World Intellectual Property Organization

Une Entreprise de Technologie Culinaire - Algorhythm (Private) Limited

Renseignements de base

Entreprise : Algorhythm (Private) Limited
Produit principal : le Gwatamatic, un appareil culinaire numérique
Lieu : Harare, Zimbabwe
Secteur commercial : technologie culinaire
Activités : conception et commercialisation de matériel et de logiciels culinaires innovants
Type d’entreprise : entreprise virtuelle consacrée essentiellement au développement et à la protection de la propriété intellectuelle. La fabrication est confiée à plusieurs sous traitants.

Raison d’etre

Au Zimbabwe, pays qui compte 12 millions de personnes, on estime à quatre millions le nombre d’heures de travail consacrées chaque jour à la préparation de la sadza, l’aliment de base de la population. Compte tenu du caractère répétitif de la plupart des modes de préparation, des systèmes permettant d’automatiser partiellement ou totalement la cuisson pourraient favoriser la réalisation de gains de productivité importants.

Comment tout a commencé

Le Gwatamatic, un appareil numérique de cuisson entièrement automatique, est né d’une idée survenue au cours de l’été 1985. Son inventeur, William Gwata, était étudiant en biochimie à l’Université du Surrey (Royaume Uni) et effectuait un stage professionnel au laboratoire du Frimley Park Hospital. À l’université, les étudiants suivaient des cours dans un laboratoire de chimie et manipulaient des tubes à essai. Au laboratoire de l’hôpital, en revanche, il n’y avait pas de tubes à essai. Tous les échantillons étaient introduits dans des analyseurs automatiques qui produisaient des résultats imprimés. Mis à part une économie de travail, les systèmes d’analyse automatiques (le Roche Cobas Bio en particulier) étaient impressionnants à un autre égard : la constance. Par exemple, s’ils mesuraient le niveau de calcium d’un échantillon à de nombreuses reprises, la machine produisait le même résultat de façon constante, tant que l’échantillon n’était pas détérioré.

M. Gwata a étudié ce phénomène de façon plus approfondie et s’est rendu compte que la constance était due à la rigueur électronique. Les instructions qui commandaient la machine étaient enregistrées dans la mémoire de l’ordinateur. Le processus était donc toujours exactement identique quelle que soit la personne chargée d’appuyer sur le bouton de démarrage.

L’absence de constance posait aussi un problème dans le secteur culinaire. La qualité de la sadza (aliment de base en Afrique australe), en particulier, varie souvent selon l’humeur du cuisinier.

Le prototype du Gwatamatic a été mis au point en 1996 et, en juillet 1997, le premier pot de sadza était fabriqué et le stade de la commercialisation était atteint. Cependant, M. Gwata s’est aperçu qu’il était important qu’il protège son invention avant de poursuivre ses activités. Il a donc fait appel aux services d’un cabinet juridique chargé de l’aider à rédiger et à déposer une demande de brevet pour protéger son invention.

La principale revendication du brevet vise une méthode de cuisson concrète fondée sur une combinaison unique d’éléments matériels et logiciels et de philosophie d’action. L’aspect matériel rassemble plusieurs disciplines techniques, notamment la mécanique, la chimie, l’électricité, l’électronique et le génie civil. La partie logicielle organise les différents éléments matériels pour permettre la réalisation de la recette souhaitée. Le principe très important qui sous tend la façon dont les éléments matériels sont reliés à la partie logicielle tend à écarter l’appréciation de l’homme dans le processus de cuisson afin d’en renforcer la constance.

La constance est le Saint Graal de nombreuses stratégies commerciales d’entreprise. Si les consommateurs savent à quoi s’attendre et l’obtiennent de façon constante, la marque concernée s’en trouve renforcée.

