailler en collaboration avec des partenaires réputés du monde informatique à la définition de nouvelles possibilités de développement et de commercialisation. Elle met aussi au point des produits et des marques de qualité, à un coût raisonnable et faciles d’utilisation, s’inspirant des tendances les plus récentes du secteur des télécommunications. Ainsi, l’entreprise a réussi à attirer de nouveaux clients et à s’attacher de nouveaux consommateurs.

Plus précisément, YEIGO Lite est prise en charge par les téléphones polyvalents de la plate‑forme JAVA (ce qui peut être moins coûteux que les ordiphones), permettant ainsi à l’entreprise de ne plus se borner aux ordiphones. Ainsi que l’a déclaré Mme Rabana, “avant le changement de réglementation, nous n’avions qu’à canaliser nos efforts vers un marché plus petit [téléphones portables] et à faire la différence par la qualité, la transparence et le caractère pratique de nos services”.

Une fois le secteur national des télécommunications libéralisé, l’entreprise a été en mesure d’exploiter bon nombre des nouvelles plates‑formes devenues ainsi utilisables. La marque YEIGO 2.1(Y2.1), par exemple, a permis aux utilisateurs de tirer parti des développements récents de cette branche, au nombre desquels l’apparition des points d’accès sans fil à l’Internet (plus connus sous l’acronyme “ Wi-FiTM ”), l’accès à l’Internet par l’intermédiaire de réseaux de données appartenant à des opérateurs téléphoniques et les techniques de télécommunication de troisième génération, vaste famille d’instruments de communication à vitesse rapide sans fil.

Grâce à Y2.1, les utilisateurs de YEIGO ont à leur disposition un instrument de pointe leur permettant de téléphoner n’importe où dans le monde depuis un téléphone sans fil. En outre, le logiciel comporte plusieurs fonctions novatrices, dont des fonctions de communication plein écran et un “tab chat” (communication simultanée entre de multiples utilisateurs).

Étant donné que le nouveau logiciel utilise une largeur de bande minimale (taux de transfert numérique), les utilisateurs bénéficient d’un produit à prix concurrentiel, efficace et adaptable. Grâce à la forte compétitivité de l’entreprise, les utilisateurs ont pu économiser jusqu’à 80% sur tous leurs appels et 90% sur les frais de textos envoyés vers n’importe quel téléphone dans le monde.

En sus de ses stratégies de fixation de prix concurrentiels et de ses marques, l’entreprise s’efforce d’élargir sa clientèle en ajoutant aux particuliers des entreprises (dont des entreprises étrangères au secteur des télécommunications). Et parce que ces entreprises ont des besoins et des demandes en constante évolution – notamment des instruments de communication mobiles internationaux simplifiés et souples (par exemple : services de conférence vidéomobiles à utilisateurs multiples) –, la PME a pris la décision stratégique de chercher à atteindre cette importante clientèle.

Les instruments de téléphonie adaptables sont devenus des éléments essentiels du commerce mondial et de la concurrence internationale pour de nombreux organismes, entreprises et pays. Ainsi que le directeur général du département en charge de la convergence fixe‑mobile de MTN Business l’a relevé, “[…] l’évolution technique ayant fait le plus sentir ses effets sur le secteur des télécommunications [en Afrique du Sud] est la [technique mobile sans fil], qui donne aux entreprises et aux utilisateurs la possibilité de choisir de travailler depuis n’importe où, à n’importe quel moment, sur n’importe quel support, en utilisant n’importe quel instrument, et d’interagir”.

Après avoir analysé les besoins uniques de cette importante clientèle, YEIGO a pris des dispositions pour répondre à ses attentes, notamment en travaillant sur la compatibilité des produits de l’entreprise avec toute une variété de plates‑formes sur le marché. Les techniques de la PME sont compatibles avec certains systèmes VoIP et messagerie de pointe du monde entier, comme GoogleTalk (mis à disposition par Google Inc.), Microsoft Network (mis à disposition par Microsoft Corporation) et AOL Instant Messenger (mis à disposition par America Online Inc).

En divulguant des marques de qualité, en exploitant les derniers progrès techniques et en étoffant sa gamme de produits et ses services, l’entreprise a élargi sa stratégie de commercialisation et, par conséquent, a séduit de nouveaux clients, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises. Parallèlement, YEIGO a fixé de nouvelles normes pour le secteur national des télécommunications, et a mis à la portée aussi bien des entreprises que du grand public des instruments de communication mondiaux adaptables, à moindre coût.

Marques, noms de domaine et droit d’auteur


Le "réceptionniste virtuel" d’Office Connection est juste l’une des nombreuses fonctions du logiciel permettant aux utilisateurs de jongler entre appels internes et appels externes, SMS, télécopies et facturation en temps réel, tous selon le mode "infonuagique" (photo : YEIGO).

Dès le début, les fondateurs de YEIGO étaient conscients de l’importance des droits de propriété intellectuelle pour assurer la protection de l’image de marque de leur entreprise et pour obtenir de nouveaux investissements et conclure de nouveaux partenariats.

