Neeam sauve la planète grâce à l’innovation

1 mars 2022

À 14 ans, Neeam Al Harrasi joue un rôle actif pour sauver les océans de la pollution par les plastiques et elle s’emploie à relever les défis posés par les interdictions des plastiques à usage unique toujours plus nombreuses dans le monde, y compris dans son pays, Oman.

Son plastique est fantastique

Au lycée, elle invente un nouveau type de bioplastique à l’aide d’éléments naturels disponibles à Oman, tels que de l’eau de riz ou des écailles de poisson.  Elle espère que l’utilisation de matériaux locaux rendra la production à grande échelle de bioplastiques plus abordable.  Elle a travaillé avec son amie Do’aa Al Hashmi dans le cadre d’un projet scolaire ayant pour objet de créer un plastique biodégradable de qualité comparable au plastique industriel.  La première version de bioplastique qu’elle a mise au point était trop fragile, mais en tâtonnant, elle l’a améliorée pour en faire un matériau à la fois résistant et flexible qui peut notamment être utilisé pour fabriquer des couverts en plastiques.

Neeam en pleine élaboration de bioplastiques, au laboratoire scientifique de l’école Al Rustaq (2020) (Photo : T. Dhikra Al Harrasi)

Je l’ai progressivement rendu plus résistant après avoir découvert, grâce à des recherches plus approfondies, que l’huile fragilise le plastique.  J’ai ensuite testé la nouvelle version de bioplastique dans le laboratoire de mon école pour m’assurer qu’elle fonctionne mieux.

Neeam Al Harrasi, inventrice omanaise

De bonnes idées pour le bien commun

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Les bioplastiques mis au point par Neeam (2020) (Photo : T. Dhikra Al Harrasi)
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Le bioplastique innovant de Neeam a obtenu la première place au concours de développement cognitif organisé en 2019 dans le cadre de la fête de la science d’Oman.  C’est Mme T. Dhikra Al Harrasi, son professeur de physique à l’école Al Rustaq à Mascate, qui l’a encouragée à participer.  Neeam a compris toute l’importance de protéger sa propriété intellectuelle à l’occasion de ce concours, qui a inspiré sa nouvelle passion pour l’innovation et la propriété intellectuelle.  Depuis, elle a déposé un brevet pour son bioplastique innovant auprès du département de la propriété intellectuelle d’Oman.  Elle espère que son invention pourra être utilisée dans différentes régions du monde.

Je veux aussi étudier la propriété intellectuelle à l’école, car connaître ce domaine est très utile pour toute personne créative et imaginative… toute personne avec une bonne idée, au fond.

Neeam Al Harrasi, inventrice omanaise

Neeam est la première ambassadrice de la propriété intellectuelle de l’OMPI auprès de la jeunesse pour Oman et la première détentrice de ce titre dans les pays arabes.  Elle s’engage à promouvoir l’enseignement de la propriété intellectuelle chez les jeunes grâce au service d’enseignement de l’Académie de l’OMPI en matière de propriété intellectuelle destiné aux jeunes et à leurs enseignants (IP4Youth&Teachers).

Neeam

Le meilleur conseil que je peux donner à ceux qui se lancent dans l’invention est de ne pas s’inquiéter au début.  Il est tout à fait normal que, dans un premier temps, le résultat ne soit pas parfait et, à force de persévérance, vous y arriverez.

Neeam Al Harrasi, inventrice omanaise

Des sources d’influence

Plus tard, Neeam aimerait devenir ingénieur chimiste.  À l’école, ses matières préférées sont la chimie, la physique et les mathématiques.  Elle admire de nombreux influenceurs dans le domaine du génie chimique qui l’inspirent sur Instagram et elle rêve de suivre leurs pas.  Neeam est reconnaissante envers son professeur de physique et ses parents, qui l’ont soutenue et guidée tout au long du processus d’invention et du concours.  Ils l’ont aussi conseillée sur la manière d’organiser son temps entre l’école et ses engagements extrascolaires, comme le concours d’innovation avait lieu à la même période que ses examens finaux.  Neeam consacre beaucoup de temps à l’autoapprentissage, car elle aime faire des recherches sur différents sujets qui l’aident à trouver de nouvelles idées pour améliorer les inventions qu’elle met au point à l’école avec son groupe.

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Neeam réalise un contrôle de qualité sur les bioplastiques (2020) (Photo : T. Dhikra Al Harrasi)

Ce que je préfère dans la pratique de l’innovation à l’école est le travail de groupe, qui permet à de nouvelles idées d’émerger, car chacun apporte un point de vue différent.

Neeam Al Harrasi, inventrice omanaise

Neeam va continuer à lire des livres et à regarder des vidéos d’inventeurs, en particulier d’ingénieurs chimistes, pour apprendre d’eux et de leur parcours.  Elle conseille ses camarades plus jeunes qui se lancent dans l’innovation dans le cadre de compétitions extrascolaires.  Elle aspire à créer d’autres innovations capables de sauver la planète.

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