Après avoir fait breveter la machine, le premier appareil Gwatamatic commercial a été lancé avec succès le 13 décembre 1997.
Intellectual Property Rights

Les titres de propriété intellectuelle ci après ont été délivrés :

Droits de propriété intellectuelle

Brevets

Brevet délivré le 25 octobre 2000 par l’Organisation régionale africaine de la propriété intellectuelle (n° AP/P/98/01364), avec effet dans les pays suivants : Zimbabwe, Zambie, Ouganda, Swaziland, Soudan, Malawi, Lesotho, Kenya, Ghana, Gambie et Botswana.

Brevet délivré le 26 mai 1999 par l’Office des brevets de l’Afrique du Sud (n° 98/9224), avec effet en Afrique du Sud.

Marques et stratégie en matière de marques

Pour l’instant, l’activité d’Algorithm est essentiellement axée sur l’appareil de cuisson Gwatamatic mais d’autres lignes de produits devraient voir le jour en temps voulu. Chaque ligne de produits devrait avoir sa propre marque. Le Gwatamatic n’est que le premier d’une série. Le nom même du Gwatamatic est né d’une plaisanterie. Alors qu’il travaillait sur le prototype, M. Gwata en a parlé à un ami qui lui a dit : “Comment vas tu l’appeler alors? Le Gwatamatic?!” C’était un nom plutôt drôle à l’époque et tout le monde a ri. Puis, M. Gwata a pensé et repensé à ce nom, et il a réalisé qu’il était assez accrocheur, notamment parce qu’il évoquait une étape de la cuisson de la sadza appelée “kukwata”. Le nom a donc été adopté et enregistré en tant que nom de marque. 

La marque et le nom Gwatamatic ont été enregistrés par la Direction de l’enregistrement des marques à Harare (Zimbabwe) :

  • N° 733/2001 : logo d’Algorhythm
  • N° 734/2001 : le nom Gwatamatic

Ressources financières

M. Gwata est fermement convaincu que, contrairement à la croyance populaire, le financement est loin d’être la plus grosse contrainte pour les entrepreneurs. La valeur de l’idée commerciale est plus importante. L’idée est que si l’actif de propriété intellectuelle est suffisamment convaincant, on trouvera le financement.

Cependant, il faut faire connaître la valeur de la propriété intellectuelle. Une solution consiste à matérialiser l’idée à l’aide d’un prototype. Le prototype Gwatamatic était trop rustique pour attirer l’œil des investisseurs. Ce n’est que lorsque l’initiative commerciale a été pleinement lancée qu’ils se sont montrés intéressés. Auparavant, M. Gwata a dû compter sur ses propres économies. Les amis, la famille et une société de capital risque ont investi dans Algorhythm Pvt Ltd après avoir goûté la sadza cuisinée avec le premier appareil Gwatamatic commercial.

L’attention accordée au choix du modèle commercial a considérablement réduit les exigences en capitaux pour Algorhythm Pvt Ltd. Lorsqu’il a créé la société, M. Gwata ne pouvait même pas s’offrir une perceuse à colonne. Heureusement, c’est à peu près à cette époque qu’un exemplaire de la Harvard Business Review s’est retrouvé sur son bureau. La revue publiait un article sur les entreprises virtuelles illustré par une étude de cas consacrée à IBM. En quelques mots, l’article disait qu’IBM fabriquait des ordinateurs personnels alors que l’entreprise ne disposait pas d’un bâtiment que l’on aurait pu appeler l’usine d’ordinateurs IBM. Les responsables d’IBM se sont contentés de concevoir les ordinateurs qu’ils voulaient et de sous traiter la fabrication des composants. M. Gwata a compris que c’était le modèle commercial qu’il lui fallait.