Lorsque les fondateurs partirent en quête d’investisseurs à l’étranger, par exemple, ils se heurtèrent au problème du transfert des actifs de propriété intellectuelle de l’entreprise d’un pays à l’autre. Décidés à développer l’entreprise en Afrique du Sud mais ayant compris qu’ils

avaient tout intérêt à opter pour des possibilités d’investissement locales, les fondateurs de YEIGO firent finalement fond sur la survaleur associée aux actifs de propriété intellectuelle de l’entreprise pour attirer des investisseurs et des partenaires nationaux et internationaux.

Ces collaborations ont été d’autant plus faciles que l’entreprise a protégé son image de marque en faisant enregistrer YEIGO Communications (en 2006) en tant que marque par l’intermédiaire de l’office national de propriété intellectuelle, à savoir la Companies and Intellectual Property Commission (CIPC).

Après avoir fait protéger le nom commercial de l’entreprise sur le marché local et ayant l’intention de renforcer sa présence en Union européenne, les fondateurs firent enregistrer la marque YEIGO (en 2007) auprès de l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur.

De plus, YEIGO est protégée (depuis 2008) sur l’un des marchés informatiques les plus lucratifs, à savoir celui des États‑Unis d’Amérique, grâce à un enregistrement auprès de l’Office des brevets et des marques des États‑Unis d’Amérique (USPTO).

La PME a conservé tous ses droits d’auteur sur ses produits, slogans et marques, et détient un nom de domaine de l’Internet (www.yeigo.com) afin de conserver intactes ses possibilités de développement. Son solide portefeuille de propriété intellectuelle lui a permis de décrocher des contrats commerciaux et des partenariats dans le monde entier.

Concession de licences d’exploitation

Après être devenu actionnaire majoritaire de YEIGO, Telfree a conclu un accord de licences de distribution et de commercialisation des produits et des services de l’entreprise sous la marque Telfree. En 2010, YEIGO et Telfree ont mis sur le marché leur premier produit commun –Telfree Mobile, première plate‑forme de télécommunication uniformisée au monde, permettant, avec un seul appareil, de téléphoner, d’envoyer et de recevoir des SMS, de solliciter des courriels et d’utiliser des multiplateformes de gestion de l’information.

Un des principaux avantages du logiciel : les frais fixes. Grâce à cette innovation en matière de prix, les utilisateurs peuvent faire des appels internationaux (ou envoyer des SMS) à un prix aussi bas que celui des appels locaux ou nationaux (ou des textos). Le logiciel a par la suite été rendu compatible avec des plates‑formes de communication mobiles éprouvées, telles que Apple iPhone, Apple iPod Touch, Nokia et Windows Phone.

En 2012, la situation était la suivante : Telfree était en charge de la commercialisation ou des relations avec la clientèle de YEIGO et la PME avait conservé la responsabilité de l’élaboration des nouveaux produits, Mme Rabana occupant le poste de chef de la R‑D au sein de l’entreprise suisse.

Santé publique

Depuis l’apparition de l’Internet, il existe une disparité, connue sous le nom de fracture numérique mondiale, entre les régions qui peuvent accéder rapidement à la technologie et celles pour qui c’est impossible. En Afrique, par exemple, en 2004, seules trois personnes sur 100 (contre une sur deux dans la plupart des pays développés) avaient accès à l’Internet, selon l’Union internationale des télécommunications, institution spécialisés des Nations Unies chargée des questions de télécommunication.

Parce que les questions de santé évoluent parallèlement au progrès technique (ceci est particulièrement vrai de la diffusion de l’information), les régions du monde équipées d’instruments de communication de mauvaise qualité (p. ex. : la connexion à l’Internet) ont, en général, de piètres services de santé publique (Plan d’action du Millénaire des Nations Unies (2000)).

Bien que l’accès à l’Internet se soit assurément démocratisé en Afrique du Sud (de 2001 à 2009, le pourcentage de personnes accédant à l’Internet a presque doublé pour atteindre 10,8%, selon Internet World Stats (2009)), les Nations Unies travaillent avec plusieurs entités, dont des entreprises privées telles que YEIGO, à la réduction de la fracture numérique mondiale et à l’amélioration des résultats sanitaires. Ces initiatives s’inspirent en partie des principes posés dans les Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies, c’est‑à‑dire huit objectifs de développement international (dont la lutte contre les maladies, une solution à la situation d’inégalité entre hommes et femmes ainsi que la réduction de la fracture numérique mondiale), définis en 2000.

À ces fins, Mme Rabana a été nommée en 2011 ambassadeur du World Summit Youth Awards (WSYA), initiative des Nations Unies en matière de techniques de l’information et de la communication. Le WSYA encourage les jeunes de moins de 27 ans à faire preuve de créativité dans le domaine des techniques numériques aux fins des Objectifs du Millénaire pour le développement. En tant que porte‑parole du WSYA, la cofondatrice de YEIGO promeut l’enseignement des techniques numériques et des sciences dans l’intérêt de certains groupes les plus marginalisés d’Afrique, c’est‑à‑dire principalement des jeunes et des femmes.

