Un inventeur péruvien trouve le succès grâce au système de propriété intellectuelle

Nom:José Vidal Martina
Pays / Territoire:Pérou
Droit(s) de P.I.:Brevets
Date de publication:3 septembre 2010
Dernière mise à jour:16 septembre 2015

Généralités


M. Vidal dans son atelier de Lima
(photo : WIPO Magazine)

José Vidal Martina est la preuve vivante que l’innovation n’est pas juste l’apanage des grandes entreprises ou des pays développés. Depuis son atelier de Lima (Pérou), cet inventeur et entrepreneur a réussi à résoudre un problème technique qui rongeait un certain nombre de corps de métier, y compris les vitriers, les artisans et les constructeurs. Il a inventé un dispositif qui permet de percer des trous dans la céramique et le verre. Son foret a connu un vif succès parce qu’il est peu coûteux et facile à utiliser et parce qu’il peut faire des trous dans le verre ou la céramique sans y provoquer de craquements ou d’éclats.

Invention

M. Vidal avait déjà passé des années à travailler les pierres semi-précieuses quand il a commencé à mettre au point de petits forets à diamant pour faire des perforations dans les pièces qu’il avait fabriquées à l’aide de ses pierres. Auparavant, comme beaucoup d’autres, il avait recours à de coûteuses machines à ultrasons. Comme il n’y avait pas de méthode ou de dispositif économique pour faire des trous dans les matériaux tels que le verre, le marbre, la céramique, le granite et les pierres semi-précieuses, il s’est rendu compte qu’une solution à ce problème trouverait un énorme marché. Les machines de l’époque étaient coûteuses, difficiles à utiliser et peu pratiques pour des artisans indépendants comme lui.

Le premier foret de M. Vidal, qui utilisait le diamant, étant lui aussi hors de portée des utilisateurs ordinaires, il a commencé à rechercher d’autres solutions. Il voulait inventer un foret :

  • Qui puisse être utilisé sur une perceuse électrique standard;
  • Qui ne nécessite pas de lubrifiants spéciaux;
  • Qui puisse être utilisé sur place, hors de l’atelier;
  • Qui forme un trou lisse et n’ait pas besoin d’être poli après perçage; et
  • Qui soit d’un bon rapport coût efficacité.

Se fondant sur les connaissances et l’expérience qu’il avait tirées de l’examen de tous les systèmes de perforation existants, il s’est rendu compte que le foret recherché pourrait être confectionné à l’aide d’un cylindre creux rempli d’un matériau abrasif. Il a réussi à fabriquer un foret pouvant, en moins d’une minute, faire des trous de calibres différents dans des matériaux comme le verre, le marbre et la céramique. L’un des principaux avantages du foret JVM (José Vidal Martina) est qu’il peut être monté sur n’importe quelle perceuses courante, ce qui le rend utilisable par des millions de personnes qui n’ont pas accès à un matériel hors de prix.

Gestion de la propriété intellectuelle et brevets


Modèle de foret pour perforation du verre conçu par
Vidal, à monter sur perceuse électrique, objet de la
demande de brevet PCT/IB2000/000466
(PATENTSCOPE® search)

Quand on lui demande pourquoi il a cherché à assurer la protection de sa propriété intellectuelle, M. Vidal explique : “Je ne vois pas pourquoi j’inventerais quelque chose de nouveau si je ne cherchais pas à la protéger. En quelques jours, d’autres copieraient mon invention, et mon activité n’aurait plus aucun sens. Bien entendu, de grandes entreprises seraient en mesure de fabriquer mes forets à meilleur coût, de mieux les commercialiser et de me laisser complètement démuni”.
Fort de cette conception de la façon dont le monde fonctionne, José Vidal a décidé que sa seule chance de lancer son produit sur le marché et de récolter les bénéfices de son temps et des efforts consacrés à la création de ce nouveau produit était de protéger son invention à l’aide d’un brevet. “Si je n’avais rien su de la propriété intellectuelle”, déclare M. Vidal, “je n’aurais certainement pas été enclin à vendre mon produit; je me serais résigné à le garder sous clé dans mon atelier et à gagner ma vie en offrant mes services aux gens qui avaient besoin de trous, qui est ce que je faisais jusqu’ici pour les vitriers”.

M. Vidal admet que le processus n’a en rien été aisé. “J’ai dû étudier soigneusement comme fonctionnait le système, et il ne m’a pas été facile de trouver des personnes sachant comment assurer la protection internationale d’un produit”. M. Vidal s’est aperçu que le coût de cette protection pourrait être très lourd s’il voulait protéger son invention dans un grand nombre de pays. Pour lui, il s’agissait d’une décision stratégique, et il a choisi d’obtenir la protection de son invention dans les pays qui offraient les meilleures perspectives de fabrication et de vente de son produit. Il a donc décidé d’utiliser le système du Traité de coopération en matière de brevets, afin que sa demande de brevet puisse être déposée dans plusieurs pays.

Commercialisation

Bien qu’il soit toujours difficile d’assurer la commercialisation et la publicité d’un nouveau produit, M. Vidal était certain que son produit susciterait un vif intérêt s’il pouvait le présenter convenablement en participant à des foires commerciales et expositions. Avec la protection de sa propriété intellectuelle, il pouvait présenter son invention en toute confiance aux foires commerciales internationales afin de trouver des distributeurs pour la commercialiser sans avoir à craindre de la perdre au profit de tiers. Son dispositif se vend aujourd’hui tout juste au-dessus de 8 dollars, non seulement sur le marché péruvien mais aussi dans plusieurs autres pays. Il procure de substantiels bénéfices à ceux qui en assurent la distribution ainsi qu’à ceux qui l’achètent et bénéficient de sa technologie.

Concession de licences

La popularité du foret JVM a poussé M. Vidal à décider d’en accroître la fabrication. Il s’est rendu compte que devant la portée limitée de sa propre entreprise, la stratégie la plus efficace serait de trouver d’autres entreprises capables de produire son foret aux termes d’un accord avec lui. Comme il possède le brevet de son invention, un tel contrat de licence lui procurerait des avantages financiers. Il a donc concédé une licence à une entreprise pour la fabrication de son produit dans certains pays. M. Vidal continue de rechercher des distributeurs spécialisés dans le domaine de la construction afin de commercialiser son produit dans le monde entier.

Recherche-développement

Comme les forets JVM sont fabriqués par une autre entreprise, M. Vidal peut concentrer son attention sur la recherche de nouveaux produits. Dans sa petite entreprise de seulement six employés, il continue de chercher des moyens d’améliorer ses produits. Il ne doute pas que beaucoup de petites entreprises jugeront ses produits plus pratiques et moins coûteux que les autres solutions actuellement disponibles. Il a déjà mis au point plusieurs nouveaux produits qu’il a l’intention de protéger à l’aide de brevets.

Résultats commerciaux

Le rapport coût efficacité et le côté pratique des forets JVM ont apporté un succès commercial considérable à M. Vidal. L’obtention d’un brevet lui a permis de commercialiser son produit directement et de tirer des redevances de la concession de licences sur son invention.

Réussite fondée sur la protection de la propriété intellectuelle et la concession de licences

Les avantages de toute invention dépendent de sa bonne utilisation. Au lieu de mettre sous clé son invention de peur que des tiers ne la copient, M. Vidal a fondé son succès sur sa décision intelligente de rechercher la protection de son invention par l’obtention d’un brevet, puis d’en tirer des bénéfices par la concession de licences.