Modèle commercial fondé sur la propriété intellectuelle en tant que principal actif de l’entreprise

En bref, un modèle commercial virtuel est l’expression d’une philosophie axée sur la mise en valeur de la propriété intellectuelle, prévoyant la sous traitance des fonctions de fabrication et autres fonctions commerciales. C’est le symbole type de l’économie fondée sur le savoir. Ce modèle admet que les idées – et non les moyens de production – constituent l’obstacle principal de l’économie mondiale d’aujourd’hui. Par exemple, lorsqu’un innovateur a l’idée d’un ordinateur révolutionnaire, il en assume la conception globale. Puis, il dresse la liste des composants indispensables et confie à un prestataire extérieur, au moyen d’un contrat, la fourniture de ceux ci. Il peut, par exemple, sous traiter la fabrication de la souris à une personne se trouvant à Taiwan, celle de l’écran à une personne aux Pays Bas, celle du processeur à une personne en Californie, etc. Tous les composants sont au bout du compte livrés en un lieu central où ils sont assemblés. Après assemblage, la marque est apposée sur l’ordinateur qui est par la suite vendu.

Avec le temps, la situation financière d’Algorhythm s’est améliorée mais il ne sert toujours à rien d’investir dans des équipements de production car le modèle virtuel continue à bien fonctionner.

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En d’autres termes, donc, le principal actif détenu par Algorhythm Pvt Ltd est sa propriété intellectuelle sur son type de conception technique, c’est à dire la conception à la fois de matériel et de logiciels. La fabrication est confiée à plusieurs sous traitants. La politique générale d’Algorhythm est d’être est la seule à détenir le “trousseau de clés complet”. Chaque sous traitant ne reçoit que les dessins techniques relatifs aux composants qu’il fabrique. Cela contribue à renforcer la sécurité entourant l’actif de propriété intellectuelle.

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Par exemple, l’entreprise chargée du découpage des tôles reçoit des instructions lui indiquant les emplacements où elle doit découper, percer et incurver les tôles. Elle ne fait rien de plus avant de remettre les tôles découpées à une autre entreprise chargée du soudage. Tous les partenariats relèvent d’un contrat type de fournitures techniques aux conditions du marché, qui prend effet et se termine par un bon de commande. S’il est vrai qu’il n’existe pas de licence officielle, il n’en reste pas moins que de bonnes relations de travail ont été établies au fil des ans.

Méthode d’approche pour sécuriser le financement et rôle des institutions publiques du pays

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Le deuxième obstacle le plus important auquel se heurtent les futurs chefs d’entreprise est, souvent, le découragement. S’il n’est pas doté d’une certaine force d’âme, le chef d’entreprise peut voir son projet, viable par ailleurs, capoter. Alors qu’il cherchait à faire fabriquer son Gwatamatic, M. Gwata s’est entendu dire de la part de certains ingénieurs chevronnés que c’était tout simplement impossible! Heureusement, il a aussi eu des encouragements de la part d’autres personnes, qui lui ont permis de surmonter haut la main cet obstacle. M. Gwata a alors décidé de faire sien le proverbe selon lequel après la pluie, vient le beau temps. Cela sous entend que les idées novatrices ne sont pas évidentes pour tout le monde. Si, en l’occurrence, elles l’avaient été, quelqu’un d’autre s’en serait saisi depuis longtemps.

À ses tout débuts, l’entreprise a obtenu son financement en vendant des parts à des amis, à des membres de la famille et à une société de capital risque. Les parts vendues à la société de capital risque ont depuis lors été rachetées. Aujourd’hui, la principale source de financement provient de paiements périodiques résultant des contrats de fourniture. Il faut environ 12 semaines pour achever l’installation d’un lot de machines Gwatamatic. (Ce délai est, à l’heure actuelle, plus long en raison de pénuries et d’autres problèmes affectant aujourd’hui l’économie du Zimbabwe). Les paiements périodiques sont effectués par le client à différentes étapes du cycle de fourniture.

Les institutions gouvernementales d’appui aux PME n’ont pas été très utiles. Il est apparu qu’elles souffraient soit d’un sous financement, soit d’une désorganisation, soit des deux. En revanche, l’office de la propriété intellectuelle relevant du Ministère de la justice a fourni une contribution très utile tout comme l’Organisation régionale africaine de la propriété industrielle (ARIPO).
 