Sur la base des instruments de communication novateurs mis au point par YEIGO, Mme Rabana promeut les techniques numériques en tenant compte des possibilités que celles‑ci offrent pour réduire la pauvreté, améliorer la santé et donner les moyens d’agir aux consommateurs : pour ce faire, elle donne des conférences et présente des exposés mobilisateurs dans le monde entier. Servant d’exemple, la chef d’entreprise – et l’héritage ininterrompu de l’entreprise qu’elle a cofondée – inspire une nouvelle génération de chefs d’entreprise potentiels (notamment ceux – tels que les jeunes filles – qui sont sous‑représentés dans le domaine de l’enseignement des sciences et de la technologie et de l’industrie) dont les innovations et les idées contribueront à combler le fossé numérique mondial tout en permettant d’atteindre bon nombre des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Résultats commerciaux

Depuis la création de YEIGO, ses fondateurs contribuent à moderniser le secteur des télécommunications en Afrique du Sud et à créer des logiciels de téléphonie mobile novateurs. D’ailleurs, la PME a étoffé ses services en y incorporant (en sus des applications VoIP individuelles), à l’intention des entreprises, des logiciels permettant de gérer l’intégralité des environnements de télécommunication – aussi connus sous le nom de “VoIP mobile de deuxième phase”.


Le logiciel Office Connection de YEIGO, qui fait partie intégrante des applications VoIP de "deuxième phase" de l’entreprise, permet à la PME d’étendre son rayon d’action en proposant des services unifiés à sa clientèle commerciale (photo : YEIGO).

Ainsi, par l’intermédiaire du produit Office Connection de YEIGO, logiciel de téléphonie hébergé dans une informatique dématérialisée (ou infonuagique) destiné aux entreprises et diffusé par Telfree, les utilisateurs peuvent s’abonner à ce service par l’intermédiaire de l’Internet, payer des frais mensuellement, utiliser une “réception virtuelle”, ajouter d’autres utilisateurs dans l’Office au moyen d’une interface glissée‑déplacée, bénéficier d’un contrôle en temps réel des dépenses, envoyer des SMS et des télécopies ainsi qu’affecter un budget individuels pour les appels (les appels internes sont gratuits). Cette innovation, simple mais peu coûteuse et rationalisée, permet bel et bien aux professionnels d’unifier leurs besoins en téléphonie et de faire des appels depuis n’importe quelle région du monde grâce à une plate‑forme unique “infonuagique”.

Ainsi que Mme Rabana l’a observé, “amener [les services de téléphonie] vers l’informatique en nuage est le seul moyen de tout connecter dans l’environnement professionnel : chaque instrument, chaque point de communication peut désormais être localisé dans un lieu unique pouvant servir à contrôler tous les points. Les raccords qui apparaissaient [auparavant] au fur et à mesure que nous ajoutions des instruments à notre ‘télésphère’ peuvent désormais être suppprimés; le téléphone privé, le téléphone professionnel, le téléphone portable, le téléphone de bureau VoIP, le téléphone VoIP mobile et tout autre téléphone peuvent tous être raccordés et localisés dans l’infonuage”.

Depuis qu’elle se développe, l’entreprise YEIGO collectionne les distinctions. Le produit MzansiSMS, mis au point en collaboration avec Telfree, a reçu l’Outstanding Regional Achievement Award for Excellence in Mobile Content (en 2010) dans le cadre du World Summit Award (prix du Sommet mondial) des Nations Unies. Parmi les nombreux avantages du logiciel, on peut citer la diminution des frais d’envoi d’un SMS pour les clients à faible revenu de l’entreprise.

En 2012, M. du Toit, l’un des trois cofondateurs de la PME, codirigeait aussi Virtual Mobile Technologies, entreprise de logiciels mobiles destinés au commerce électronique ayant son siège au Cap. Cette même année, Mme Rabana et M. Matshoba étaient élus “Global Shaper”, distinction décernée à des précurseurs âgés de 20 à 30 ans, animés par des convictions sociales, à l’occasion du Forum économique mondial tenu à Genève (Suisse). Parallèlement, YEIGO intégrait le groupe d’entreprises de Telfree et se classait parmi les cent premières entreprises techniques d’Afrique du Sud.

“Eagles don’t need parachutes”, exposé de Mme Rabana

Créée par des universitaires diplômés désargentés poursuivant des rêves ambitieux, dotés de talents complémentaires et partageant les mêmes sujets de préoccupation, YEIGO, de simple entreprise, est devenue une marque internationale grâce à un palmarès éloquent en matière de créativité. En outre, la PME a su créer un solide portefeuille d’actifs de propriété intellectuelle qui lui a servi à décrocher ses premiers partenariats commerciaux et à pénétrer de nouveaux marchés.

Désormais très considérée au niveau international, YEIGO non seulement a développé le secteur des télécommunications de l’Afrique du Sud et renforcé sa compétitivité au niveau international mais aussi a mis à la portée de certaines populations les plus pauvres au monde des instruments de communication mondiale bon marché et inspiré une nouvelle génération de jeunes chefs d’entreprise.

Cette étude de cas se fonde sur des informations provenant de: