(WO/2003/061623) SOLID ORALLY-DISPERSIBLE PHARMACEUTICAL FORMULATION
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FORME PHARMACEUTIQUE SOLIDE
Plus précisément, l'invention a pour objet une forme pharmaceutique solide orodispersible, comprenant au moins une substance active et un excipient particulier.
Même si la pharmacopée européenne 2001 ne recense
pas encore la forme orodispersible parmi les nombreuses
formes galéniques existantes, le terme « comprimé
orodispersible » est aujourd'hui admis. Il répond à la
définition suivante-
« Comprimé qui, placé dans la bouche, sty
disperse rapidement avant de l'avaler » (Pharmeuropa,
vol.
La forme orodispersible a la particularité de ne nécessiter ni eau ni mastication au cours de son administration. Elle se désagrège en présence de salive, généralement en moins d'une minute.
Dans la conception de formes orodispersibles,
deux formes sont réalisables :
Dans la présente invention, on s'intéresse
uniquement aux formes comprimées, et plus
De nombreuses formes orales sont actuellement disponibles sur le marché mais elles ne correspondent pas toujours aux convenances des utilisateurs : les comprimés à avaler nécessitent l'absorption d'eau, les gommes et comprimés à mâcher impliquent une sollicitation des dents.
De nombreuses personnes ont des difficultés
pour avaler les comprimés conventionnels souvent de
taille non négligeable. Les problèmes liés à
Les formes orodispersibles tentent de pallier
ces inconvénients par leur mode d'administration
simple. Grâce à une désagrégation rapide, possible en
présence de salive, le comprimé orodispersible est
réduit, quelques dizaines de secondes après son
administration, en agrégats de faible dimension,
faciles à avaler. Dans le cas de la formulation d'une
forme à libération d'actif immédiate, la dispersion
orale permet une mise à disposition dans l'organisme
plus rapide en comparaison avec les formes à avaler par
augmentation de la surface d'échange avec les liquides
physiologiques. Il en résulte une biodisponibilité de
l'actif accrue.
La dispersibilité orale ne répond pas à un
phénomène unique. Le mécanisme de la désagrégation
aurait plusieurs origines, qui sont le gonflement de
l'agent de désagrégation en présence de salive, le
développement d'un réseau capillaire favorisé par la
présence de pores au sein du comprimé, la tendance des
particules à reprendre leur forme initiale, la chaleur
dégagée par le mouillage des constituants qui augmente
la pression de l'air, et la force de répulsion entre
les particules au contact d'eau. Quelle que soit la
théorie impliquée, la pénétration d'eau est la première
phase
De nombreuses formes à dissolution rapide sont
décrites dans l'art antérieur. Le brevet US 5.464. 632
décrit une technologie basée sur le pelliculage du
principe actif, qui a pour but non seulement de masquer
le goût des molécules actives mais aussi de créer un
revêtement insoluble améliorant la vitesse de
désagrégation du comprimé. En effet, la solubilisation
des excipients en surface constitue un frein à la
pénétration de l'eau dans le comprimé par augmentation
de la viscosité du liquide entrant. La formule met en
oeuvre un diluant (polyols), un agent désintégrant
(polyvinylpyrrolidone réticulée) et les lubrifiants et
adjuvants habituel.
Le document
Le document WO 00/57857 décrit quant à lui l'utilisation d'un agent effervescent couplée avec un agent désintégrant de manière à améliorer la désagrégation en bouche. La formule comprend en outre un diluant non directement compressible.
Enfin, le document FR 98.09221 (FR 2 781 152) décrit une technologie basée sur la synergie entre un agent désintégrant et un polymère acrylique de type C, qui conduit à une vitesse de désagrégation grandement améliorée.
Toutes ces technologies ont en commun
l'utilisation d'au moins un agent désintégrant encore
appelé « super désintégrant ». Ce terme regroupe les
composés dont le pouvoir désintégrant est élevé. Parmi
les plus performants on connaît notamment le
Le formulateur est alors contraint de préparer des mélanges physiques des différents excipients nécessaires à la formulation de comprimés orodispersibles. Or les mélanges physiques imposent des contraintes strictes sur leur réalisation et leur manipulation pour s'assurer d'une homogénéité du mélange et de l'absence de mélange, propriétés indispensables dans la pratique pour obtenir des comprimés de qualité constante, et ces mélanges ne permettent pas de préparer des comprimés de dureté variable en fonction de l'application visée. En effet, les résultats obtenus avec de tels mélanges donnent lieu à-des comprimés de dureté très élevée, tout à fait inadaptée à une désagrégation rapide dans la cavité buccale.
L'invention a donc pour but de remédier à cet inconvénient et de fournir une forme solide pharmaceutique orodispersible, à texture agréable, tout en mettant en oeuvre un excipient simple, d'origine naturelle, se désagrégeant rapidement dans la bouche, et présentant une neutralité gustative avantageuse.
La Demanderesse a eu le mérite de trouver que ce but pouvait être atteint dès lors qu'on met en oeuvre pour préparer ladite forme solide, un excipient particulier susceptible de remplir à la fois les fonctions de liant, désintégrant et diluant, tout en autorisant la préparation de formes solides sur une large gamme de duretés.
L'invention a donc pour objet une forme
pharmaceutique solide orodispersible, caractérisée en
ce qu'elle comprend :
L'invention a également pour objet l'utilisation de granules consistant en lactose et amidon coséchés pour la préparation de formes pharmaceutiques solides orodispersibles.
On entend par forme pharmaceutique solide au sens de la présente invention toute présentation sous forme de comprimés, obtenus par densification de poudre. Ces formes solides consistent essentiellement en matériaux inertes regroupés sous le terme d'excipients, et comprennent une ou plusieurs substances actives pharmaceutiques.
On entend par le terme « orodispersible » des formes solides qui se délitent dans la cavité buccale en moins de 3 minutes, et de préférence en moins d'une minute.
Lesdits granules compris dans les formes solides
conformes à l'invention correspondent aux compositions
décrites dans la demande de brevet EP 00/402159.8 dont
la Demanderesse est titulaire. Ces granules sont
caractérisés par une structure sphérique et une
comprimabilité avantageuse et sont commercialisés sous
l'appellation
Les propriétés désintégrantes desdits granules
sont connues pour des comprimés placés dans des volumes
de liquides importants, sous agitation. Il est
particulièrement surprenant que de tels granules
La première est basée sur le constat que les excipients les moins solubles dans l'eau sont les plus appropriés à la formulation de comprimés orodispersibles (la solubilisation, entraînant une augmentation de viscosité de l'eau, est un frein à sa pénétration dans les comprimés). Or lesdits granules comprennent une fraction importante de lactose très soluble dans l'eau. De plus, l'amidon compris dans lesdits granules n'est pas un agent « super désintégrant » tel qu'utilisé et décrit dans les formes orodispersibles de l'art antérieur.
La deuxième est basée sur le constat que les propriétés de désintégration d'un excipient (utilisé dans un comprimé) évaluées dans l'eau par les méthodes conventionnelles ne sont pas extrapolables au comportement du même comprimé in vivo, dans la salive.
En effet, les vitesses de désintégration dans l'eau
sont mesurées (selon la Pharmacopée Européenne) dans
une quantité d'eau suffisamment importante pour ne pas
atteindre la saturation en terme de solubilisation,
alors que « in vivo », de par le faible volume de
salive, les excipients sont à saturation. De plus,
l'agitation à laquelle sont soumis les comprimés lors
du test usuel ne reflète pas la désagrégation en
bouche. La Demanderesse a ainsi constaté lors d'essais
comparatifs que certains excipients connus comme bons
désintégrants n'étaient pas adaptés à la préparation de
La demanderesse a alors trouvé que lesdits granules conféraient de façon surprenante aux comprimés de très bonnes aptitudes à se désagréger en bouche, et ce pour une large gamme de duretés de comprimés, tout en conservant une friabilité faible ce qui est particulièrement remarquable. En effet, la plupart des formes orodispersibles de l'art antérieur qui se délitent rapidement dans la bouche sont très friables, ce qui se traduit par une désagrégation du comprimé dès qu'il est manipulé et ôté de son emballage.
La forme pharmaceutique orodispersible selon
l'invention,
Il est particulièrement remarquable que les
critères d'orodispersibilité et de friabilité faible
précités soient respectés pour une large gamme de
dureté de comprimés, c'est à dire pour des comprimés
présentant une dureté mesurée à l'aide d'un duromètre
de type
Les formes pharmaceutiques orodispersibles selon
l'invention constituent donc pour les raisons qui
viennent d'être exposées, un nouveau produit
industriel.
Pour préparer ces formes pharmaceutiques selon l'invention, on s'y prend comme suit ou de manière équivalente.
On sélectionne tout d'abord la ou les substances
actives souhaitées. Ces substances actives peuvent être
choisies parmi un grand nombre d'actifs pharmaceutiques
destinés à l'administration par voie orale, et en
particulier dans le groupe constitué par les
antalgiques, les antipyrétiques, les anti-diarrhéiques,
les antispasmodiques, les anti-infectieux, les
antibiotiques, les antiviraux, les antiparasitaires,
les régulateurs de la motricité digestive, les
régulateurs de la tension artérielle, de l'insuffisance
cardiaque et coronarienne, les régulateurs du rythme
cardiaque, les régulateurs du système nerveux central,
les régulateurs des métabolismes lipidique, glucidique
et protéique, du métabolisme osseux, les
vasculoprotecteurs et veinotoniques, les agents
régulateurs des systèmes hormonaux et immunitaires, les
anti-inflammatoires
Dans certains cas, on peut avantageusement
masquer l'amertume ou le goût désagréable de la
substance active, ou encore modifier son adsorption en
procédant à un enrobage par pelliculage ou
dragéification de ladite substance active. Le
Le pelliculage de la substance active est effectué selon un procédé connu tel que, par exemple, le procédé en lit d'air fluidisé, en turbine, la coacervation, la microencapsulation, l'extrusion- sphéronisation.
Bien que moins courante, on peut également utiliser la dragéification comme technique d'enrobage de la substance active. Celle-ci est conduite selon des procédés connus de l'homme de l'art, mettant en oeuvre divers sucres ou polyols éventuellement mélangés avec des polymères filmogènes.
La quantité de substance active présente dans la
forme solide selon l'invention dépend de l'actif
choisi. Généralement, celle-ci représente 0,2 à 95%, et
préférentiellement 1 à 50% en poids de la forme solide.
On mélange cette substance active avec l'excipient consistant en granules d'amidon et de lactose.
De préférence, ces granules présentent un ratio lactose/amidon compris entre 90/10 et 25/75 et plus préférentiellement encore compris entre 85/15 et 50/50.
Ces granules peuvent être obtenus selon plusieurs variantes et en particulier par coséchage. De préférence, lesdits granules sont obtenus par coatomisation de lactose et d'amidon, selon un procédé décrit dans la demande de brevet précitée.
Les proportions desdits granules dans la forme
solide selon l'invention varient en fonction du type de
médicament que l'on souhaite préparer. En général, ces
granules représentent de 20 à 99%, de préférence 40 à
On peut également faire comporter au mélange ainsi préparé un ou plusieurs composés consistant en arômes, lubrifiants, colorants, édulcorants.
Selon une variante avantageuse de l'invention, on
peut faire comporter au mélange jusqu'à 50% en poids
Ces édulcorants peuvent consister en sucres tels
que par exemple le dextrose, le maltose, le fructose,
les
De très bons résultats ont été obtenus en faisant
comporter audit mélange du mannitol pour compression
directe, notamment du mannitol atomisé tel que le
On peut également faire comporter au mélange un couple effervescent, consistant par exemple en un acide organique et une base carbonatée de manière à préparer des comprimés orodispersibles présentant une légère effervescence. Ceci est particulièrement avantageux lorsqu'on cherche à optimiser l'aspect gustatif du comprimé. En effet, dès que celui-ci est placé en bouche, une légère effervescence se produit instantanément, comblant ainsi le temps de latence observé avant le commencement de la désagrégation du comprimé proprement dite. Le consommateur a donc une perception plus complète et plus agréable du délitement du comprimé en bouche.