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 was very helpful, so was the Africa Regional Industrial Property Organization (ARIPO).

Les principales caractéristiques du Gwatamatic

Le Gwatamatic 2000 est une machine automatique révolutionnaire permettant de cuire de grandes quantités de sadza (aliment de base de la plupart des populations de l’Afrique subsaharienne) de manière homogène, dans le respect des règles. Il s’agit d’une technique autochtone brevetée du Zimbabwe. C’est la seule technique de ce type dans le monde.

Le Gwatamatic 2000 offre plusieurs avantages par rapport à la méthode manuelle de cuisson, au nombre desquels les suivants :

  1. qualité : le produit est garanti sans grumeau, avec répartition homogène de la gélatine;
  2. stabilité : l’intégralité de la recette est mémorisée dans un code numérique. Chaque fois qu’on appuie sur le bouton, on obtient systématiquement le même produit de très haute qualité. La préoccupation dominante a été de ne laisser réellement aucune place à l’appréciation humaine dans la cuisson de la sadza;
  3. commodité : on peut obtenir de grandes quantités de sadza sans transiger sur la qualité. La machine étant automatique, son fonctionnement ne nécessite la présence que d’une seule personne;
  4. hygiène : la machine fonctionne en système fermé depuis le début jusqu’à la fin. En outre, les parties en contact avec des aliments humides sont, à dessein, conçues pour être nettoyées facilement;
  5. contenance : il est possible d’obtenir une sadza pour 200 à 700 personnes en 45 minutes. Un modèle ménager pour deux à 10 personnes devrait être disponible en temps utile;
  6. économies d’énergie : parce que la machine fonctionne en système fermé, la perte de vapeur est réduite au minimum, ce qui se traduit par des économies d’énergie.

Capacité : jusqu’à 400 litres
Durée habituelle du cycle de cuisson : 45 minutes
Consommation d’énergie : – turbine à l’étape du porridge : 1,4 kW

  • turbine à l’étape finale : 3 kW
  • générateur de chaleur maximale (trois étapes) : 18 kW
  • possibilité d’utiliser la vapeur au lieu du système électrique
  • alimenteur de farine : 0,35 kW

Qualité de la farine : – possibilité d’utiliser tous types de farine de maïs

Renseignements commerciaux : Algorhythm Pvt Ltd
P O Box WGT488
Westgate
Harare
Mél. : gwataw@zol.co.zw

L’avenir

La mise au point du Gwatamatic a montré qu’il était possible de numériser toutes les recettes de cuisine connues, voire davantage. Toutes les recettes constituent probablement des membres apparentés d’un système ordonné unique. Au lieu d’être un art empirique laissant toute sa place au hasard, dont les résultats sont donc imprévisibles, la cuisine pourrait devenir une science logique précise. Ainsi, lorsque vous vous rendrez dans une librairie, vous n’achèterez pas un livre mais un CD de cuisine. Les protocoles applicables au CD pourront être lus par n’importe quel appareil de cuisine universel servant à préparer le plat de votre choix sans intervention humaine, ni savoir faire humain. C’est ce que fait déjà le Gwatamatic mais uniquement pour la sadza.

Tout comme dans l’industrie informatique, le matériel et les logiciels culinaires devraient, avec le temps, devenir des entités commerciales distinctes. Par conséquent, à long terme, les activités d’Algorhythm se répartiront entre le matériel et les logiciels.

La sadza est l’aliment de base des populations allant du Sahara jusqu’au Cap, ce qui représente un marché potentiel de presque un demi milliard de personnes. Les exportations devraient donc permettre une croissance importante à long terme de l’entreprise. Pour l’instant, les frais qu’engendrerait une représentation à l’étranger constituent un obstacle de taille.
 

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