World Intellectual Property Organization

Équateur – Célébration d’un bicentenaire

Novembre 2009


Photo: WIPO/S. Castonguay

La première journée des Assemblées de l’OMPI a été couronnée par un aperçu haut en couleurs du riche patrimoine artistique et culturel de l’Équateur. Ministres, délégués et employés de l’OMPI ont en effet été captivés par le spectacle donné en soirée par la troupe de danse folklorique équatorienne Nuestro Manantial (“Notre source”), avec ses costumes flamboyants, son rythme joyeux et son dynamisme, et par l’excellent orchestre Siembra (“Semailles”) qui l’accompagnait. Cette prestation, qui s’inscrivait en outre dans le contexte de la célébration du bicentenaire de l’Équateur ((1809-2009), a été une démonstration éclatante de la richesse et de la diversité du folklore de ce pays.

Le spectacle a également marqué l’ouverture d’une exposition unique en son genre, dont les images, les odeurs, les arômes et les textures ont ouvert une fenêtre sur la richesse et la diversité culturelles et artistiques – tant traditionnelles que modernes – de l’Équateur. Une sélection d’œuvres des artistes contemporains Alegria Polit et Telmo Herrera y était présentée aux côtés de deux des produits d’exportation de l’Équateur les plus connus dans le monde : le chapeau de Montecristi et le cacao Arriba.

Expressions modernes


Photo: Joao Cardoso
Les œuvres de Mme Polit étaient tirées d’une série intitulée “Miroirs”, inspirée par sa conviction que les images renvoyées par les miroirs sont le reflet de l’âme ou de l’esprit de la personne qui s’y contemple. “Je considère que les miroirs et l’art sont une fenêtre ouverte sur le monde de l’esprit, dit-elle. Mes ‘miroirs’ sont des moyens simples et clairs de passer à une dimension distincte, où l’image n’est plus notre reflet mais nous enseigne, sans ménagement ou en nous émerveillant, qui nous sommes.” Ses tableaux expriment la vision d’un monde qui définit le caractère et la personnalité de la diversité ethnique équatorienne – une personnalité chaleureuse, ingénieuse, hospitalière, heureuse et pacifique.
“Sonidos Negros” (sons noirs), le thème de la sélection d’œuvres de M. Herrera, est révélateur de la puissance d’imagination de l’artiste. Ses créations abstraites dépeignent la force, la passion et la spontanéité qui devraient caractériser notre vie. Le cheminement créatif de M. Herrera est riche d’expériences. Attiré très tôt par les arts, il a été à la fois un poète, un romancier et un conteur prolifique. Sa passion de la création l’a ensuite conduit vers le théâtre, où il a trouvé l’inspiration nécessaire à la réalisation de son ambition de toujours, la peinture, dans laquelle il a développé un style abstrait qui lui est personnel.
Photo: OMPI/Martinez Dozal

 

Échos du passé

Montecristi – Le prince des chapeaux

Souvent nommé “panama” parce qu’il était porté par les travailleurs lors de la construction du canal de Panama, au début du XXe siècle, ce chapeau d’une grande finesse tissé à la main dans la petite ville de Montecristi est l’un des couvre-chefs d’été les plus prisés qui soient. Ce “prince des chapeaux”, louangé tant par les têtes couronnées et les hommes d’État que les vedettes du cinéma, a acquis sa grande popularité au cours des années 40, son apparition dans des classiques tels que Casablanca et Autant en emporte le vent en ayant fait alors la coqueluche des stars d’Hollywood.

Le tissage d’un tel article nécessite un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, le long de la côte de l’Équateur, depuis plus de 400 ans. La matière utilisée pour son élaboration est la feuille de toquilla ou “cardulovica palmata”, un palmier local. Chaque chapeau est une pièce unique, tissée par une seule personne en partant de huit fibres de cette plante. Selon le degré de qualité recherché, ce travail peut prendre jusqu’à cinq mois.

Arriba, Arriba! – Un cacao de classe!

L’exposition présentait aussi la première indication géographique de l’Équateur, le cacao Arriba, apprécié dans le monde entier pour son arôme végétal et sa saveur florale et que ses qualités exceptionnelles placent dans une classe à part.

On raconte que le cacao fin d’Équateur se nomme “Arriba” depuis le jour où un chocolatier suisse naviguant sur le Rio Guayas, au XIXe siècle, a rencontré des hommes qui déchargeaient de leurs embarcations une cargaison de cacao, et leur a demandé d’où provenait le riche arôme qu’il sentait. Ils lui ont répondu : “del río arriba” c’est-à-dire “de là-bas, en amont” (les fèves d’où l’on extrait le beurre et la poudre de cacao sont contenues dans les fruits du cacaoyer, les cabosses).

Le nom “Arriba” du cacao d’Équateur est synonyme de qualité supérieure. Capable de satisfaire les palais les plus exigeants, il est devenu un élément important de la stratégie de l’industrie chocolatière. À peine 5% de la production mondiale de cacao sont considérés de qualité “fino aroma”, et l’Équateur en produit près de 63%.

Avec près de 3% de la production totale, l’Équateur est le septième producteur mondial de cacao, et on estime qu’il consacre actuellement 500 000 hectares à la culture du cacao. Également appelé “cacao nacional”, ce qui démontre l’importance symbolique de cette culture, le cacao “Arriba” appartient à la variété “Forastero”. Il occupe le troisième rang parmi les exportations agricoles de l’Équateur.

Par Cathy Jewell, Section des relations avec les médias et avec le public

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