A titre indicatif, on peut mettre en oeuvre environ 5% en poids de ce couple acide/base, consistant par exemple en acide citrique et bicarbonate de soude.
On procède ensuite à la mise en forme dudit
mélange par densification de la poudre. En particulier,
cette opération peut être réalisée par compression
directe.
Les formes solides ainsi obtenues présentent une orodispersibilité tout à fait remarquable et ce, quelle que soit la dureté ou la densité de celles-ci. En effet, la mise en. oeuvre des granules de lactose et amidon conformes à l'invention permet au formulateur de choisir parmi un panel très large de paramètres de fabrication de formes solides tout en étant assuré d'obtenir finalement une forme peu friable, se désagrégeant très rapidement dans la bouche, ce que ne permettaient pas les excipients de l'art antérieur destinés aux formes à libération rapide. De plus, les propriétés desdits granules permettent au formulateur de s'affranchir de l'ajout d'un super désintégrant dans la formule de comprimés, ce qui est très avantageux sur le plan technique et économique. L'utilisation selon l'invention de granules consistant en lactose et amidon coséchés dans la fabrication de formes orodispersibles se délitant en bouche en moins d'une minute est donc particulièrement innovante.
Les formes solides conformes à l'invention peuvent également trouver leur intérêt dans le domaine alimentaire et en particulier en confiserie. Il s'agira alors de remplacer l'actif pharmaceutique par toute autre substance alimentaire ou par une substance destinée par exemple à l'hygiène buccale.
L'invention sera mieux comprise à la lecture des
exemples qui suivent et de la figure qui s'y rapporte,
visant à illustrer de manière non limitative des modes
de réalisation avantageux et à mettre en évidence la
supériorité par rapport à l'art antérieur des formes
solides conformes à l'invention.
Exemple 1 : préparation de formes solides selon l'invention.
On prépare des comprimés selon l'invention, de
dureté et de poids variables, dont on mesure le temps
de délitement en bouche. Ce temps de délitement
correspond au temps nécessaire pour que toute la
suspension issue du délitement du comprimé placé en
bouche soit avalée (le temps de déglutition fait partie
intégrante du temps de délitement pour tenir compte des
cas éventuels où une
Le temps de délitement est mesuré par chronométrage : on déclenche le chronomètre dès que le comprimé est placé dans la bouche, on l'arrête lorsque toute la suspension est avalée.
La dureté des différents comprimés obtenus est
mesurée à l'aide d'un duromètre de type
Différentes substances actives sont utilisées : paracétamol, ibuprofène, vitamine C.
On utilise pour préparer les comprimés une presse de type FETTE EXACTA 21 équipée de poinçons plats. a) comprimés de paracétamol.
TABLEAU 1
TABLEAU 2
TABLEAU 4
Exemple 2 : préparation de formes solides selon l'invention et comparaison avec une composition de l'art antérieur.
Une formule selon l'invention
La compression est effectuée sur presse FETTE EXACTA 21 équipée de poinçons plats de diamètre 16mm avec bords biseautés.
On mesure les différentes caractéristiques des
comprimés obtenus :
- poids moyen
- épaisseur moyenne
- densité
- dureté Erweka
Les caractéristiques des différents comprimés sont
données dans les tableaux ci-dessous :
TABLEAU 5
Ceci est illustré par les figures 2,3, 4 et 5.
Que la composition selon l'invention permet
l'obtention d'un comprimé à délitement très
rapide, ayant une dureté élevée et une
friabilité faible
Exemple 3 préparation de comprimés
effervescents.
On prépare des comprimés orodispersibles
conformes à l'invention, et présentant une légère
effervescence, selon la formule suivante :
Les comprimés se désagrègent totalement en bouche en 45 secondes, et présentent de plus une texture en bouche remarquable. L'ajout de mannitol pour compression directe n'entrave pas les propriétés d'orodispersibilité et améliore les qualités gustatives des comprimés.